Le mal et le remède
Les péchés, maladies du cœur
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وَقَدْ قَالَ مَالِكٌ لِلشَّافِعِيِّ لَمَّا اجْتَمَعَ بِهِ وَرَأَى تِلْكَ الْمَخَايِلَ: إِنِّي أَرَى اللَّهَ تَعَالَى قَدْ أَلْقَى عَلَى قَلْبِكَ نُورًا، فَلَا تُطْفِئْهُ بِظُلْمَةِ الْمَعْصِيَةِ.
وَلَا يَزَالُ هَذَا النُّورُ يَضْعُفُ وَيَضْمَحِلُّ، وَظَلَامُ الْمَعْصِيَةِ يَقْوَى حَتَّى يَصِيرَ الْقَلْبُ فِي مِثْلِ اللَّيْلِ الْبَهِيمِ، فَكَمْ مِنْ مُهْلَكٍ يَسْقُطُ فِيهِ وَلَا يُبْصِرُ، كَأَعْمَى خَرَجَ بِاللَّيْلِ فِي طَرِيقٍ ذَاتِ مَهَالِكَ وَمَعَاطِبَ، فَيَا عِزَّةَ السَّلَامَةِ وَيَا سُرْعَةَ الْعَطَبِ، ثُمَّ تَقْوَى تِلْكَ الظُّلُمَاتُ، وَتَفِيضُ مِنَ الْقَلْبِ إِلَى الْجَوَارِحِ، فَيَغْشَى الْوَجْهَ مِنْهَا سَوَادٌ، بِحَسَبِ قُوَّتِهَا وَتَزَايُدِهَا، فَإِذَا كَانَ عِنْدَ الْمَوْتِ ظَهَرَتْ فِي الْبَرْزَخِ، فَامْتَلَأَ الْقَبْرُ ظُلْمَةً، كَمَا قَالَ النَّبِيُّ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: «إِنَّ هَذِهِ الْقُبُورَ مُمْتَلِئَةٌ عَلَى أَهْلِهَا ظُلْمَةً، وَإِنَّ اللَّهَ يُنَوِّرُهَا بِصَلَاتِي عَلَيْهِمْ» .
فَإِذَا كَانَ يَوْمُ الْمَعَادِ، وَحُشِرَ الْعِبَادُ، عَلَتِ الظُّلْمَةُ الْوُجُوهَ عُلُوًّا ظَاهِرًا يَرَاهُ كُلُّ أَحَدٍ، حَتَّى يَصِيرَ الْوَجْهُ أَسْوَدَ مِثْلَ الْحُمَمَةِ، فَيَالَهَا مِنْ عُقُوبَةٍ لَا تُوَازَنُ لَذَّاتِ الدُّنْيَا بِأَجْمَعِهَا مِنْ أَوَّلِهَا إِلَى آخِرِهَا، فَكَيْفَ بِقِسْطِ الْعَبْدِ الْمُنَغَّصِ الْمُنَكَّدِ الْمُتْعَبِ فِي زَمَنٍ إِنَّمَا هُوَ سَاعَةٌ مِنْ حُلْمٍ؟ وَاللَّهُ الْمُسْتَعَانُ.
فَصْلٌ الْمَعَاصِي تُصَغِّرُ النَّفْسَ
وَمِنْ عُقُوبَاتِهَا: أَنَّهَا تُصَغِّرُ النَّفْسَ، وَتَقْمَعُهَا، وَتُدَسِّيهَا، وَتَحْقِرُهَا، حَتَّى تَكُونَ أَصْغَرَ كُلِّ شَيْءٍ وَأَحْقَرَهُ، كَمَا أَنَّ الطَّاعَةَ تُنَمِّيهَا وَتُزَكِّيهَا وَتُكَبِّرُهَا، قَالَ تَعَالَى:
قَدْ أَفْلَحَ مَنْ زَكَّاهَا - وَقَدْ خَابَ مَنْ دَسَّاهَا
، وَالْمَعْنَى قَدْ أَفْلَحَ مَنْ كَبَّرَهَا وَأَعْلَاهَا بِطَاعَةِ اللَّهِ وَأَظْهَرَهَا، وَقَدْ خَسِرَ مَنْ أَخْفَاهَا وَحَقَّرَهَا وَصَغَّرَهَا بِمَعْصِيَةِ اللَّهِ.
وَأَصْلُ التَّدْسِيَةِ: الْإِخْفَاءُ، وَمِنْهُ قَوْلُهُ تَعَالَى:
أَمْ يَدُسُّهُ فِي التُّرَابِ
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فَالْعَاصِي يَدُسُّ نَفْسَهُ فِي الْمَعْصِيَةِ، وَيُخْفِي مَكَانَهَا، يَتَوَارَى مِنَ الْخَلْقِ مِنْ سُوءِ مَا يَأْتِي بِهِ، وَقَدِ انْقَمَعَ عِنْدَ نَفْسِهِ، وَانْقَمَعَ عِنْدَ اللَّهِ، وَانْقَمَعَ عِنْدَ الْخَلْقِ، فَالطَّاعَةُ وَالْبِرُّ تُكَبِّرُ النَّفْسَ وَتُعِزُّهَا وَتُعْلِيهَا، حَتَّى تَصِيرَ أَشْرَفَ شَيْءٍ وَأَكْبَرَهُ، وَأَزْكَاهُ وَأَعْلَاهُ، وَمَعَ ذَلِكَ فَهِيَ أَذَلُّ شَيْءٍ وَأَحْقَرُهُ وَأَصْغَرُهُ لِلَّهِ تَعَالَى، وَبِهَذَا الذُّلِّ حَصَلَ لَهَا هَذَا الْعِزُّ وَالشَّرَفُ وَالنُّمُوُّ، فَمَا أَصْغَرَ النُّفُوسَ مِثْلُ مَعْصِيَةِ اللَّهِ، وَمَا كَبَّرَهَا وَشَرَّفَهَا وَرَفَعَهَا مِثْلُ طَاعَةِ اللَّهِ.
Traduction
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Cette lumière ne cesse de s’affaiblir et de s’estomper, tandis que les ténèbres de la désobéissance s’intensifient, jusqu’à ce que le cœur soit plongé dans une nuit profonde. Que de dangers alors où l’homme tombe sans même les voir, tel un aveugle marchant de nuit sur un chemin semé de pièges et de précipices ! Ô prix de la préservation, et ô rapidité de la perdition !
Puis ces ténèbres s’épaississent et débordent du cœur vers les membres, recouvrant le visage d’une noirceur proportionnelle à leur force et à leur accroissement. Au moment de la mort, elles se manifestent dans l’al-barzakh (l’intermonde), emplissant la tombe d’obscurité, comme l’a dit le Prophète – que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui : « Certes, ces tombes sont remplies de ténèbres pour leurs occupants, et Dieu les illumine par ma prière sur eux. »
Et lorsque viendra le Jour de la Résurrection, et que les serviteurs seront rassemblés, ces ténèbres couvriront les visages d’une noirceur visible à tous, au point que le visage devienne noir comme du charbon. Quelle punition que celle-là, dont le poids ne saurait être équilibré par toutes les jouissances de ce monde, de son début à sa fin ! Comment le comparer à la part misérable, tourmentée et épuisée du serviteur, dans un temps qui n’est qu’un instant d’un rêve ? Et c’est à Dieu qu’il faut demander secours.
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Chapitre : Les péchés rabaissent l’âme
Parmi leurs châtiments, il est que les péchés rapetissent l’âme, l’écrasent, l’avilissent et la rabaissent, jusqu’à en faire la chose la plus petite et la plus méprisable. À l’inverse, l’obéissance la fait grandir, la purifie et l’élève, comme le dit le Très-Haut : « A réussi, certes, celui qui la purifie, et a échoué, certes, celui qui la corrompt. » (Sourate Al-Shams, 9-10). Le sens en est : a réussi celui qui l’a grandie et élevée par l’obéissance à Dieu et l’a mise en valeur, et a échoué celui qui l’a cachée, rabaissée et rapetissée par la désobéissance à Dieu.
L’origine du mot « tadsiya » (corruption) est « l’enfouissement », comme dans la parole du Très-Haut : « Ou bien l’enfouira-t-il dans la terre ? » (Sourate Al-Nahl, 59).
Ainsi, le pécheur enfouit son âme dans la désobéissance et en cache la place, se dissimulant aux regards des créatures à cause de la laideur de ses actes. Il est écrasé à ses propres yeux, écrasé aux yeux de Dieu et écrasé aux yeux des créatures. Quant à l’obéissance et la piété, elles grandissent l’âme, la rendent noble et l’élèvent, jusqu’à en faire la chose la plus honorable, la plus grande, la plus pure et la plus haute. Et pourtant, malgré cela, elle reste la chose la plus humble, la plus méprisable et la plus petite devant Dieu – exalté soit-Il. C’est par cette humilité qu’elle obtient cette noblesse, cet honneur et cette croissance.
Rien ne rapetisse les âmes comme la désobéissance à Dieu, et rien ne les grandit, ne les honore et ne les élève comme l’obéissance à Dieu.
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فَصْلٌ الْمَعَاصِي فِي سِجْنِ الشَّيْطَانِ
وَمِنْ عُقُوبَاتِهَا: أَنَّ الْعَاصِيَ دَائِمًا فِي أَسْرِ شَيْطَانِهِ، وَسِجْنِ شَهَوَاتِهِ، وَقُيُودِ هَوَاهُ، فَهُوَ أَسِيرٌ مَسْجُونٌ مُقَيَّدٌ، وَلَا أَسِيرَ أَسْوَأُ حَالًا مِنْ أَسِيرٍ أَسَرَهُ أَعْدَى عَدُوٍّ لَهُ، وَلَا سِجْنَ أَضْيَقُ مِنْ سِجْنِ الْهَوَى، وَلَا قَيْدَ أَصْعَبُ مِنْ قَيْدِ الشَّهْوَةِ، فَكَيْفَ يَسِيرُ إِلَى اللَّهِ وَالدَّارِ الْآخِرَةِ قَلْبٌ مَأْسُورٌ مَسْجُونٌ مُقَيَّدٌ؟ وَكَيْفَ يَخْطُو خُطْوَةً وَاحِدَةً؟ وَإِذَا قُيِّدَ الْقَلْبُ طَرَقَتْهُ الْآفَاتُ مِنْ كُلِّ جَانِبٍ بِحَسَبِ قُيُودِهِ، وَمَثَلُ الْقَلْبِ مَثَلُ الطَّائِرِ، كُلَّمَا عَلَا بَعُدَ عَنِ الْآفَاتِ، وَكُلَّمَا نَزَلَ اسْتَوْحَشَتْهُ الْآفَاتُ.
وَفِي الْحَدِيثِ: «الشَّيْطَانُ ذِئْبُ الْإِنْسَانِ» .
وَكَمَا أَنَّ الشَّاةَ الَّتِي لَا حَافِظَ لَهَا وَهِيَ بَيْنَ الذِّئَابِ سَرِيعَةُ الْعَطَبِ، فَكَذَا الْعَبْدُ إِذَا لَمْ يَكُنْ عَلَيْهِ حَافِظٌ مِنَ اللَّهِ فَذِئْبُهُ مُفْتَرِسُهُ وَلَا بُدَّ، وَإِنَّمَا يَكُونُ عَلَيْهِ حَافِظٌ مِنَ اللَّهِ بِالتَّقْوَى، فَهِيَ وِقَايَةٌ وَجُنَّةٌ، حَصِينَةٌ بَيْنَهُ وَبَيْنَ ذِئْبِهِ، كَمَا هِيَ وِقَايَةٌ بَيْنَهُ وَبَيْنَ عُقُوبَةِ الدُّنْيَا وَالْآخِرَةِ، وَكُلَّمَا كَانَتِ الشَّاةُ أَقْرَبَ مِنَ الرَّاعِي كَانَتْ أَسْلَمَ مِنَ الذِّئْبِ، وَكُلَّمَا بَعُدَتْ عَنِ الرَّاعِي كَانَتْ أَقْرَبَ إِلَى الْهَلَاكِ، فَأَسْلَمُ مَا تَكُونُ الشَّاةُ إِذَا قَرُبَتْ مِنَ الرَّاعِي، وَإِنَّمَا يَأْخُذُ الذِّئْبُ الْقَاصِيَةَ مِنَ الْغَنَمِ، وَهِيَ أَبْعَدُ مِنَ الرَّاعِي. وَأَصْلُ هَذَا كُلِّهِ: أَنَّ الْقَلْبَ كُلَّمَا كَانَ أَبْعَدَ مِنَ اللَّهِ كَانَتِ الْآفَاتُ إِلَيْهِ أَسْرَعَ، وَكُلَّمَا قَرُبَ مِنَ اللَّهِ بَعُدَتْ عَنْهُ الْآفَاتُ. وَالْبُعْدُ مِنَ اللَّهِ مَرَاتِبٌ، بَعْضُهَا أَشَدُّ مِنْ بَعْضٍ، فَالْغَفْلَةُ تُبْعِدُ الْقَلْبَ عَنِ اللَّهِ، وَبُعْدُ الْمَعْصِيَةِ أَعْظَمُ مِنْ بُعْدِ الْغَفْلَةِ، وَبُعْدُ الْبِدْعَةِ أَعْظَمُ مِنْ بُعْدِ الْمَعْصِيَةِ، وَبُعْدُ النِّفَاقِ وَالشِّرْكِ أَعْظَمُ مِنْ ذَلِكَ كُلِّهِ.
فَصْلٌ الْمَعَاصِي تُسْقِطُ الْكَرَامَةَ
وَمِنْ عُقُوبَاتِهَا: سُقُوطُ الْجَاهِ وَالْمَنْزِلَةِ وَالْكَرَامَةِ عِنْدَ اللَّهِ وَعِنْدَ خَلْقِهِ، فَإِنَّ أَكْرَمَ الْخَلْقِ عِنْدَ اللَّهِ أَتْقَاهُمْ، وَأَقْرَبَهُمْ مِنْهُ مَنْزِلَةً أَطْوَعُهُمْ لَهُ، وَعَلَى قَدْرِ طَاعَةِ الْعَبْدِ تَكُونُ لَهُ مَنْزِلَتُهُ عِنْدَهُ، فَإِذَا عَصَاهُ وَخَالَفَ أَمْرَهُ سَقَطَ مِنْ عَيْنِهِ، فَأَسْقَطَهُ مِنْ قُلُوبِ عِبَادِهِ، وَإِذَا لَمْ يَبْقَ لَهُ جَاهٌ عِنْدَ الْخَلْقِ وَهَانَ عَلَيْهِمْ عَامَلُوهُ عَلَى حَسْبِ ذَلِكَ، فَعَاشَ بَيْنَهُمْ أَسْوَأَ عَيْشٍ خَامِلَ الذِّكْرِ،
Traduction
Chapitre : Les péchés dans la prison de Satan
Les péchés constituent l’une de leurs châtiments le fait que le pécheur soit constamment captif de son démon, emprisonné dans les geôles de ses passions et enchaîné par les liens de ses désirs. Il est ainsi un prisonnier captif, enchaîné, et il n’est point de captif dont la condition soit plus misérable que celui qu’a fait prisonnier son pire ennemi. Il n’est point de prison plus étroite que la prison des passions, ni de chaîne plus pesante que celle des désirs. Comment donc un cœur captif, emprisonné et enchaîné pourrait-il cheminer vers Allah et la Demeure dernière ? Comment pourrait-il faire un seul pas ?
Lorsque le cœur est enchaîné, les fléaux l’assaillent de toutes parts, selon la nature de ses chaînes. Le cœur est semblable à l’oiseau : plus il s’élève, plus il s’éloigne des fléaux, et plus il descend, plus les fléaux l’encerclent.
Dans le hadith, il est rapporté : « Satan est le loup de l’homme. »
De même que la brebis sans protecteur, livrée aux loups, est promptement perdue, ainsi en est-il du serviteur qui n’a point de protecteur auprès d’Allah : son loup le dévorera inévitablement. Or, ce protecteur auprès d’Allah ne s’obtient que par la piété (taqwā), qui est une sauvegarde et un bouclier solide entre lui et son loup, tout comme elle est une protection entre lui et le châtiment de ce monde et de l’au-delà. Plus la brebis est proche du berger, plus elle est à l’abri du loup, et plus elle s’en éloigne, plus elle se rapproche de la perdition. La brebis est donc d’autant plus en sécurité qu’elle se tient près du berger, car le loup ne s’attaque qu’à celle qui s’écarte du troupeau, la plus éloignée du berger.
La racine de tout cela réside dans le fait que plus le cœur s’éloigne d’Allah, plus les fléaux l’atteignent rapidement, et plus il se rapproche d’Allah, plus les fléaux s’éloignent de lui.
L’éloignement d’Allah comporte des degrés, certains plus graves que d’autres. L’insouciance (ghafla) éloigne le cœur d’Allah, mais l’éloignement causé par la désobéissance (ma‘ṣiya) est plus grand que celui de l’insouciance. L’éloignement dû à l’innovation (bid‘a) est plus grave que celui de la désobéissance, et l’éloignement causé par l’hypocrisie (nifāq) et le polythéisme (shirk) est plus grand que tout cela.
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Chapitre : Les péchés font tomber la dignité
Parmi leurs châtiments figure la perte du rang, de la considération et de la dignité auprès d’Allah et auprès de Ses créatures. En effet, les plus honorés des créatures auprès d’Allah sont les plus pieux d’entre eux, et les plus proches de Lui en rang sont les plus obéissants. Le rang du serviteur auprès de Lui est proportionnel à son obéissance. S’il Lui désobéit et transgresse Son ordre, il tombe de Son regard, et Allah le fait alors tomber des cœurs de Ses serviteurs. Dès lors qu’il n’a plus de considération auprès des créatures et qu’il leur devient méprisable, ils le traitent en conséquence, et il vit parmi eux la pire des vies, oublié et sans renom.
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سَاقِطَ الْقَدْرِ، زَرِيَّ الْحَالِ، لَا حُرْمَةَ لَهُ وَلَا فَرَحَ لَهُ وَلَا سُرُورَ، فَإِنَّ خُمُولَ الذِّكْرِ وَسُقُوطَ الْقَدْرِ وَالْجَاهِ مَعَهُ كُلُّ غَمٍّ وَهَمٍّ وَحَزَنٍ، وَلَا سُرُورَ مَعَهُ وَلَا فَرَحَ، وَأَيْنَ هَذَا الْأَلَمُ مِنْ لَذَّةِ الْمَعْصِيَةِ لَوْلَا سُكْرُ الشَّهْوَةِ؟
وَمِنْ أَعْظَمِ نِعَمِ اللَّهِ عَلَى الْعَبْدِ: أَنْ يَرْفَعَ لَهُ بَيْنَ الْعَالَمِينَ ذِكْرَهُ، وَيُعْلِي قَدْرَهُ، وَلِهَذَا خَصَّ أَنْبِيَاءَهُ وَرُسُلَهُ مِنْ ذَلِكَ بِمَا لَيْسَ لِغَيْرِهِمْ، كَمَا قَالَ تَعَالَى:
وَاذْكُرْ عِبَادَنَا إبْرَاهِيمَ وَإِسْحَاقَ وَيَعْقُوبَ أُولِي الْأَيْدِي وَالْأَبْصَارِ - إِنَّا أَخْلَصْنَاهُمْ بِخَالِصَةٍ ذِكْرَى الدَّارِ
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أَيْ: خَصَصْنَاهُمْ بِخِصِّيصَةٍ، وَهُوَ الذِّكْرُ الْجَمِيلُ الَّذِي يُذْكَرُونَ بِهِ فِي هَذِهِ الدَّارِ، وَهُوَ لِسَانُ الصِّدْقِ الَّذِي سَأَلَهُ إِبْرَاهِيمُ الْخَلِيلُ عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ حَيْثُ قَالَ:
وَاجْعَلْ لِي لِسَانَ صِدْقٍ فِي الْآخِرِينَ
.
وَقَالَ سُبْحَانَهُ وَتَعَالَى عَنْهُ وَعَنْ بَنِيهِ:
وَوَهَبْنَا لَهُمْ مِنْ رَحْمَتِنَا وَجَعَلْنَا لَهُمْ لِسَانَ صِدْقٍ عَلِيًّا
.
وَقَالَ لِنَبِيِّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ:
وَرَفَعْنَا لَكَ ذِكْرَكَ
.
فَأَتْبَاعُ الرُّسُلِ لَهُمْ نَصِيبٌ مِنْ ذَلِكَ بِحَسَبِ مِيرَاثِهِمْ مِنْ طَاعَتِهِمْ وَمُتَابَعَتِهِمْ، وَكُلُّ مَنْ خَالَفَهُمْ فَإِنَّهُ بَعِيدٌ مِنْ ذَلِكَ بِحَسَبِ مُخَالَفَتِهِمْ وَمَعْصِيَتِهِمْ.
فَصْلٌ الْمَعْصِيَةُ مَجْلَبَةٌ لِلذَّمِّ
وَمِنْ عُقُوبَاتِهَا: أَنَّهَا تَسْلُبُ صَاحِبَهَا أَسْمَاءَ الْمَدْحِ وَالشَّرَفِ، وَتَكْسُوهُ أَسْمَاءَ الذَّمِّ وَالصَّغَارِ، فَتَسْلُبُهُ اسْمَ الْمُؤْمِنِ، وَالْبَرِّ، وَالْمُحْسِنِ، وَالْمُتَّقِي، وَالْمُطِيعِ، وَالْمُنِيبِ، وَالْوَلِيِّ، وَالْوَرِعِ، وَالصَّالِحِ، وَالْعَابِدِ، وَالْخَائِفِ، وَالْأَوَّابِ، وَالطَّيِّبِ، وَالْمَرَضِيِّ وَنَحْوِهَا. وَتَكْسُوهُ اسْمَ الْفَاجِرِ، وَالْعَاصِي، وَالْمُخَالِفِ، وَالْمُسِيءِ، وَالْمُفْسِدِ، وَالْخَبِيثِ، وَالْمَسْخُوطِ، وَالزَّانِي، وَالسَّارِقِ، وَالْقَاتِلِ، وَالْكَاذِبِ، وَالْخَائِنِ، وَاللُّوطِيِّ، وَقَاطِعِ الرَّحِمِ، وَالْغَادِرِ وَأَمْثَالِهَا.
Traduction
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De la déchéance du rang et de la bassesse de la condition
C’est un être déchu en dignité, méprisable en état, sans considération ni joie ni allégresse. En effet, l’effacement du souvenir, la chute du rang et de la considération s’accompagnent de toute affliction, de tout souci et de toute tristesse, sans joie ni bonheur. Et où est cette douleur face au plaisir du péché, si ce n’est l’ivresse de la passion ?
Parmi les plus grandes faveurs d’Allah envers Son serviteur, il y a qu’Il élève son souvenir parmi les mondes, qu’Il exalte son rang. C’est pourquoi Il a distingué Ses prophètes et Ses messagers par des privilèges qui ne sont pas accordés aux autres, comme Il l’a dit, exalté soit-Il :
« Et rappelle-toi Nos serviteurs Abraham, Isaac et Jacob, détenteurs de force et de clairvoyance. Nous les avons choisis en leur réservant le rappel de la Demeure [éternelle]. » (Sourate Ṣād, 45-46).
C’est-à-dire : Nous les avons distingués par une particularité, qui est le beau souvenir par lequel ils sont mentionnés en cette vie, et c’est la « langue de vérité » qu’Abraham, l’ami intime d’Allah (que la prière et le salut d’Allah soient sur lui), a demandée lorsqu’il dit :
« Et fais que j’aie une langue de vérité parmi les générations futures. » (Sourate Les Poètes, 84).
Et le Très-Haut a dit à leur sujet, ainsi qu’à celui de ses descendants :
« Et Nous leur avons accordé une part de Notre miséricorde, et Nous leur avons donné une langue de vérité élevée. » (Sourate Maryam, 50).
Et Il a dit à Son Prophète (que la prière et le salut d’Allah soient sur lui) :
« Et Nous avons élevé pour toi ton renom. » (Sourate L’Ouverture, 4).
Ainsi, les disciples des messagers ont une part de cela, selon l’héritage qu’ils reçoivent de leur obéissance et de leur suivi. Quant à celui qui les contredit, il s’éloigne de cette faveur en proportion de sa désobéissance et de sa rébellion.
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Chapitre : Le péché attire le blâme
Parmi ses châtiments, il y a qu’il prive son auteur des noms de louange et d’honneur, et le revêt des noms de blâme et d’avilissement. Il lui ôte ainsi les noms de croyant, de bienfaisant, de pieux, d’obéissant, de repentant, d’ami d’Allah, de scrupuleux, de vertueux, d’adorateur, de craintif, de régulier dans le repentir, de pur, d’agréé, et autres semblables.
Et il le revêt des noms de pervers, de désobéissant, de transgresseur, de malfaisant, de corrupteur, de vicié, de méprisé, de fornicateur, de voleur, de meurtrier, de menteur, de traître, de sodomite, de rompeur de liens familiaux, de traître, et autres semblables.
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فَهَذِهِ أَسْمَاءُ الْفُسُوقِ وَ
بِئْسَ الِاسْمُ الْفُسُوقُ بَعْدَ الْإِيمَانِ
الَّذِي يُوجِبُ غَضَبَ الدَّيَّانِ، وَدُخُولَ النِّيرَانِ، وَعَيْشَ الْخِزْيِ وَالْهَوَانِ.
وَتِلْكَ أَسْمَاءٌ تُوجِبُ رِضَاءَ الرَّحْمَنِ، وَدُخُولَ الْجِنَانِ، وَتُوجِبُ شَرَفَ الْمُسَمَّى بِهَا عَلَى سَائِرِ أَنْوَاعِ الْإِنْسَانِ، فَلَوْ لَمْ يَكُنْ فِي عُقُوبَةِ الْمَعْصِيَةِ إِلَّا اسْتِحْقَاقُ تِلْكَ الْأَسْمَاءِ وَمُوجِبَاتِهَا لَكَانَ فِي الْعَقْلِ نَاهٍ عَنْهَا، وَلَوْ لَمْ يَكُنْ فِي ثَوَابِ الطَّاعَةِ إِلَّا الْفَوْزُ بِتِلْكَ الْأَسْمَاءِ وَمُوجِبَاتِهَا لَكَانَ فِي الْعَقْلِ آمِرٌ بِهَا، وَلَكِنْ لَا مَانِعَ لِمَا أَعْطَى اللَّهُ، وَلَا مُعْطِيَ لِمَا مَنَعَ، وَلَا مُقَرِّبَ لِمَا بَاعَدَ، وَلَا مُبْعِدَ لِمَنْ قَرَّبَ،
وَمَنْ يُهِنِ اللَّهُ فَمَا لَهُ مِنْ مُكْرِمٍ إِنَّ اللَّهَ يَفْعَلُ مَا يَشَاءُ
فَصْلٌ الْمَعْصِيَةُ تُؤَثِّرُ فِي الْعَقْلِ
وَمِنْ عُقُوبَاتِهَا: أَنَّهَا تُؤَثِّرُ بِالْخَاصَّةِ فِي نُقْصَانِ الْعَقْلِ، فَلَا تَجِدُ عَاقِلَيْنِ أَحَدُهُمَا مُطِيعٌ لِلَّهِ وَالْآخَرُ عَاصٍ، إِلَّا وَعَقْلُ الْمُطِيعِ مِنْهُمَا أَوْفَرُ وَأَكْمَلُ، وَفِكْرُهُ أَصَحُّ، وَرَأْيُهُ أَسَدُّ، وَالصَّوَابُ قَرِينُهُ.
