Le mal et le remède
Les péchés, maladies du cœur
Page 84
وَفِي ذَلِكَ تَتَفَاوَتُ مَعَارِفُ النَّاسِ وَهِمَمُهُمْ وَمَنَازِلُهُمْ، فَأَعْرَفُهُمْ مَنْ كَانَ عَارِفًا بِأَسْبَابِ السَّعَادَةِ وَالشَّقَاوَةِ، وَأَرْشَدُهُمْ مَنْ آثَرَ هَذِهِ عَلَى هَذِهِ، كَمَا أَنَّ أَسْفَهَهُمْ مَنْ عَكَسَ الْأَمْرَ. وَالْمَعَاصِي تَخُونُ الْعَبْدَ أَحْوَجَ مَا كَانَ إِلَى نَفْسِهِ فِي تَحْصِيلِ هَذَا الْعِلْمِ، وَإِيثَارِ الْحَظِّ الْأَشْرَفِ الْعَالِي الدَّائِمِ عَلَى الْحَظِّ الْخَسِيسِ الْأَدْنَى الْمُنْقَطِعِ، فَتَحْجُبُهُ الذُّنُوبُ عَنْ كَمَالِ هَذَا الْعِلْمِ، وَعَنْ الِاشْتِغَالِ بِمَا هُوَ أَوْلَى بِهِ، وَأَنْفَعُ لَهُ فِي الدَّارَيْنِ. فَإِذَا وَقَعَ مَكْرُوهٌ وَاحْتَاجَ إِلَى التَّخَلُّصِ مِنْهُ، خَانَهُ قَلْبُهُ وَنَفْسُهُ وَجَوَارِحُهُ، وَكَانَ بِمَنْزِلَةِ رَجُلٍ مَعَهُ سَيْفٌ قَدْ غَشِيَهُ الصَّدَأُ وَلَزِمَ قِرَابَهُ، بِحَيْثُ لَا يَنْجَذِبُ مَعَ صَاحِبِهِ إِذَا جَذَبَهُ، فَعَرَضَ لَهُ عَدُوٌّ يُرِيدُ قَتْلَهُ، فَوَضَعَ يَدِهِ عَلَى قَائِمِ سَيْفِهِ وَاجْتَهَدَ لِيُخْرِجَهُ، فَلَمْ يَخْرُجْ مَعَهُ، فَدَهَمَهُ الْعَدُوُّ وَظَفِرَ بِهِ. كَذَلِكَ الْقَلْبُ يَصْدَأُ بِالذُّنُوبِ وَيَصِيرُ مُثْخَنًا بِالْمَرَضِ، فَإِذَا احْتَاجَ إِلَى مُحَارَبَةِ الْعَدُوِّ لَمْ يَجِدْ مَعَهُ مِنْهُ شَيْئًا، وَالْعَبْدُ إِنَّمَا يُحَارِبُ وَيُصَاوِلُ وَيُقْدِمُ بِقَلْبِهِ، وَالْجَوَارِحُ تَبَعٌ لِلْقَلْبِ، فَإِذَا لَمْ يَكُنْ عِنْدَ مَلِكِهَا قُوَّةٌ يَدْفَعُ بِهَا، فَمَا الظَّنُّ بِهَا؟ وَكَذَلِكَ النَّفْسُ فَإِنَّهَا تَخْبُثُ بِالشَّهَوَاتِ وَالْمَعَاصِي وَتَضْعُفُ، أَعْنِي النَّفْسَ الْمُطْمَئِنَّةَ، وَإِنْ كَانَتِ الْأَمَّارَةُ تَقْوَى وَتَتَأَسَّدُ، وَكُلَّمَا قَوِيَتْ هَذِهِ ضَعُفَتْ تِلْكَ، فَيَبْقَى الْحُكْمُ وَالتَّصَرُّفُ لِلْأَمَّارَةِ. وَرُبَّمَا مَاتَتْ نَفْسُهُ الْمُطْمَئِنَّةُ مَوْتًا لَا يُرْتَجَى مَعَهُ حَيَاةٌ يَنْتَفِعُ بِهَا، بَلْ حَيَاتُهُ حَيَاةٌ يُدْرِكُ بِهَا الْأَلَمَ فَقَطْ. وَالْمَقْصُودُ أَنَّ الْعَبْدَ إِذَا وَقَعَ فِي شِدَّةٍ أَوْ كُرْبَةٍ أَوْ بَلِيَّةٍ خَانَهُ قَلْبُهُ وَلِسَانُهُ وَجَوَارِحُهُ عَمَّا هُوَ أَنْفَعُ شَيْءٍ لَهُ، فَلَا يَنْجَذِبُ قَلْبُهُ لِلتَّوَكُّلِ عَلَى اللَّهِ تَعَالَى وَالْإِنَابَةِ إِلَيْهِ وَالْجَمْعِيَّةِ عَلَيْهِ وَالتَّضَرُّعِ وَالتَّذَلُّلِ وَالِانْكِسَارِ بَيْنَ يَدَيْهِ، وَلَا يُطَاوِعُهُ لِسَانُهُ لِذِكْرِهِ، وَإِنْ ذَكَرَهُ بِلِسَانِهِ لَمْ يَجْمَعْ بَيْنَ قَلْبِهِ وَلِسَانِهِ، فَيَنْحَبِسُ الْقَلْبُ عَلَى اللِّسَانِ بِحَيْثُ يُؤَثِّرُ الذِّكْرُ، وَلَا يَنْحَبِسُ الْقَلْبُ وَاللِّسَانُ عَلَى الذِّكْرِ، بَلْ إِنْ ذَكَرَ أَوْ دَعَا ذَكَرَ بِقَلْبٍ لَاهٍ سَاهٍ غَافِلٍ، وَلَوْ أَرَادَ مِنْ جَوَارِحِهِ أَنْ تُعِينَهُ بِطَاعَةٍ تَدْفَعُ عَنْهُ لَمْ تَنْقَدْ لَهُ وَلَمْ تُطَاوِعْهُ. وَهَذَا كُلُّهُ أَثَرُ الذُّنُوبِ وَالْمَعَاصِي كَمَنْ لَهُ جُنْدٌ يَدْفَعُ عَنْهُ الْأَعْدَاءَ، فَأَهْمَلَ جُنْدَهُ، وَضَيَّعَهُمْ، وَأَضْعَفَهُمْ، وَقَطَعَ أَخْبَارَهُمْ، ثُمَّ أَرَادَ مِنْهُمْ عِنْدَ هُجُومِ الْعَدُوِّ عَلَيْهِ أَنْ يَسْتَفْرِغُوا وُسْعَهُمْ فِي الدَّفْعِ عَنْهُ بِغَيْرِ قُوَّةٍ. هَذَا، وَثَمَّ أَمْرٌ أَخْوَفُ مِنْ ذَلِكَ وَأَدْهَى مِنْهُ وَأَمَرُّ، وَهُوَ أَنْ يَخُونَهُ قَلْبُهُ وَلِسَانُهُ عِنْدَ
Traduction
---
Traduction
En cela résident les différences entre les connaissances des hommes, leurs aspirations et leurs degrés. Le plus savant d’entre eux est celui qui connaît les causes du bonheur et du malheur, et le plus avisé est celui qui préfère le premier au second, tout comme le plus insensé est celui qui inverse cet ordre.
Les péchés trahissent le serviteur au moment où il a le plus besoin de lui-même pour acquérir cette science et pour préférer la part la plus noble, élevée et éternelle à la part vile, basse et éphémère. Ainsi, les péchés le voilent de la perfection de cette connaissance et l’empêchent de s’occuper de ce qui lui est plus profitable et plus utile dans les deux demeures (ici-bas et dans l’au-delà).
Lorsqu’un malheur survient et qu’il a besoin d’en être délivré, son cœur, son âme et ses membres le trahissent. Il se trouve alors dans la situation d’un homme dont l’épée est couverte de rouille et reste collée à son fourreau, de sorte qu’elle ne se dégage pas avec son propriétaire lorsqu’il la tire. Un ennemi survient alors, cherchant à le tuer : il pose sa main sur la poignée de son épée et s’efforce de la dégainer, mais elle ne sort pas avec lui. L’ennemi le surprend alors et triomphe de lui.
De même, le cœur se rouille à cause des péchés et s’alourdit de maladies. Lorsqu’il a besoin de combattre l’ennemi, il ne trouve rien en lui pour le faire. Or, le serviteur ne combat, ne résiste et n’avance qu’avec son cœur, tandis que les membres ne sont que les suiveurs du cœur. Si le roi de ces membres (le cœur) n’a pas la force de repousser (l’ennemi), que peut-on attendre d’eux ?