وَلِهَذَا تَجِدُ خِطَابَ الْقُرْآنِ إِنَّمَا هُوَ مَعَ أُولِي الْعُقُولِ وَالْأَلْبَابِ، كَقَوْلِهِ:
وَاتَّقُونِ يَاأُولِي الْأَلْبَابِ
، وَقَوْلِهِ:
فَاتَّقُوا اللَّهَ يَاأُولِي الْأَلْبَابِ لَعَلَّكُمْ تُفْلِحُونَ
، وَقَوْلِهِ:
وَمَا يَذَّكَّرُ إِلَّا أُولُو الْأَلْبَابِ
، وَنَظَائِرُ ذَلِكَ كَثِيرَةٌ.
وَكَيْفَ يَكُونُ عَاقِلًا وَافِرَ الْعَقْلِ مَنْ يَعْصِي مَنْ هُوَ فِي قَبْضَتِهِ وَفِي دَارِهِ، وَهُوَ يَعْلَمُ أَنَّهُ يَرَاهُ وَيُشَاهِدُهُ فَيَعْصِيهِ وَهُوَ بِعَيْنِهِ غَيْرُ مُتَوَارٍ عَنْهُ، وَيَسْتَعِينُ بِنِعَمِهِ عَلَى مَسَاخِطِهِ، وَيَسْتَدْعِي كُلَّ وَقْتٍ غَضَبَهُ عَلَيْهِ، وَلَعْنَتَهُ لَهُ، وَإِبْعَادَهُ مِنْ قُرْبِهِ، وَطَرْدَهُ عَنْ بَابِهِ، وَإِعْرَاضَهُ عَنْهُ، وَخِذْلَانَهُ لَهُ، وَالتَّخْلِيَةَ بَيْنَهُ وَبَيْنَ نَفْسِهِ وَعَدُوِّهِ، وَسُقُوطَهُ مِنْ عَيْنِهِ، وَحِرْمَانَهُ رُوحَ رِضَاهُ
Traduction
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Voici les noms de la perversion – et « Quel mauvais nom que la perversion après la foi ! » (Sourate Al-Hujurât, 11) – qui entraînent la colère du Juge Suprême, l’entrée dans les feux de l’Enfer et une vie de honte et d’avilissement.
Et voici les noms qui suscitent la satisfaction du Tout-Miséricordieux, l’accès aux Jardins du Paradis, et confèrent à celui qui en est paré une noblesse surpassant tous les autres genres humains. En vérité, si la punition du péché ne consistait qu’en l’attribution de ces noms et de leurs conséquences, la raison suffirait à en détourner. Et si la récompense de l’obéissance ne résidait qu’en l’obtention de ces noms et de leurs effets, la raison commanderait de s’y adonner. Mais nul ne peut empêcher ce que Dieu accorde, ni accorder ce qu’Il refuse, ni rapprocher ce qu’Il éloigne, ni éloigner celui qu’Il rapproche. « Et quiconque Allah avilit, nul ne peut l’honorer. Certes, Allah fait ce qu’Il veut. » (Sourate Al-Hajj, 18).
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Chapitre : Le péché altère l’intellect
Le péché altère l’intellect
Parmi ses châtiments figure son effet particulier sur la diminution de l’intelligence. Tu ne trouveras pas deux personnes douées de raison, l’une obéissante à Dieu et l’autre désobéissante, sans que l’intellect de l’obéissante ne soit plus accompli et plus parfait, sa réflexion plus saine, son jugement plus ferme, et la justesse son compagnon.
C’est pourquoi le discours du Coran s’adresse précisément aux détenteurs de raison et d’intelligence, comme dans Sa parole : « Craignez-Moi, ô vous qui êtes doués d’intelligence ! » (Sourate Al-Baqara, 197), ou encore : « Craignez donc Allah, ô vous qui êtes doués d’intelligence, afin que vous réussissiez ! » (Sourate Al-Mâ’ida, 100), et : « N’est-ce pas que seuls les doués d’intelligence se rappellent ? » (Sourate Al-Baqara, 269), et bien d’autres exemples semblables.
Comment celui qui désobéit à Celui qui le tient dans Sa main et dans Sa demeure, sachant qu’Il le voit et l’observe, pourrait-il être considéré comme raisonnable et doté d’un intellect complet ? Il Lui désobéit alors qu’il est sous Son regard, sans pouvoir se cacher de Lui. Il utilise Ses bienfaits pour provoquer Sa colère, sollicitant à chaque instant Son courroux, Sa malédiction, Son éloignement de Sa proximité, Son rejet de Sa porte, Son détournement, Son abandon, en le laissant seul face à lui-même et à son ennemi. Il tombe ainsi de Son estime et se prive de la douceur de Son agrément.
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وَحُبَّهُ، وَقُرَّةَ الْعَيْنِ بِقُرْبِهِ، وَالْفَوْزَ بِجِوَارِهِ، وَالنَّظَرَ إِلَى وَجْهِهِ فِي زُمُرَةِ أَوْلِيَائِهِ، إِلَى أَضْعَافِ أَضْعَافِ ذَلِكَ مِنْ كَرَامَتِهِ أَهْلَ الطَّاعَةِ، وَأَضْعَافِ أَضْعَافِ ذَلِكَ مِنْ عُقُوبَةِ أَهْلِ الْمَعْصِيَةِ. فَأَيُّ عَقْلٍ لِمَنْ آثَرَ لَذَّةَ سَاعَةٍ أَوْ يَوْمٍ أَوْ دَهْرٍ، ثُمَّ تَنْقَضِي كَأَنَّهَا حُلْمٌ لَمْ يَكُنْ، عَلَى هَذَا النَّعِيمِ الْمُقِيمِ، وَالْفَوْزِ الْعَظِيمِ؟ بَلْ هُوَ سَعَادَةُ الدُّنْيَا وَالْآخِرَةِ، وَلَوْلَا الْعَقْلُ الَّذِي تَقُومُ بِهِ عَلَيْهِ الْحُجَّةُ لَكَانَ بِمَنْزِلَةِ الْمَجَانِينِ، بَلْ قَدْ يَكُونُ الْمَجَانِينُ أَحْسَنَ حَالًا مِنْهُ وَأَسْلَمَ عَاقِبَةً، فَهَذَا مِنْ هَذَا الْوَجْهِ. وَأَمَّا تَأْثِيرُهَا فِي نُقْصَانِ الْعَقْلِ الْمَعِيشِ، فَلَوْلَا الِاشْتِرَاكُ فِي هَذَا النُّقْصَانِ، لَظَهَرَ لِمُطِيعِنَا نُقْصَانُ عَقْلِ عَاصِينَا، وَلَكِنَّ الْجَائِحَةَ عَامَّةٌ، وَالْجُنُونَ فُنُونٌ.
وَيَا عَجَبًا لَوْ صَحَّتِ الْعُقُولُ لَعَلِمَتْ أَنَّ طَرِيقَ تَحْصِيلِ اللَّذَّةِ وَالْفَرْحَةِ وَالسُّرُورِ وَطِيبِ الْعَيْشِ، إِنَّمَا هُوَ فِي رِضَاءِ مَنِ النَّعِيمُ كُلُّهُ فِي رِضَاهُ، وَالْأَلَمُ وَالْعَذَابُ كُلُّهُ فِي سُخْطِهِ وَغَضَبِهِ، فَفِي رِضَاهُ قُرَّةُ الْعُيُونِ، وَسُرُورُ النُّفُوسِ، وَحَيَاةُ الْقُلُوبِ، وَلَذَّةُ الْأَرْوَاحِ، وَطِيبُ الْحَيَاةِ، وَلَذَّةُ الْعَيْشِ، وَأَطْيَبُ النَّعِيمِ، وَمِمَّا لَوْ وُزِنَ مِنْهُ مِثْقَالُ ذَرَّةٍ بِنَعِيمِ الدُّنْيَا لَمْ يَفِ بِهِ، بَلْ إِذَا حَصَلَ لِلْقَلْبِ مِنْ ذَلِكَ أَيْسَرُ نَصِيبٍ لَمْ يَرْضَ بِالدُّنْيَا وَمَا فِيهَا عِوَضًا مِنْهُ، وَمَعَ هَذَا فَهُوَ يَتَنَعَّمُ بِنَصِيبِهِ مِنَ الدُّنْيَا أَعْظَمَ مِنْ تَنَعُّمِ الْمُتْرَفِينَ فِيهَا، وَلَا يَشُوبُ تَنَعُّمَهُ بِذَلِكَ الْحَظِّ الْيَسِيرِ مَا يَشُوبُ تَنَعُّمَ الْمُتْرَفِينَ مِنَ الْهُمُومِ وَالْغُمُومِ وَالْأَحْزَانِ الْمُعَارِضَاتِ، بَلْ قَدْ حَصَلَ لَهُ عَلَى النَّعِيمَيْنِ وَهُوَ يَنْتَظِرُ نَعِيمَيْنِ آخَرَيْنِ أَعْظَمَ مِنْهُمَا، وَمَا يَحْصُلُ لَهُ فِي خِلَالِ ذَلِكَ مِنَ الْآلَامِ، فَالْأَمْرُ كَمَا قَالَ تَعَالَى:
إِنْ تَكُونُوا تَأْلَمُونَ فَإِنَّهُمْ يَأْلَمُونَ كَمَا تَأْلَمُونَ وَتَرْجُونَ مِنَ اللَّهِ مَا لَا يَرْجُونَ
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فَلَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ مَا أَنْقَصَ عَقْلَ مَنْ بَاعَ الدُّرَّ بِالْبَعْرِ، وَالْمِسْكَ بِالرَّجِيعِ، وَمُرَافَقَةَ الَّذِينَ أَنْعَمَ اللَّهُ عَلَيْهِمْ مِنَ النَّبِيِّينَ وَالصِّدِّيقِينَ وَالشُّهَدَاءِ وَالصَّالِحِينَ، بِمُرَافَقَةِ الَّذِينَ غَضِبَ اللَّهُ عَلَيْهِمْ وَلَعَنَهُمْ وَأَعَدَّ لَهُمْ جَهَنَّمَ وَسَاءَتْ مَصِيرًا.
فَصْلٌ الْمَعَاصِي تُوجِبُ الْقَطِيعَةَ بَيْنَ الْعَبْدِ وَالرَّبِّ
وَمِنْ أَعْظَمِ عُقُوبَاتِهَا: أَنَّهَا تُوجِبُ الْقَطِيعَةَ بَيْنَ الْعَبْدِ وَبَيْنَ رَبِّهِ تَبَارَكَ وَتَعَالَى، وَإِذَا وَقَعَتِ الْقَطِيعَةُ انْقَطَعَتْ عَنْهُ أَسْبَابُ الْخَيْرِ وَاتَّصَلَتْ بِهِ أَسْبَابُ الشَّرِّ، فَأَيُّ فَلَاحٍ، وَأَيُّ رَجَاءٍ، وَأَيُّ عَيْشٍ لِمَنِ انْقَطَعَتْ عَنْهُ أَسْبَابُ الْخَيْرِ، وَقَطَعَ مَا بَيْنَهُ وَبَيْنَ وَلِيِّهِ وَمَوْلَاهُ الَّذِي لَا غِنَى عَنْهُ طَرْفَةَ عَيْنٍ، وَلَا بَدَلَ لَهُ مِنْهُ، وَلَا عِوَضَ لَهُ عَنْهُ، وَاتَّصَلَتْ بِهِ أَسْبَابُ الشَّرِّ، وَوَصَلَ مَا بَيْنَهُ
Traduction
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Et son amour (qu’Allah soit exalté), la sérénité des yeux par Sa proximité, le triomphe de Sa voisinage, la contemplation de Son Visage au sein de l’assemblée de Ses bien-aimés, sont autant de faveurs parmi tant d’autres qu’Il accorde à Ses serviteurs obéissants. Et à cela s’ajoutent des châtiments multipliés pour les gens de la désobéissance.
Quel esprit sain pourrait préférer le plaisir d’une heure, d’un jour ou d’une époque, qui s’évanouit comme un rêve qui n’a jamais existé, à cette félicité éternelle et à ce triomphe immense ? Bien plus, il s’agit là du bonheur de ce monde et de l’au-delà. Et si ce n’était la raison par laquelle la preuve lui est établie, il serait comparable aux insensés. Bien plus, les insensés pourraient même être dans un état meilleur que le sien et connaître une fin plus sûre. Voici donc ce qu’il en est de ce point de vue.
Quant à l’impact des péchés sur la diminution de la raison dans la vie présente, si ce déficit n’était pas partagé par tous, la déficience intellectuelle de nos désobéissants apparaîtrait clairement à nos obéissants. Mais le fléau est général, et les formes de folie sont variées.
Ô étonnement ! Si les esprits étaient sains, ils sauraient que la voie pour obtenir le plaisir, la joie, la liesse et la douceur de l’existence réside dans la satisfaction de Celui en la satisfaction de Qui réside tout le bonheur, et en la colère de Qui réside toute douleur et tout châtiment. En Sa satisfaction se trouvent la fraîcheur des yeux, la joie des âmes, la vie des cœurs, la délectation des esprits, la douceur de l’existence, le plus exquis des délices. Et si l’on pesait ne serait-ce qu’un atome de ce bonheur face aux délices de ce monde, il ne lui serait en rien comparable. Bien plus, lorsque le cœur en obtient la moindre part, il ne se contente plus de ce monde et de ce qu’il contient en échange. Pourtant, il jouit de sa part de ce monde d’une manière bien plus grande que les jouisseurs, sans que son bonheur ne soit entaché par les soucis, les chagrins et les tristesses qui accompagnent les plaisirs des jouisseurs. Bien au contraire, il obtient ces deux félicités tout en attendant deux autres félicités plus grandes encore. Quant aux peines qu’il endure entre-temps, l’affaire est telle que le Très-Haut l’a dit : « Si vous souffrez, eux aussi souffrent comme vous souffrez, mais vous espérez de la part d’Allah ce qu’ils n’espèrent pas. » [Sourate An-Nisâ’ : 104].
Il n’y a de divinité qu’Allah ! Comme est dénué de raison celui qui troque les perles contre des excréments, le musc contre des immondices, et la compagnie de ceux que Dieu a comblés de Ses bienfaits parmi les prophètes, les véridiques, les martyrs et les vertueux, contre la compagnie de ceux contre qui Dieu s’est courroucé, qu’Il a maudits et pour qui Il a préparé l’Enfer, quelle mauvaise destination !
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Chapitre : Les péchés entraînent la rupture entre le serviteur et son Seigneur
Les péchés comptent parmi leurs plus grands châtiments le fait qu’ils entraînent une rupture entre le serviteur et son Seigneur, béni et exalté soit-Il. Et lorsque cette rupture survient, les causes du bien lui sont coupées, tandis que les causes du mal s’attachent à lui. Quel salut, quel espoir, quelle vie peut espérer celui dont les causes du bien sont interrompues, et qui a rompu le lien entre lui et son Protecteur, son Maître, dont il ne peut se passer ne serait-ce qu’un clin d’œil, et pour lequel il n’existe ni substitut ni équivalent ? Tandis que les causes du mal s’attachent à lui et que se renforce ce qui le lie…
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وَبَيْنَ أَعْدَى عَدُوٍّ لَهُ: فَتَوَلَّاهُ عَدُوُّهُ وَتَخَلَّى عَنْهُ وَلِيُّهُ؟ فَلَا تَعْلَمُ نَفْسٌ مَا فِي هَذَا الِانْقِطَاعِ وَالِاتِّصَالِ مِنْ أَنْوَاعِ الْآلَامِ وَأَنْوَاعِ الْعَذَابِ.
قَالَ بَعْضُ السَّلَفِ: رَأَيْتُ الْعَبْدَ مُلْقًى بَيْنَ اللَّهِ سُبْحَانَهُ وَبَيْنَ الشَّيْطَانِ، فَإِنْ أَعْرَضَ اللَّهُ عَنْهُ تَوَلَّاهُ الشَّيْطَانُ، وَإِنْ تَوَلَّاهُ اللَّهُ لَمْ يَقْدِرْ عَلَيْهِ الشَّيْطَانُ، وَقَدْ قَالَ تَعَالَى:
وَإِذْ قُلْنَا لِلْمَلَائِكَةِ اسْجُدُوا لِآدَمَ فَسَجَدُوا إِلَّا إِبْلِيسَ كَانَ مِنَ الْجِنِّ فَفَسَقَ عَنْ أَمْرِ رَبِّهِ أَفَتَتَّخِذُونَهُ وَذُرِّيَّتَهُ أَوْلِيَاءَ مِنْ دُونِي وَهُمْ لَكُمْ عَدُوٌّ بِئْسَ لِلظَّالِمِينَ بَدَلًا
.
يَقُولُ سُبْحَانَهُ لِعِبَادِهِ: أَنَا أَكْرَمْتُ أَبَاكُمْ، وَرَفَعْتُ قَدْرَهُ، وَفَضَّلْتُهُ عَلَى غَيْرِهِ، فَأَمَرْتُ مَلَائِكَتِي كُلَّهُمْ أَنْ يَسْجُدُوا لَهُ، تَكْرِيمًا لَهُ وَتَشْرِيفًا، فَأَطَاعُونِي، وَأَبَى عَدُوِّي وَعَدُوُّهُ، فَعَصَى أَمْرِي، وَخَرَجَ عَنْ طَاعَتِي، فَكَيْفَ يَحْسُنُ بِكُمْ بَعْدَ هَذَا أَنْ تَتَّخِذُوهُ وَذُرِّيَّتَهُ أَوْلِيَاءَ مِنْ دُونِي، فَتُطِيعُونَهُ فِي مَعْصِيَتِي، وَتُوَالُونَهُ فِي خِلَافِ مَرْضَاتِي وَهُمْ أَعْدَى عَدُوٍّ لَكُمْ؟ فَوَالَيْتُمْ عَدُوِّي وَقَدْ أَمَرْتُكُمْ بِمُعَادَاتِهِ، وَمَنْ وَالَى أَعْدَاءَ الْمَلِكِ، كَانَ هُوَ وَأَعْدَاؤُهُ عِنْدَهُ سَوَاءً، فَإِنَّ الْمَحَبَّةَ وَالطَّاعَةَ لَا تَتِمُّ إِلَّا بِمُعَادَاةِ أَعْدَاءِ الْمُطَاعِ وَمُوَالَاةِ أَوْلِيَائِهِ، وَأَمَّا أَنْ تُوَالِيَ أَعْدَاءَ الْمَلِكِ ثُمَّ تَدَّعِي أَنَّكَ مُوَالٍ لَهُ، فَهَذَا مُحَالٌ.
هَذَا لَوْ لَمْ يَكُنْ عَدُوُّ الْمَلِكِ عَدُوًّا لَكُمْ، فَكَيْفَ إِذَا كَانَ عَدُوَّكُمْ عَلَى الْحَقِيقَةِ، وَالْعَدَاوَةُ الَّتِي بَيْنَكُمْ وَبَيْنَهُ أَعْظَمُ مِنَ الْعَدَاوَةِ الَّتِي بَيْنَ الشَّاةِ وَبَيْنَ الذِّئْبِ؟ فَكَيْفَ يَلِيقُ بِالْعَاقِلِ أَنْ يُوَالِيَ عَدُوَّهُ عَدُوَّ وَلِيِّهِ وَمَوْلَاهُ الَّذِي لَا مَوْلَى لَهُ سِوَاهُ، وَنَبَّهَ سُبْحَانَهُ عَلَى قُبْحِ هَذِهِ الْمُوَالَاةِ بِقَوْلِهِ:
وَهُمْ لَكُمْ عَدُوٌّ
، كَمَا نَبَّهَ عَلَى قُبْحِهَا بِقَوْلِهِ تَعَالَى:
فَفَسَقَ عَنْ أَمْرِ رَبِّهِ
، فَتَبَيَّنَ أَنَّ عَدَاوَتَهُ لِرَبِّهِ وَعَدَاوَتَهُ لَنَا، كُلٌّ مِنْهُمَا سَبَبٌ يَدْعُو إِلَى مُعَادَاتِهِ، فَمَا هَذِهِ الْمُوَالَاةُ؟ وَمَا هَذَا الِاسْتِبْدَالُ؟ بِئْسَ لِلظَّالِمِينَ بَدَلًا.
وَيُشْبِهُ أَنْ يَكُونَ تَحْتَ هَذَا الْخِطَابِ نَوْعٌ مِنَ الْعِتَابِ لَطِيفٌ عَجِيبٌ وَهُوَ أَنِّي عَادَيْتُ إِبْلِيسَ إِذْ لَمْ يَسْجُدْ لِأَبِيكُمْ آدَمَ مَعَ مَلَائِكَتِي فَكَانَتْ مُعَادَاتُهُ لِأَجْلِكُمْ، ثُمَّ كَانَ عَاقِبَةُ هَذِهِ الْمُعَادَاةِ أَنْ عَقَدْتُمْ بَيْنَكُمْ وَبَيْنَهُ عَقْدَ الْمُصَالَحَةِ
Traduction
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Et entre l’ennemi le plus acharné de l’homme : son ennemi s’empare de lui, tandis que son allié l’abandonne. Qui donc pourrait mesurer les multiples formes de souffrances et de tourments contenues dans cette rupture et cette union ?
Certains parmi les Salaf (Pieux Prédécesseurs) ont dit : « J’ai vu le serviteur placé entre Allah, exalté soit-Il, et Satan. Si Allah se détourne de lui, Satan s’empare de lui ; mais si Allah le prend sous Sa protection, Satan ne peut rien contre lui. » Et Allah, exalté soit-Il, a dit : « Et lorsque Nous dîmes aux anges : "Prosternez-vous devant Adam", ils se prosternèrent, à l’exception d’Iblis qui était du nombre des djinns et qui se révolta contre l’ordre de son Seigneur. Allez-vous cependant le prendre, lui et sa descendance, pour alliés en dehors de Moi, alors qu’ils sont vos ennemis ? Quel mauvais échange pour les injustes ! » (Sourate Al-Kahf, 50).
Allah, exalté soit-Il, s’adresse à Ses serviteurs en ces termes : « J’ai honoré votre père [Adam], élevé son rang et l’ai préféré aux autres. J’ai ordonné à tous Mes anges de se prosterner devant lui en signe de considération et d’honneur. Ils M’ont obéi, mais Mon ennemi et le sien a refusé, désobéissant à Mon ordre et sortant de Ma soumission. Comment donc vous sied-il, après cela, de le prendre, lui et sa descendance, pour alliés en dehors de Moi, lui obéissant dans Ma désobéissance et vous alliant à lui contre Ma volonté, alors qu’ils sont vos pires ennemis ? Vous vous êtes alliés à Mon ennemi, alors que Je vous avais commandé de le combattre. Quiconque s’allie aux ennemis du Roi est considéré par Lui comme leur égal. En vérité, l’amour et l’obéissance ne s’accomplissent pleinement qu’en combattant les ennemis de Celui que l’on obéit et en s’alliant à Ses alliés. Quant à prétendre s’allier au Roi tout en s’alliant à Ses ennemis, cela est impossible. »
Cela serait déjà inadmissible si l’ennemi du Roi n’était pas aussi le vôtre. Mais comment en serait-il autrement, alors qu’il est véritablement votre ennemi, et que l’inimitié qui vous oppose est plus grande que celle qui existe entre la brebis et le loup ? Comment l’homme sensé pourrait-il s’allier à l’ennemi de son allié et protecteur, Celui en dehors de qui il n’a point de protecteur ?
Allah, exalté soit-Il, a souligné l’ignominie de cette alliance en disant : « alors qu’ils sont vos ennemis » (Sourate Al-Kahf, 50), tout comme Il en a révélé la laideur en disant : « il se révolta contre l’ordre de son Seigneur » (Sourate Al-Kahf, 50). Il apparaît ainsi que son inimitié envers son Seigneur et son inimitié envers nous sont deux raisons qui appellent à le combattre. Quelle est donc cette alliance ? Quel est ce funeste échange ? « Quel mauvais échange pour les injustes ! »
Il semble que ce discours renferme une forme de reproche subtil et étonnant, comme si Allah disait : « J’ai combattu Iblis lorsqu’il a refusé de se prosterner devant votre père Adam avec Mes anges, et cette inimitié était pour votre bien. Pourtant, l’issue de cette hostilité a été que vous avez conclu avec lui un pacte de réconciliation… »
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فَصْلٌ الْمَعَاصِي تَمْحَقُ الْبَرَكَةَ
وَمِنْ عُقُوبَاتِهَا: أَنَّهَا تَمْحَقُ بَرَكَةَ الْعُمُرِ، وَبَرَكَةَ الرِّزْقِ، وَبَرَكَةَ الْعِلْمِ، وَبَرَكَةَ الْعَمَلِ، وَبَرَكَةَ الطَّاعَةِ.
وَبِالْجُمْلَةِ أَنَّهَا تَمْحَقُ بَرَكَةَ الدِّينِ وَالدُّنْيَا، فَلَا تَجِدُ أَقَلَّ بَرَكَةٍ فِي عُمُرِهِ وَدِينِهِ وَدُنْيَاهُ مِمَّنْ عَصَى اللَّهَ، وَمَا مُحِقَتِ الْبَرَكَةُ مِنَ الْأَرْضِ إِلَّا بِمَعَاصِي الْخَلْقِ، قَالَ اللَّهُ تَعَالَى:
وَلَوْ أَنَّ أَهْلَ الْقُرَى آمَنُوا وَاتَّقَوْا لَفَتَحْنَا عَلَيْهِمْ بَرَكَاتٍ مِنَ السَّمَاءِ وَالْأَرْضِ
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وَقَالَ تَعَالَى:
وَأَنْ لَوِ اسْتَقَامُوا عَلَى الطَّرِيقَةِ لَأَسْقَيْنَاهُمْ مَاءً غَدَقًا - لِنَفْتِنَهُمْ فِيهِ
.
وَإِنَّ الْعَبْدَ لَيُحْرَمُ الرِّزْقَ بِالذَّنْبِ يُصِيبُهُ.
وَفِي الْحَدِيثِ: «إِنَّ رُوحَ الْقُدُسِ نَفَثَ فِي رُوعِي أَنَّهُ لَنْ تَمُوتَ نَفْسٌ حَتَّى تَسْتَكْمِلَ رِزْقَهَا، فَاتَّقُوا اللَّهَ وَأَجْمِلُوا فِي الطَّلَبِ، فَإِنَّهُ لَا يُنَالُ مَا عِنْدَ اللَّهِ إِلَّا بِطَاعَتِهِ، وَإِنَّ اللَّهَ جَعَلَ الرَّوْحَ وَالْفَرَحَ فِي الرِّضَى وَالْيَقِينِ، وَجَعَلَ الْهَمَّ وَالْحُزْنَ فِي الشَّكِّ وَالسُّخْطِ» .
وَقَدْ تَقَدَّمَ الْأَثَرُ الَّذِي ذَكَرَهُ أَحْمَدُ فِي كِتَابِ الزُّهْدِ: «أَنَا اللَّهُ، إِذَا رَضِيتُ بَارَكْتُ، وَلَيْسَ لِبَرَكَتِي مُنْتَهًى، وَإِذَا غَضِبْتُ لَعَنْتُ، وَلَعْنَتِي تُدْرِكُ السَّابِعَ مِنَ الْوَلَدِ» .
وَلَيْسَتْ سَعَةُ الرِّزْقِ وَالْعَمَلِ بِكَثْرَتِهِ، وَلَا طُولُ الْعُمُرِ بِكَثْرَةِ الشُّهُورِ وَالْأَعْوَامِ، وَلَكِنَّ سَعَةَ الرِّزْقِ وَطُولَ الْعُمُرِ بِالْبَرَكَةِ فِيهِ. وَقَدْ تَقَدَّمَ أَنَّ عُمْرَ الْعَبْدِ هُوَ مُدَّةُ حَيَاتِهِ، وَلَا حَيَاةَ لِمَنْ أَعْرَضَ عَنِ اللَّهِ وَاشْتَغَلَ بِغَيْرِهِ، بَلْ حَيَاةُ الْبَهَائِمِ خَيْرٌ مِنْ حَيَاتِهِ، فَإِنَّ حَيَاةَ الْإِنْسَانِ بِحَيَاةِ قَلْبِهِ وَرُوحِهِ، وَلَا حَيَاةَ لِقَلْبِهِ إِلَّا بِمَعْرِفَةِ فَاطِرِهِ، وَمَحَبَّتِهِ، وَعِبَادَتِهِ وَحْدَهُ، وَالْإِنَابَةِ إِلَيْهِ، وَالطُّمَأْنِينَةِ بِذِكْرِهِ، وَالْأُنْسِ بِقُرْبِهِ، وَمَنْ فَقَدَ هَذِهِ الْحَيَاةَ فَقَدَ الْخَيْرَ كُلَّهُ، وَلَوْ تَعَرَّضَ عَنْهَا بِمَا تَعَوَّضَ مِمَّا فِي الدُّنْيَا، بَلْ لَيْسَتِ الدُّنْيَا بِأَجْمَعِهَا عِوَضًا عَنْ هَذِهِ الْحَيَاةِ، فَمِنْ كُلِّ شَيْءٍ يَفُوتُ الْعَبْدَ عِوَضٌ، وَإِذَا فَاتَهُ اللَّهُ لَمْ يُعَوِّضْ عَنْهُ شَيْءٌ الْبَتَّةَ. وَكَيْفَ يُعَوَّضُ الْفَقِيرُ بِالذَّاتِ عَنِ الْغَنِيِّ بِالذَّاتِ، وَالْعَاجِزُ بِالذَّاتِ عَنِ الْقَادِرِ بِالذَّاتِ، وَالْمَيِّتُ عَنِ الْحَيِّ الَّذِي لَا يَمُوتُ، وَالْمَخْلُوقُ عَنِ الْخَالِقِ، وَمَنْ لَا وُجُودَ لَهُ وَلَا شَيْءَ لَهُ مِنْ
Traduction
Chapitre : Les péchés anéantissent la bénédiction
Les péchés anéantissent la bénédiction (barakah). Parmi leurs châtiments figure le fait qu’ils dissipent la bénédiction de la vie, la bénédiction de la subsistance (rizq), la bénédiction du savoir, la bénédiction des œuvres et la bénédiction de l’obéissance.
En somme, ils anéantissent la bénédiction de la religion (dîn) et de la vie d’ici-bas (dunyâ). Ainsi, tu ne trouveras aucune bénédiction, ni dans sa vie, ni dans sa religion, ni dans sa vie mondaine, chez celui qui désobéit à Allah. Et la bénédiction n’a été retirée de la terre que par les péchés des créatures. Allah, exalté soit-Il, a dit : « Et si les gens des cités avaient cru et avaient été pieux, Nous leur aurions certainement accordé des bénédictions du ciel et de la terre. » [Sourate Al-A‘râf, 7:96].
Et Il a dit, exalté soit-Il : « Et s’ils s’étaient maintenus dans la bonne voie, Nous les aurions abreuvés d’une eau abondante, pour les éprouver par elle. » [Sourate Al-Jinn, 72:16-17].
Certes, le serviteur peut être privé de sa subsistance à cause d’un péché qu’il commet.
Dans le hadith, il est rapporté :
« L’Esprit-Saint (Rûh Al-Qudus) a insufflé dans mon cœur que nulle âme ne mourra avant d’avoir reçu toute sa subsistance. Craignez donc Allah et soyez modérés dans vos demandes. Certes, on n’obtient ce qui est auprès d’Allah que par Son obéissance. Allah a placé la sérénité et la joie dans la satisfaction et la certitude, et Il a placé l’inquiétude et la tristesse dans le doute et le mécontentement. »
Il a été mentionné précédemment le récit rapporté par Ahmad dans son Kitâb Az-Zuhd :
« Je suis Allah. Lorsque Je suis satisfait, Je bénis, et Ma bénédiction n’a pas de limite. Et lorsque Je suis courroucé, Je maudis, et Ma malédiction atteint jusqu’à la septième génération. »
L’abondance de la subsistance et des œuvres ne réside pas dans leur quantité, ni la longueur de la vie dans le nombre des mois et des années, mais bien dans la bénédiction qui s’y trouve.
Il a été mentionné précédemment que la vie du serviteur est la durée de son existence, et il n’y a point de vie pour celui qui se détourne d’Allah et s’occupe d’autre que Lui. Bien plus, la vie des bêtes est meilleure que la sienne. Car la vie de l’homme réside dans la vie de son cœur et de son âme, et le cœur ne vit que par la connaissance de son Créateur, Son amour, Son adoration exclusive, le retour vers Lui, l’apaisement par Son rappel, et la familiarité avec Sa proximité. Celui qui perd cette vie a perdu tout bien, et même s’il se console par ce que le monde peut lui offrir, la vie d’ici-bas dans son ensemble ne saurait compenser cette perte. En effet, pour toute chose que le serviteur perd, il peut y avoir compensation, mais s’il perd Allah, rien ne saurait le remplacer absolument.
Comment le pauvre par essence pourrait-il être compensé par le Riche par essence ? Comment l’incapable par essence pourrait-il être compensé par le Tout-Puissant par essence ? Comment le mort pourrait-il être compensé par le Vivant qui ne meurt point ? Comment la créature pourrait-elle être compensée par le Créateur ? Comment celui qui n’a ni existence ni possession pourrait-il être compensé par Celui qui possède toute chose ?
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فَصْلٌ الْمَعْصِيَةُ تَجْعَلُ صَاحِبَهَا مِنَ السَّفَلَةِ
وَمِنْ عُقُوبَاتِهَا: أَنَّهَا تَجْعَلُ صَاحِبَهَا مِنَ السَّفَلَةِ بَعْدَ أَنْ كَانَ مُهَيَّئًا لِأَنْ يَكُونَ مِنَ الْعِلْيَةِ، فَإِنَّ اللَّهَ خَلَقَ خَلْقَهُ قِسْمَيْنِ: عِلْيَةً، وَسَفَلَةً، وَجَعَلَ عِلِّيِّينَ مُسْتَقَرَّ الْعِلْيَةِ، وَأَسْفَلَ سَافِلِينَ مُسْتَقَرَّ السَّفَلَةِ، وَجَعَلَ أَهْلَ طَاعَتِهِ الْأَعْلَيْنَ فِي الدُّنْيَا وَالْآخِرَةِ، وَأَهْلَ مَعْصِيَتِهِ الْأَسْفَلِينَ فِي الدُّنْيَا وَالْآخِرَةِ، كَمَا جَعَلَ أَهْلَ طَاعَتِهِ أَكْرَمَ خَلْقِهِ عَلَيْهِ، وَأَهْلَ مَعْصِيَتِهِ أَهْوَنَ خَلْقِهِ عَلَيْهِ، وَجَعَلَ الْعِزَّةَ لِهَؤُلَاءِ، وَالذِّلَّةَ وَالصَّغَارَ لِهَؤُلَاءِ، كَمَا فِي مُسْنَدِ أَحْمَدَ مِنْ حَدِيثِ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عَمْرٍو عَنِ النَّبِيِّ ﷺ أَنَّهُ قَالَ: «بُعِثْتُ بِالسَّيْفِ بَيْنَ يَدَيِ السَّاعَةِ، وَجُعِلَ رِزْقِي تَحْتَ ظِلِّ رُمْحِي، وَجُعِلَ الذُّلُّ وَالصَّغَارُ عَلَى مَنْ خَالَفَ أَمْرِي»
فَكُلَّمَا عَمِلَ الْعَبْدُ مَعْصِيَةً نَزَلَ إِلَى أَسْفَلَ، دَرَجَةً، وَلَا يَزَالُ فِي نُزُولٍ حَتَّى يَكُونَ مِنَ الْأَسْفَلِينَ، وَكُلَّمَا عَمِلَ طَاعَةً ارْتَفَعَ بِهَا دَرَجَةً، وَلَا يَزَالُ فِي ارْتِفَاعٍ حَتَّى يَكُونَ مِنَ الْأَعْلَيْنَ. وَقَدْ يَجْتَمِعُ لِلْعَبْدِ فِي أَيَّامِ حَيَاتِهِ الصُّعُودُ مِنْ وَجْهٍ، وَالنُّزُولُ مِنْ وَجْهٍ، وَأَيُّهُمَا كَانَ أَغْلَبَ عَلَيْهِ كَانَ مِنْ أَهْلِهِ، فَلَيْسَ مَنْ صَعِدَ مِائَةَ دَرَجَةٍ وَنَزَلَ دَرَجَةً وَاحِدَةً، كَمَنْ كَانَ بِالْعَكْسِ.
وَلَكِنْ يَعْرِضُ هَاهُنَا لِلنُّفُوسِ غَلَطٌ عَظِيمٌ، وَهُوَ أَنَّ الْعَبْدَ قَدْ يَنْزِلُ نُزُولًا بَعِيدًا أَبْعَدَ مِمَّا بَيْنَ الْمَشْرِقِ وَالْمَغْرِبِ، وَمِمَّا بَيْنَ السَّمَاءِ وَالْأَرْضِ، فَلَا يَفِي صُعُودُهُ أَلْفَ دَرَجَةٍ بِهَذَا النُّزُولِ الْوَاحِدِ، كَمَا فِي الصَّحِيحِ عَنِ النَّبِيِّ ﷺ أَنَّهُ قَالَ: «إِنَّ الْعَبْدَ لِيَتَكَلَّمُ بِالْكَلِمَةِ الْوَاحِدَةِ، لَا يُلْقِي لَهَا بَالًا يَهْوِي بِهَا فِي النَّارِ أَبْعَدَ مِمَّا بَيْنَ الْمَشْرِقِ وَالْمَغْرِبِ» .
فَأَيُّ صُعُودٍ يُوَازِنُ هَذِهِ النَّزْلَةَ؟ وَالنُّزُولُ أَمْرٌ لَازِمٌ لِلْإِنْسَانِ، وَلَكِنْ مِنَ النَّاسِ مَنْ يَكُونُ نُزُولُهُ إِلَى غَفْلَةٍ، فَهَذَا مَتَى اسْتَيْقَظَ مِنْ غَفْلَتِهِ عَادَ إِلَى دَرَجَتِهِ، أَوْ إِلَى أَرْفَعَ مِنْهَا بِحَسْبَ يَقَظَتِهِ. وَمِنْهُمْ مَنْ يَكُونُ نُزُولُهُ إِلَى مُبَاحٍ لَا يَنْوِي بِهِ الِاسْتِعَانَةَ عَلَى الطَّاعَةِ، فَهَذَا مَتَى رَجَعَ إِلَى الطَّاعَةِ فَقَدْ يَعُودُ إِلَى دَرَجَتِهِ، وَقَدْ لَا يَصِلُ إِلَيْهَا، وَقَدْ يَرْتَفِعُ عَنْهَا، فَإِنَّهُ قَدْ يَعُودُ أَعْلَى هِمَّةً مِمَّا كَانَ، وَقَدْ يَكُونُ أَضْعَفَ هِمَّةً، وَقَدْ تَعُودُ هِمَّتُهُ كَمَا كَانَتْ. وَمِنْهُمْ مَنْ يَكُونُ نُزُولُهُ إِلَى مَعْصِيَةٍ، إِمَّا صَغِيرَةٍ أَوْ كَبِيرَةٍ، فَهَذَا يَحْتَاجُ فِي عَوْدِهِ إِلَى دَرَجَتِهِ إِلَى تَوْبَةٍ نَصُوحٍ، وَإِنَابَةٍ صَادِقَةٍ. وَاخْتَلَفَ النَّاسُ هَلْ يَعُودُ بَعْدَ التَّوْبَةِ إِلَى دَرَجَتِهِ الَّتِي كَانَ فِيهَا، بِنَاءً عَلَى أَنَّ التَّوْبَةَ
Traduction
Chapitre : Le péché place son auteur parmi les vils
La désobéissance place son auteur parmi les gens vils
Parmi ses châtiments, la désobéissance fait de son auteur l’un des safala (les vils), après qu’il était destiné à appartenir aux ‘iliyya (les nobles). En effet, Allah a créé Ses créatures en deux catégories : les nobles (‘iliyya) et les vils (safala). Il a fait des ‘Illiyyîn le séjour des nobles, et des Asfali Sâfilîn le séjour des vils. Il a placé les gens de Son obéissance parmi les plus élevés en ce monde et dans l’au-delà, et les gens de Sa désobéissance parmi les plus bas en ce monde et dans l’au-delà. De même, Il a fait des gens de Son obéissance les plus honorés de Ses créatures auprès de Lui, et des gens de Sa désobéissance les plus méprisables à Ses yeux. Il a accordé la gloire aux premiers et l’humiliation et l’avilissement aux seconds, comme il est rapporté dans le Musnad d’Ahmad, d’après le hadith de ‘Abdullah ibn ‘Amr, selon le Prophète (ﷺ) :
« J’ai été envoyé avec l’épée avant l’Heure, et ma subsistance a été placée à l’ombre de ma lance. L’humiliation et l’avilissement ont été décrétés pour quiconque s’oppose à mon ordre. »
Ainsi, chaque fois que le serviteur commet un péché, il descend d’un degré, et il ne cesse de descendre jusqu’à devenir l’un des plus vils. Et chaque fois qu’il accomplit un acte d’obéissance, il s’élève d’un degré, et il ne cesse de s’élever jusqu’à devenir l’un des plus nobles.
Il arrive que le serviteur connaisse, au cours de sa vie, des phases d’ascension sous un certain rapport et de descente sous un autre. Celui des deux états qui prédomine en lui détermine son appartenance. Ainsi, celui qui s’élève de cent degrés et ne descend que d’un seul degré n’est pas comparable à celui qui subit l’inverse.
Cependant, les âmes sont ici sujettes à une grave méprise : le serviteur peut descendre d’une chute si profonde qu’elle dépasse la distance entre l’Orient et l’Occident, ou entre le ciel et la terre, et alors, son ascension de mille degrés ne saurait compenser cette unique descente. Comme il est rapporté dans le Sahîh, d’après le Prophète (ﷺ) :
« Certes, le serviteur peut prononcer une parole à laquelle il ne prête aucune attention, et à cause de laquelle il plonge en Enfer plus profondément que la distance entre l’Orient et l’Occident. »
Quelle ascension pourrait donc équilibrer une telle chute ? La descente est une réalité inhérente à l’homme, mais parmi les hommes, certains voient leur chute les mener à l’insouciance (ghafla). Ceux-là, lorsqu’ils se réveillent de leur insouciance, peuvent retrouver leur degré initial, voire s’élever plus haut, selon l’intensité de leur réveil.
D’autres voient leur chute les conduire à des actes licites (mubâh), sans qu’ils n’aient l’intention de s’en servir comme moyen de se renforcer dans l’obéissance. Ceux-là, lorsqu’ils reviennent à l’obéissance, peuvent retrouver leur degré initial, ou ne pas l’atteindre, ou même le dépasser. En effet, ils peuvent revenir avec une détermination plus forte qu’auparavant, ou plus faible, ou égale à ce qu’elle était.
Enfin, certains voient leur chute les mener à la désobéissance, qu’il s’agisse d’un péché mineur ou majeur. Ceux-là ont besoin, pour retrouver leur degré initial, d’un repentir sincère (tawba nasûh) et d’un retour à Allah authentique (inâba sâdiqa).
Les savants ont divergé sur la question de savoir si, après le repentir, le serviteur retrouve le degré qu’il occupait auparavant. Cette divergence repose sur la nature même du repentir…
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تَمْحُو أَثَرَ الذَّنْبِ، وَتَجْعَلُ وَجُودَهُ كَعَدَمِهِ فَكَأَنَّهُ لَمْ يَكُنْ، أَوْ لَا يَعُودُ، بِنَاءً عَلَى أَنَّ التَّوْبَةَ تَأْثِيرُهَا فِي إِسْقَاطِ الْعُقُوبَةِ، وَأَمَّا الدَّرَجَةُ الَّتِي فَاتَتْهُ فَإِنَّهُ لَا يَصِلُ إِلَيْهَا. قَالُوا: وَتَقْرِيرُ ذَلِكَ: أَنَّهُ كَانَ مُسْتَعِدًّا بِاشْتِغَالِهِ بِالطَّاعَةِ فِي الزَّمَنِ الَّذِي عَصَى فِيهِ لِصُعُودٍ آخَرَ وَارْتِقَاءٍ تَحْمِلُهُ أَعْمَالُهُ السَّالِفَةُ، بِمَنْزِلَةِ كَسْبِ الرَّجُلِ كُلَّ يَوْمٍ بِجُمْلَةِ مَالِهِ الَّذِي يَمْلِكُهُ، وَكُلَّمَا تَضَّاعَفَ الْمَالُ تَضَّاعَفَ الرِّبْحُ، فَقَدْ رَاحَ عَلَيْهِ فِي زَمَنِ الْمَعْصِيَةِ ارْتِفَاعٌ وَرِبْحٌ تَحْمِلُهُ أَعْمَالُهُ، فَإِذَا اسْتَأْنَفَ الْعَمَلَ اسْتَأْنَفَ صُعُودًا مِنْ نُزُولٍ، وَكَانَ قَبْلَ ذَلِكَ صَاعِدًا مِنْ أَسْفَلَ إِلَى أَعْلَى، وَبَيْنَهُمَا بَوْنٌ عَظِيمٌ. قَالُوا: وَمَثَلُ ذَلِكَ رَجُلَانِ يَرْتَقِيَانِ فِي سُلَّمَيْنِ لَا نِهَايَةَ لَهُمَا، وَهُمَا سَوَاءٌ، فَنَزَلَ أَحَدُهُمَا إِلَى أَسْفَلَ، وَلَوْ دَرَجَةٍ وَاحِدَةٍ، ثُمَّ اسْتَأْنَفَ الصُّعُودَ، فَإِنَّ الَّذِي لَمْ يَنْزِلْ يَعْلُو عَلَيْهِ وَلَا بُدَّ. وَحَكَمَ شَيْخُ الْإِسْلَامِ ابْنُ تَيْمِيَةَ رَحِمَهُ اللَّهُ بَيْنَ الطَّائِفَتَيْنِ حُكْمًا مَقْبُولًا فَقَالَ: التَّحْقِيقُ أَنَّ مِنَ التَّائِبِينَ مَنْ يَعُودُ إِلَى أَرْفَعَ مِنْ دَرَجَتِهِ، وَمِنْهُمْ مِنْ يَعُودُ إِلَى مِثْلِ دَرَجَتِهِ، وَمِنْهُمْ مَنْ لَا يَصِلُ إِلَى دَرَجَتِهِ. قُلْتُ: وَهَذَا بِحَسْبِ قُوَّةِ التَّوْبَةِ وَكَمَالِهَا، وَمَا أَحْدَثَتْهُ الْمَعْصِيَةُ لِلْعَبْدِ مِنَ الذُّلِّ وَالْخُضُوعِ وَالْإِنَابَةِ، وَالْحَذَرِ وَالْخَوْفِ مِنَ اللَّهِ، وَالْبُكَاءِ مِنْ خَشْيَةِ اللَّهِ، فَقَدْ تَقْوَى هَذِهِ الْأُمُورُ، حَتَّى يَعُودَ التَّائِبُ إِلَى أَرْفَعَ مِنْ دَرَجَتِهِ، وَيَصِيرَ بَعْدَ التَّوْبَةِ خَيْرًا مِنْهُ قَبْلَ الْخَطِيئَةِ، فَهَذَا قَدْ تَكُونُ الْخَطِيئَةُ فِي حَقِّهِ رَحْمَةً، فَإِنَّهَا نَفَتْ عَنْهُ دَاءَ الْعُجْبِ، وَخَلَّصَتْهُ مِنْ ثِقَتِهِ بِنَفْسِهِ وَإِدْلَالِهِ بِأَعْمَالِهِ، وَوَضَعَتْ خَدَّ ضَرَاعَتِهِ وَذُلَّهُ وَانْكِسَارَهُ عَلَى عَتَبَةِ بَابِ سَيِّدِهِ وَمَوْلَاهُ، وَعَرَّفَتْهُ قَدْرَهُ، وَأَشْهَدَتْهُ فَقْرَهُ وَضَرُورَتَهُ إِلَى حِفْظِ مَوْلَاهُ لَهُ، وَإِلَى عَفْوِهِ عَنْهُ وَمَغْفِرَتِهِ لَهُ، وَأَخْرَجَتْ مِنْ قَلْبِهِ صَوْلَةَ الطَّاعَةِ، وَكَسَرَتْ أَنْفَهُ مِنْ أَنْ يَشْمَخَ بِهَا أَوْ يَتَكَبَّرَ بِهَا، أَوْ يَرَى نَفْسَهُ بِهَا خَيْرًا مِنْ غَيْرِهِ، وَأَوْقَفَتْهُ بَيْنَ يَدَيْ رَبِّهِ مَوْقِفَ الْخَطَّائِينَ الْمُذْنِبِينَ، نَاكِسَ الرَّأْسِ بَيْنَ يَدَيْ رَبِّهِ، مُسْتَحِيًا خَائِفًا مِنْهُ وَجِلًا، مُحْتَقِرًا لِطَاعَتِهِ مُسْتَعْظِمًا لِمَعْصِيَتِهِ، عَرَفَ نَفْسَهُ بِالنَّقْصِ وَالذَّمِّ. وَرَبُّهُ مُتَفَرِّدٌ بِالْكَمَالِ وَالْحَمْدِ وَالْوَفَاءِ كَمَا قِيلَ: اسْتَأْثَرَ اللَّهُ بِالْوَفَاءِ وَبِالْحَمْ ... دِ وَوَلَّى الْمَلَامَةَ الرَّجُلَا فَأَيُّ نِعْمَةٍ وَصَلَتْ مِنَ اللَّهِ إِلَيْهِ اسْتَكْثَرَهَا عَلَى نَفْسِهِ وَرَأَى نَفْسَهُ دُونَهَا وَلَمْ يَرَهَا أَهْلًا، وَأَيُّ نِقْمَةٍ أَوْ بَلِيَّةٍ وَصَلَتْ إِلَيْهِ رَأَى نَفْسَهُ أَهْلًا لِمَا هُوَ أَكْبَرُ مِنْهَا، وَرَأَى مَوْلَاهُ قَدْ أَحْسَنَ إِلَيْهِ، إِذْ لَمْ يُعَاقِبْهُ عَلَى قَدْرِ جُرْمِهِ وَلَا شَطْرِهِ، وَلَا أَدْنَى جُزْءٍ مِنْهُ.
Traduction
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Traduction
Elle efface la trace du péché et fait en sorte que son existence soit comme si elle n’avait jamais été, ou comme si elle ne revenait plus, étant donné que l’effet du repentir consiste à annuler le châtiment. Quant au degré [spirituel] qu’il a manqué, il ne pourra plus l’atteindre.
Ils ont dit : l’explication de cela est qu’il était prêt, par son occupation dans l’obéissance durant le temps où il a commis la désobéissance, à une autre ascension et une élévation que ses œuvres antérieures lui auraient valu. Cela est comparable à l’homme qui gagne chaque jour une somme égale à l’ensemble de ses biens, et plus son capital s’accroît, plus son profit augmente. Ainsi, durant le temps de la désobéissance, il a perdu une élévation et un profit que ses œuvres lui auraient procurés. Dès lors, s’il reprend ses actes d’obéissance, il recommence une ascension à partir d’une descente, alors qu’auparavant, il montait du plus bas vers le plus haut. La différence entre les deux est immense.
Ils ont dit : cela est semblable à deux hommes qui gravissent deux échelles sans fin, et qui étaient au même niveau. L’un d’eux descend, ne serait-ce que d’un seul degré, puis reprend son ascension. Celui qui n’est pas descendu le dépassera nécessairement.
L’imam Cheikh al-Islām Ibn Taymiyya – qu’Allah lui fasse miséricorde – a tranché entre les deux groupes par un jugement acceptable, en disant : La vérité est que parmi les repentants, certains reviennent à un degré plus élevé que le leur, d’autres reviennent à un degré semblable, et d’autres encore n’atteignent pas leur degré initial.
J’ai dit : cela dépend de la force du repentir et de sa perfection, ainsi que de l’humiliation, de la soumission, du retour vers Allah, de la crainte et de la peur qu’a engendrées le péché chez le serviteur, ainsi que des pleurs par crainte d’Allah. Ces éléments peuvent se renforcer au point que le repentant revienne à un degré plus élevé que le sien, et qu’il devienne, après son repentir, meilleur qu’il ne l’était avant sa faute. Pour celui-là, la faute aura été une miséricorde, car elle a dissipé en lui le mal de l’orgueil, l’a libéré de sa confiance en lui-même et de sa complaisance dans ses œuvres, a posé sa joue de suppliant et son humilité sur le seuil de la porte de son Seigneur et Maître, lui a fait connaître sa valeur, lui a révélé son indigence et son besoin du soutien de son Maître, de Son pardon et de Sa miséricorde. Elle a extirpé de son cœur l’arrogance de l’obéissance, lui a brisé le nez pour l’empêcher de s’enorgueillir ou de s’enfler d’orgueil, ou de se considérer comme meilleur que les autres. Elle l’a placé devant son Seigneur dans la posture des pécheurs fautifs, la tête baissée devant Lui, honteux, craintif, tremblant, méprisant son obéissance et considérant sa désobéissance comme immense. Il a reconnu sa propre imperfection et son blâme, tandis que son Seigneur est Unique dans la perfection, la louange et la fidélité, comme il a été dit :
« Allah s’est réservé la fidélité et la louange, Et a confié le blâme à l’homme. »
Ainsi, quelle grâce lui est parvenue d’Allah, il l’a considérée comme immense pour lui-même et s’est jugé indigne d’elle. Et quelle épreuve ou calamité l’a atteint, il s’est jugé digne de bien pire, tout en voyant que son Maître lui a fait miséricorde, puisqu’Il ne l’a pas châtié à la mesure de son crime, ni même à la moitié, ni même à la moindre partie de celui-ci.
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فَإِنَّ مَا يَسْتَحِقُّهُ مِنَ الْعُقُوبَةِ لَا تَحْمِلُهُ الْجِبَالُ الرَّاسِيَاتُ، فَضْلًا عَنْ هَذَا الْعَبْدِ الضَّعِيفِ الْعَاجِزِ، فَإِنَّ الذَّنْبَ وَإِنْ صَغُرَ، فَإِنَّ مُقَابَلَةَ الْعَظِيمِ الَّذِي لَا شَيْءَ أَعْظَمُ مِنْهُ، الْكَبِيرِ الَّذِي لَا شَيْءَ أَكْبَرُ مِنْهُ، الْجَلِيلِ الَّذِي لَا أَجَلَّ مِنْهُ وَلَا أَجْمَلَ، الْمُنْعِمِ بِجَمِيعِ أَصْنَافِ النِّعَمِ دَقِيقِهَا وَجُلِّهَا - مِنْ أَقْبَحِ الْأُمُورِ وَأَفْظَعِهَا وَأَشْنَعِهَا، فَإِنَّ مُقَابَلَةَ الْعُظَمَاءِ وَالْأَجِلَّاءِ وَسَادَاتِ النَّاسِ بِمِثْلِ ذَلِكَ يَسْتَقْبِحُهُ كُلُّ أَحَدٍ مُؤْمِنٌ وَكَافِرٌ. وَأَرْذَلُ النَّاسِ وَأَسْقَطُهُمْ مُرُوءَةً مَنْ قَابَلَهُمْ بِالرَّذَائِلِ، فَكَيْفَ بِعَظِيمِ السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضِ، وَمَلِكِ السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضِ، وَإِلَهِ أَهْلِ السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضِ؟ وَلَوْلَا أَنَّ رَحْمَتَهُ سَبَقَتْ غَضَبَهُ، وَمَغْفِرَتَهُ سَبَقَتْ عُقُوبَتَهُ، وَإِلَّا لَتَدَكْدَكَتِ الْأَرْضُ بِمَنْ قَابَلَهُ بِمَا لَا يَلِيقُ مُقَابَلَتُهُ بِهِ، وَلَوْلَا حِلْمُهُ وَمَغْفِرَتُهُ لَزُلْزِلَتِ السَّمَاوَاتُ وَالْأَرْضُ مِنْ مَعَاصِي الْعِبَادِ، قَالَ تَعَالَى:
إِنَّ اللَّهَ يُمْسِكُ السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضَ أَنْ تَزُولَا وَلَئِنْ زَالَتَا إِنْ أَمْسَكَهُمَا مِنْ أَحَدٍ مِنْ بَعْدِهِ إِنَّهُ كَانَ حَلِيمًا غَفُورًا
.
فَتَأَمَّلْ خَتْمَ هَذِهِ الْآيَةِ بِاسْمَيْنِ مِنْ أَسْمَائِهِ، وَهُمَا: " الْحَلِيمُ، وَالْغَفُورُ " كَيْفَ تَجِدُ تَحْتَ ذَلِكَ أَنَّهُ لَوْلَا حِلْمُهُ عَنِ الْجُنَاةِ وَمَغْفِرَتُهُ لِلْعُصَاةِ لَمَا اسْتَقَرَّتِ السَّمَاوَاتُ وَالْأَرْضُ؟
وَقَدْ أَخْبَرَ سُبْحَانَهُ عَنْ كُفْرِ بَعْضِ عِبَادِهِ أَنَّهُ:
تَكَادُ السَّمَاوَاتُ يَتَفَطَّرْنَ مِنْهُ وَتَنْشَقُّ الْأَرْضُ وَتَخِرُّ الْجِبَالُ هَدًّا
.
وَقَدْ أَخْرَجَ اللَّهُ سُبْحَانَهُ الْأَبَوَيْنِ مِنَ الْجَنَّةِ بِذَنْبٍ وَاحِدٍ ارْتَكَبَاهُ وَخَالَفَا فِيهِ نَهْيَهُ، وَلَعَنَ إِبْلِيسَ وَطَرَدَهُ وَأَخْرَجَهُ مِنْ مَلَكُوتِ السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضِ بِذَنْبٍ وَاحِدٍ ارْتَكَبَهُ وَخَالَفَ فِيهِ أَمْرَهُ، وَنَحْنُ مَعَاشِرُ الْحَمْقَى كَمَا قِيلَ: نَصِلُ الذُّنُوبَ إِلَى الذُّنُوبِ وَنَرْتَجِي ... دَرَجَ الْجِنَانِ لِذِي النَّعِيمِ الْخَالِدِ وَلَقَدْ عَلِمْنَا أَخْرَجَ الْأَبَوَيْنِ مِنْ ... مَلَكُوتِهِ الْأَعْلَى بِذَنْبٍ وَاحِدِ وَالْمَقْصُودُ أَنَّ الْعَبْدَ قَدْ يَكُونُ بَعْدَ التَّوْبَةِ خَيْرًا مِمَّا كَانَ قَبْلَ الْخَطِيئَةِ وَأَرْفَعَ دَرَجَةً، وَقَدْ تُضْعِفُ الْخَطِيئَةُ هِمَّتَهُ وَتُوهِنُ عَزْمَهُ، وَتُمْرِضُ قَلْبَهُ، فَلَا يَقْوَى دَوَاءُ التَّوْبَةِ عَلَى إِعَادَتِهِ إِلَى الصِّحَّةِ الْأَوْلَى، فَلَا يَعُودُ إِلَى دَرَجَتِهِ، وَقَدْ يَزُولُ الْمَرَضُ بِحَيْثُ تَعُودُ الصِّحَّةُ كَمَا كَانَتْ وَيَعُودُ إِلَى مِثْلِ عَمَلِهِ، فَيَعُودُ إِلَى دَرَجَتِهِ. هَذَا كُلُّهُ إِذَا كَانَ نُزُولُهُ إِلَى مَعْصِيَةٍ، فَإِنْ كَانَ نُزُولُهُ إِلَى أَمْرٍ يَقْدَحُ فِي أَصْلِ إِيمَانِهِ، مِثْلِ الشُّكُوكِ وَالرِّيَبِ وَالنِّفَاقِ، فَذَاكَ نُزُولٌ لَا يُرْجَى لِصَاحِبِهِ صُعُودٌ إِلَّا بِتَجْدِيدِ إِسْلَامِهِ.
فَصْلٌ الْمَعَاصِي تُجَرِّئُ عَلَى الْإِنْسَانِ أَعْدَاءَهُ
Traduction
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Certes, le châtiment qu’il mérite est tel que les montagnes les plus solides ne pourraient le supporter, à plus forte raison ce serviteur faible et impuissant. En effet, le péché, même s’il est petit, constitue l’une des choses les plus laides, les plus horribles et les plus abominables lorsqu’il s’agit de répondre à l’Être Suprême, Celui dont rien n’est plus grand, au Majestueux dont rien n’est plus sublime, au Glorieux dont rien n’est plus noble ni plus beau, au Bienfaiteur qui accorde toutes les formes de faveurs, qu’elles soient subtiles ou manifestes. Car répondre aux grands, aux nobles et aux maîtres des hommes par de telles actions est considéré comme vil par tout un chacun, qu’il soit croyant ou incroyant. Or, les plus vils et les plus méprisables des hommes sont ceux qui répondent à ces derniers par des turpitudes. Alors, comment en serait-il autrement avec le Grand des cieux et de la terre, le Roi des cieux et de la terre, le Dieu des habitants des cieux et de la terre ?
Et si Sa miséricorde n’avait pas devancé Sa colère, et Son pardon précédé Son châtiment, la terre se serait effondrée sous ceux qui Lui répondent par ce qui ne sied pas à Sa majesté. Sans Sa clémence et Son pardon, les cieux et la terre auraient été ébranlés par les désobéissances des serviteurs. Le Très-Haut a dit : *« Certes, Allah retient les cieux et la terre pour qu’ils ne s’effondrent pas. Et s’ils s’effondraient, nul autre que Lui ne pourrait les retenir. Il est, en vérité, Clément et Pardonneur. »* [Sourate Fâṭir : 41].
Réfléchis à la conclusion de ce verset par deux de Ses noms, à savoir *« le Clément »* et *« le Pardonneur »*. Ne vois-tu pas que, sans Sa clémence envers les criminels et Son pardon pour les désobéissants, les cieux et la terre ne seraient pas demeurés stables ?
Le Très-Haut nous a informés du mécréance de certains de Ses serviteurs en ces termes : *« Les cieux sont sur le point de se fendre à cause de cela, la terre de se déchirer et les montagnes de s’écrouler. »* [Sourate Maryam : 90].
Allah – exalté soit-Il – a fait sortir les deux parents [Adam et Ève] du Paradis pour un seul péché qu’ils avaient commis en transgressant Son interdit. Il a maudit Iblîs, l’a chassé et banni du royaume des cieux et de la terre pour un seul péché qu’il avait commis en désobéissant à Son ordre. Quant à nous, ô assemblée des insensés, comme il a été dit
L’objectif est que le serviteur, après le repentir, peut devenir meilleur qu’il ne l’était avant la faute et atteindre un degré plus élevé. Cependant, le péché peut affaiblir sa détermination, ébranler sa résolution et rendre son cœur malade, si bien que le remède du repentir ne parvient pas à lui rendre sa santé première. Il ne retrouve alors pas son rang initial. Mais parfois, la maladie disparaît au point que la santé revient comme elle était, et il reprend ses œuvres antérieures, retrouvant ainsi son degré.
Tout cela s’applique lorsqu’il s’agit d’une chute dans la désobéissance. Mais s’il s’agit d’une chute dans ce qui entache les fondements de sa foi, comme les doutes, les suspicions ou l’hypocrisie, alors cette chute ne laisse espérer une remontée à son auteur qu’au prix d’un renouvellement de son islam.
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Chapitre : Les péchés rendent l’homme vulnérable à ses ennemis
Les péchés rendent l’homme vulnérable à ses ennemis.
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وَمِنْ عُقُوبَاتِهَا: أَنَّهَا تُجَرِّئُ عَلَى الْعَبْدِ مَا لَمْ يَكُنْ يَجْتَرِئُ عَلَيْهِ مِنْ أَصْنَافِ الْمَخْلُوقَاتِ، فَتَجْتَرِئُ عَلَيْهِ الشَّيَاطِينَ بِالْأَذَى وَالْإِغْوَاءِ وَالْوَسْوَسَةِ وَالتَّخْوِيفِ وَالتَّحْزِينِ، وَإِنْسَائِهِ مَا بِهِ مَصْلَحَتُهُ فِي ذِكْرِهِ، وَمَضَرَّتُهُ فِي نِسْيَانِهِ، فَتَجْتَرِئُ عَلَيْهِ الشَّيَاطِينُ حَتَّى تَؤُزَّهُ فِي مَعْصِيَةِ اللَّهِ أَزًّا. وَتَجْتَرِئُ عَلَيْهِ شَيَاطِينُ الْإِنْسِ بِمَا تَقْدِرُ عَلَيْهِ مِنَ الْأَذَى فِي غَيْبَتِهِ وَحُضُورِهِ، وَيَجْتَرِئُ عَلَيْهِ أَهْلُهُ وَخَدَمُهُ وَأَوْلَادُهُ وَجِيرَانُهُ حَتَّى الْحَيَوَانُ الْبَهِيمُ. قَالَ بَعْضُ السَّلَفِ: إِنِّي لَأَعْصِي اللَّهَ فَأَعْرِفُ ذَلِكَ فِي خُلُقِ امْرَأَتِي وَدَابَّتِي. وَكَذَلِكَ يَجْتَرِئُ عَلَيْهِ أَوْلِيَاءُ الْأَمْرِ بِالْعُقُوبَةِ الَّتِي إِنْ عَدَلُوا فِيهَا أَقَامُوا عَلَيْهِ حُدُودَ اللَّهِ، وَتَجْتَرِئُ عَلَيْهِ نَفْسُهُ فَتَتَأَسَّدُ عَلَيْهِ وَتَصْعُبُ عَلَيْهِ، فَلَوْ أَرَادَهَا لِخَيْرٍ لَمْ تُطَاوِعْهُ وَلَمْ تَنْقَدْ لَهُ، وَتَسُوقُهُ إِلَى مَا فِيهِ هَلَاكُهُ، شَاءَ أَمْ أَبِي. وَذَلِكَ لِأَنَّ الطَّاعَةَ حِصْنُ الرَّبِّ تَبَارَكَ وَتَعَالَى الَّذِي مَنْ دَخَلَهُ كَانَ مِنَ الْآمِنِينَ، فَإِذَا فَارَقَ الْحِصْنَ اجْتَرَأَ عَلَيْهِ قُطَّاعُ الطَّرِيقِ وَغَيْرُهُمْ، وَعَلَى حَسَبِ اجْتِرَائِهِ عَلَى مَعَاصِي اللَّهِ يَكُونُ اجْتِرَاءُ هَذِهِ الْآفَاتِ وَالنُّفُوسِ عَلَيْهِ، وَلَيْسَ لَهُ شَيْءٌ يَرُدُّ عَنْهُ. فَإِنَّ ذِكْرَ اللَّهِ وَطَاعَتَهُ وَالصَّدَقَةَ وَإِرْشَادَ الْجَاهِلِ، وَالْأَمْرَ بِالْمَعْرُوفِ وَالنَّهْيَ عَنِ الْمُنْكَرِ - وِقَايَةٌ تَرُدُّ عَنِ الْعَبْدِ، بِمَنْزِلَةِ الْقُوَّةِ الَّتِي تَرُدُّ الْمَرَضَ وَتُقَاوِمُهُ، فَإِذَا سَقَطَتِ الْقُوَّةُ غَلَبَ وَارِدُ الْمَرَضِ فَكَانَ الْهَلَاكُ، فَلَابُدَّ لِلْعَبْدِ مِنْ شَيْءٍ يَرُدُّ عَنْهُ، فَإِنَّ مُوجِبَ السَّيِّئَاتِ وَالْحَسَنَاتِ تَتَدَافَعُ وَيَكُونُ الْحُكْمُ لِلْغَالِبِ كَمَا تَقَدَّمَ، وَكُلَّمَا قَوِيَ جَانِبُ الْحَسَنَاتِ كَانَ الرَّدُّ أَقْوَى كَمَا تَقَدَّمَ، فَإِنَّ اللَّهَ يُدَافِعُ عَنِ الَّذِينَ آمَنُوا، وَالْإِيمَانُ قَوْلٌ وَعَمَلٌ، فَبِحَسَبِ قُوَّةِ الْإِيمَانِ يَكُونُ الدَّفْعُ، وَاللَّهُ الْمُسْتَعَانُ.
فَصْلٌ الْمَعَاصِي تُضْعِفُ الْعَبْدَ أَمَامَ نَفْسِهِ
وَمِنْ عُقُوبَاتِهَا: أَنَّهَا تَخُونُ الْعَبْدَ أَحْوَجَ مَا يَكُونُ إِلَى نَفْسِهِ، فَإِنَّ كُلَّ أَحَدٍ يَحْتَاجُ إِلَى مَعْرِفَةِ مَا يَنْفَعُهُ وَمَا يَضُرُّهُ فِي مَعَاشِهِ وَمَعَادِهِ، وَأَعْلَمُ النَّاسِ أَعْرَفُهُمْ بِذَلِكَ عَلَى التَّفْصِيلِ، وَأَقْوَاهُمْ وَأَكْيَسُهُمْ مَنْ قَوِيَ عَلَى نَفْسِهِ وَإِرَادَتِهِ، فَاسْتَعْمَلَهَا فِيمَا يَنْفَعُهُ وَكَفَّهَا عَمَّا يَضُرُّهُ،
Traduction
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Parmi ses châtiments : elle rend l’homme audacieux face à ce qu’il n’osait pas auparavant parmi les différentes créatures. Ainsi, les démons osent l’assaillir par le mal, la tentation, les suggestions maléfiques, l’intimidation et l’affliction. Ses proches oublient ce qui constitue son intérêt dans le rappel [de Dieu], et ce qui lui nuit dans l’oubli. Les démons osent donc l’assaillir jusqu’à le pousser violemment à désobéir à Allah.
Les démons parmi les humains osent également lui nuire, dans son absence comme en sa présence. Sa famille, ses serviteurs, ses enfants, ses voisins, et même les bêtes sans raison osent s’en prendre à lui. Certains des pieux prédécesseurs (Salaf) ont dit : « Je désobéis à Allah, et je reconnais cela dans le comportement de mon épouse et de ma monture. »
De même, les détenteurs de l’autorité osent le punir : s’ils agissent avec justice, ils appliquent sur lui les limites fixées par Allah. Quant à son âme (nafs), elle ose se rebeller contre lui, devenant farouche et difficile à maîtriser. S’il souhaite l’orienter vers le bien, elle refuse de lui obéir et ne se soumet pas. Elle le pousse vers ce qui causera sa perte, qu’il le veuille ou non.
Cela parce que l’obéissance (ṭāʿa) est la forteresse du Seigneur, béni et exalté soit-Il, dans laquelle quiconque y entre est en sécurité. Mais lorsqu’il quitte cette forteresse, les brigands et autres lui deviennent audacieux. Et selon l’audace qu’il manifeste dans la désobéissance à Allah, ces fléaux et ces âmes osent l’assaillir, sans qu’il ne dispose de rien pour s’en prémunir.
En effet, le rappel d’Allah (ḏikr), l’obéissance à Lui, la charité (ṣadaqa), l’orientation de l’ignorant, l’ordonnance du bien (amr bi-l-maʿrūf) et l’interdiction du mal (nahy ʿan al-munkar) constituent une protection qui repousse [ces maux] du serviteur, à l’image de la force qui repousse la maladie et lui résiste. Mais si cette force vient à faiblir, l’agent pathogène l’emporte et c’est la perdition. Le serviteur a donc nécessairement besoin d’un rempart pour se défendre.
Les causes des mauvaises actions (sayyiʾāt) et des bonnes actions (ḥasanāt) s’opposent, et le jugement revient au plus fort, comme il a été mentionné précédemment. Plus le côté des bonnes actions est fort, plus la résistance est puissante, comme il a été dit. En effet, Allah défend ceux qui croient, et la foi (īmān) est parole et acte. La défense est donc proportionnelle à la force de la foi. Et c’est à Allah que l’on demande secours.
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Chapitre : Les péchés affaiblissent le serviteur face à lui-même
Parmi leurs châtiments : ils trahissent le serviteur au moment où il a le plus besoin de lui-même. En effet, tout un chacun a besoin de connaître ce qui lui est profitable et ce qui lui est nuisible dans sa vie présente (maʿāš) et dans son au-delà (maʿād). Les plus savants sont ceux qui connaissent cela dans le détail, et les plus forts et les plus avisés sont ceux qui maîtrisent leur âme et leur volonté, les employant dans ce qui leur est bénéfique et les retenant de ce qui leur est nuisible.
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وَفِي ذَلِكَ تَتَفَاوَتُ مَعَارِفُ النَّاسِ وَهِمَمُهُمْ وَمَنَازِلُهُمْ، فَأَعْرَفُهُمْ مَنْ كَانَ عَارِفًا بِأَسْبَابِ السَّعَادَةِ وَالشَّقَاوَةِ، وَأَرْشَدُهُمْ مَنْ آثَرَ هَذِهِ عَلَى هَذِهِ، كَمَا أَنَّ أَسْفَهَهُمْ مَنْ عَكَسَ الْأَمْرَ. وَالْمَعَاصِي تَخُونُ الْعَبْدَ أَحْوَجَ مَا كَانَ إِلَى نَفْسِهِ فِي تَحْصِيلِ هَذَا الْعِلْمِ، وَإِيثَارِ الْحَظِّ الْأَشْرَفِ الْعَالِي الدَّائِمِ عَلَى الْحَظِّ الْخَسِيسِ الْأَدْنَى الْمُنْقَطِعِ، فَتَحْجُبُهُ الذُّنُوبُ عَنْ كَمَالِ هَذَا الْعِلْمِ، وَعَنْ الِاشْتِغَالِ بِمَا هُوَ أَوْلَى بِهِ، وَأَنْفَعُ لَهُ فِي الدَّارَيْنِ. فَإِذَا وَقَعَ مَكْرُوهٌ وَاحْتَاجَ إِلَى التَّخَلُّصِ مِنْهُ، خَانَهُ قَلْبُهُ وَنَفْسُهُ وَجَوَارِحُهُ، وَكَانَ بِمَنْزِلَةِ رَجُلٍ مَعَهُ سَيْفٌ قَدْ غَشِيَهُ الصَّدَأُ وَلَزِمَ قِرَابَهُ، بِحَيْثُ لَا يَنْجَذِبُ مَعَ صَاحِبِهِ إِذَا جَذَبَهُ، فَعَرَضَ لَهُ عَدُوٌّ يُرِيدُ قَتْلَهُ، فَوَضَعَ يَدِهِ عَلَى قَائِمِ سَيْفِهِ وَاجْتَهَدَ لِيُخْرِجَهُ، فَلَمْ يَخْرُجْ مَعَهُ، فَدَهَمَهُ الْعَدُوُّ وَظَفِرَ بِهِ. كَذَلِكَ الْقَلْبُ يَصْدَأُ بِالذُّنُوبِ وَيَصِيرُ مُثْخَنًا بِالْمَرَضِ، فَإِذَا احْتَاجَ إِلَى مُحَارَبَةِ الْعَدُوِّ لَمْ يَجِدْ مَعَهُ مِنْهُ شَيْئًا، وَالْعَبْدُ إِنَّمَا يُحَارِبُ وَيُصَاوِلُ وَيُقْدِمُ بِقَلْبِهِ، وَالْجَوَارِحُ تَبَعٌ لِلْقَلْبِ، فَإِذَا لَمْ يَكُنْ عِنْدَ مَلِكِهَا قُوَّةٌ يَدْفَعُ بِهَا، فَمَا الظَّنُّ بِهَا؟ وَكَذَلِكَ النَّفْسُ فَإِنَّهَا تَخْبُثُ بِالشَّهَوَاتِ وَالْمَعَاصِي وَتَضْعُفُ، أَعْنِي النَّفْسَ الْمُطْمَئِنَّةَ، وَإِنْ كَانَتِ الْأَمَّارَةُ تَقْوَى وَتَتَأَسَّدُ، وَكُلَّمَا قَوِيَتْ هَذِهِ ضَعُفَتْ تِلْكَ، فَيَبْقَى الْحُكْمُ وَالتَّصَرُّفُ لِلْأَمَّارَةِ. وَرُبَّمَا مَاتَتْ نَفْسُهُ الْمُطْمَئِنَّةُ مَوْتًا لَا يُرْتَجَى مَعَهُ حَيَاةٌ يَنْتَفِعُ بِهَا، بَلْ حَيَاتُهُ حَيَاةٌ يُدْرِكُ بِهَا الْأَلَمَ فَقَطْ. وَالْمَقْصُودُ أَنَّ الْعَبْدَ إِذَا وَقَعَ فِي شِدَّةٍ أَوْ كُرْبَةٍ أَوْ بَلِيَّةٍ خَانَهُ قَلْبُهُ وَلِسَانُهُ وَجَوَارِحُهُ عَمَّا هُوَ أَنْفَعُ شَيْءٍ لَهُ، فَلَا يَنْجَذِبُ قَلْبُهُ لِلتَّوَكُّلِ عَلَى اللَّهِ تَعَالَى وَالْإِنَابَةِ إِلَيْهِ وَالْجَمْعِيَّةِ عَلَيْهِ وَالتَّضَرُّعِ وَالتَّذَلُّلِ وَالِانْكِسَارِ بَيْنَ يَدَيْهِ، وَلَا يُطَاوِعُهُ لِسَانُهُ لِذِكْرِهِ، وَإِنْ ذَكَرَهُ بِلِسَانِهِ لَمْ يَجْمَعْ بَيْنَ قَلْبِهِ وَلِسَانِهِ، فَيَنْحَبِسُ الْقَلْبُ عَلَى اللِّسَانِ بِحَيْثُ يُؤَثِّرُ الذِّكْرُ، وَلَا يَنْحَبِسُ الْقَلْبُ وَاللِّسَانُ عَلَى الذِّكْرِ، بَلْ إِنْ ذَكَرَ أَوْ دَعَا ذَكَرَ بِقَلْبٍ لَاهٍ سَاهٍ غَافِلٍ، وَلَوْ أَرَادَ مِنْ جَوَارِحِهِ أَنْ تُعِينَهُ بِطَاعَةٍ تَدْفَعُ عَنْهُ لَمْ تَنْقَدْ لَهُ وَلَمْ تُطَاوِعْهُ. وَهَذَا كُلُّهُ أَثَرُ الذُّنُوبِ وَالْمَعَاصِي كَمَنْ لَهُ جُنْدٌ يَدْفَعُ عَنْهُ الْأَعْدَاءَ، فَأَهْمَلَ جُنْدَهُ، وَضَيَّعَهُمْ، وَأَضْعَفَهُمْ، وَقَطَعَ أَخْبَارَهُمْ، ثُمَّ أَرَادَ مِنْهُمْ عِنْدَ هُجُومِ الْعَدُوِّ عَلَيْهِ أَنْ يَسْتَفْرِغُوا وُسْعَهُمْ فِي الدَّفْعِ عَنْهُ بِغَيْرِ قُوَّةٍ. هَذَا، وَثَمَّ أَمْرٌ أَخْوَفُ مِنْ ذَلِكَ وَأَدْهَى مِنْهُ وَأَمَرُّ، وَهُوَ أَنْ يَخُونَهُ قَلْبُهُ وَلِسَانُهُ عِنْدَ
Traduction
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Traduction
En cela résident les différences entre les connaissances des hommes, leurs aspirations et leurs degrés. Le plus savant d’entre eux est celui qui connaît les causes du bonheur et du malheur, et le plus avisé est celui qui préfère le premier au second, tout comme le plus insensé est celui qui inverse cet ordre.
Les péchés trahissent le serviteur au moment où il a le plus besoin de lui-même pour acquérir cette science et pour préférer la part la plus noble, élevée et éternelle à la part vile, basse et éphémère. Ainsi, les péchés le voilent de la perfection de cette connaissance et l’empêchent de s’occuper de ce qui lui est plus profitable et plus utile dans les deux demeures (ici-bas et dans l’au-delà).
Lorsqu’un malheur survient et qu’il a besoin d’en être délivré, son cœur, son âme et ses membres le trahissent. Il se trouve alors dans la situation d’un homme dont l’épée est couverte de rouille et reste collée à son fourreau, de sorte qu’elle ne se dégage pas avec son propriétaire lorsqu’il la tire. Un ennemi survient alors, cherchant à le tuer : il pose sa main sur la poignée de son épée et s’efforce de la dégainer, mais elle ne sort pas avec lui. L’ennemi le surprend alors et triomphe de lui.
De même, le cœur se rouille à cause des péchés et s’alourdit de maladies. Lorsqu’il a besoin de combattre l’ennemi, il ne trouve rien en lui pour le faire. Or, le serviteur ne combat, ne résiste et n’avance qu’avec son cœur, tandis que les membres ne sont que les suiveurs du cœur. Si le roi de ces membres (le cœur) n’a pas la force de repousser (l’ennemi), que peut-on attendre d’eux ?
Il en va de même pour l’âme : elle se corrompt par les passions et les péchés et s’affaiblit – je parle ici de l’âme apaisée (an-nafs al-muṭmaʾinna). Quant à l’âme incitatrice au mal (an-nafs al-ammāra), elle se renforce et devient plus audacieuse. Plus celle-ci se fortifie, plus celle-là s’affaiblit, si bien que le pouvoir et la maîtrise reviennent à l’âme incitatrice.
Il arrive même que l’âme apaisée meure d’une mort dont on ne peut espérer de vie utile, et sa vie n’est alors qu’une existence par laquelle il ne perçoit que la douleur.
L’objectif est de montrer que lorsque le serviteur est frappé par une épreuve, une angoisse ou un malheur, son cœur, sa langue et ses membres le trahissent en l’éloignant de ce qui lui est le plus profitable. Son cœur ne se tourne pas vers la confiance en Dieu (tawakkul), le retour vers Lui (ināba), le recueillement en Lui, l’invocation, l’humilité et la soumission devant Lui. Sa langue ne lui obéit pas pour Le mentionner, et s’il Le mentionne de sa langue, son cœur et sa langue ne sont pas unis. Ainsi, le cœur reste prisonnier de la langue, de sorte que le rappel (dhikr) n’a pas d’effet, car le cœur et la langue ne sont pas tous deux concentrés sur le rappel. Bien plus, s’il mentionne Dieu ou L’invoque, c’est avec un cœur distrait, négligent et inattentif. Et s’il veut que ses membres l’aident par une obéissance qui le protège, ils ne lui obéissent pas et ne se soumettent pas à lui.
Tout cela est l’effet des péchés et des désobéissances, comme un homme qui aurait une armée pour le défendre contre ses ennemis, mais qui aurait négligé son armée, l’aurait corrompue, affaiblie et coupé toute communication avec elle. Puis, lorsque l’ennemi l’attaque, il voudrait qu’elle déploie tous ses efforts pour le défendre, alors qu’elle n’en a plus la force.
Il y a là une chose plus redoutable encore, plus pernicieuse et plus amère : c’est lorsque son cœur et sa langue le trahissent au moment…
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