Il en va de même pour l’âme : elle se corrompt par les passions et les péchés et s’affaiblit – je parle ici de l’âme apaisée (an-nafs al-muṭmaʾinna). Quant à l’âme incitatrice au mal (an-nafs al-ammāra), elle se renforce et devient plus audacieuse. Plus celle-ci se fortifie, plus celle-là s’affaiblit, si bien que le pouvoir et la maîtrise reviennent à l’âme incitatrice.
Il arrive même que l’âme apaisée meure d’une mort dont on ne peut espérer de vie utile, et sa vie n’est alors qu’une existence par laquelle il ne perçoit que la douleur.
L’objectif est de montrer que lorsque le serviteur est frappé par une épreuve, une angoisse ou un malheur, son cœur, sa langue et ses membres le trahissent en l’éloignant de ce qui lui est le plus profitable. Son cœur ne se tourne pas vers la confiance en Dieu (tawakkul), le retour vers Lui (ināba), le recueillement en Lui, l’invocation, l’humilité et la soumission devant Lui. Sa langue ne lui obéit pas pour Le mentionner, et s’il Le mentionne de sa langue, son cœur et sa langue ne sont pas unis. Ainsi, le cœur reste prisonnier de la langue, de sorte que le rappel (dhikr) n’a pas d’effet, car le cœur et la langue ne sont pas tous deux concentrés sur le rappel. Bien plus, s’il mentionne Dieu ou L’invoque, c’est avec un cœur distrait, négligent et inattentif. Et s’il veut que ses membres l’aident par une obéissance qui le protège, ils ne lui obéissent pas et ne se soumettent pas à lui.
Tout cela est l’effet des péchés et des désobéissances, comme un homme qui aurait une armée pour le défendre contre ses ennemis, mais qui aurait négligé son armée, l’aurait corrompue, affaiblie et coupé toute communication avec elle. Puis, lorsque l’ennemi l’attaque, il voudrait qu’elle déploie tous ses efforts pour le défendre, alors qu’elle n’en a plus la force.
Il y a là une chose plus redoutable encore, plus pernicieuse et plus amère : c’est lorsque son cœur et sa langue le trahissent au moment…
---
Page 85
الِاحْتِضَارِ وَالِانْتِقَالِ إِلَى اللَّهِ تَعَالَى، فَرُبَّمَا تَعَذَّرَ عَلَيْهِ النُّطْقُ بِالشَّهَادَةِ، كَمَا شَاهَدَ النَّاسُ كَثِيرًا مِنَ الْمُحْتَضَرِينَ أَصَابَهُمْ ذَلِكَ، حَتَّى قِيلَ لِبَعْضِهِمْ: قُلْ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ، فَقَالَ: آهْ آهْ، لَا أَسْتَطِيعُ أَنْ أَقُولَهَا. وَقِيلَ لِآخَرَ: قُلْ: لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ، فَقَالَ: شَاهْ رُخْ، غَلَبْتُكَ. ثُمَّ قَضَى. وَقِيلَ لِآخَرَ: قُلْ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ، فَقَالَ: يَا رُبَّ قَائِلَةٍ يَوْمًا وَقَدْ تَعِبَتْ ... أَيْنَ الطَّرِيقُ إِلَى حَمَّامِ مِنْجَابِ ثُمَّ قَضَى. وَقِيلَ لِآخَرَ: قُلْ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ، فَجَعَلَ يَهْذِي بِالْغِنَاءِ وَيَقُولُ: تَاتِنَا تِنِنْتَا. حَتَّى قَضَى وَقِيلَ لِآخَرَ ذَلِكَ، فَقَالَ: وَمَا يَنْفَعُنِي مَا تَقُولُ وَلَمْ أَدَعْ مَعْصِيَةً إِلَّا رَكِبْتُهَا؟ ثُمَّ قَضَى وَلَمْ يَقُلْهَا. وَقِيلَ لِآخَرَ ذَلِكَ، فَقَالَ: وَمَا يُغْنِي عَنِّي، وَمَا أَعْرِفُ أَنِّي صَلَّيْتُ لِلَّهِ صَلَاةً؟ ثُمَّ قَضَى وَلَمْ يَقُلْهَا. وَقِيلَ لِآخَرَ ذَلِكَ، فَقَالَ: هُوَ كَافِرٌ بِمَا تَقُولُ. وَقَضَى. وَقِيلَ لِآخَرَ ذَلِكَ، فَقَالَ: كُلَّمَا أَرَدْتُ أَنْ أَقُولَهَا لِسَانِي يُمْسِكُ عَنْهَا. وَأَخْبَرَنِي مَنْ حَضَرَ بَعْضَ الشَّحَّاذِينَ عِنْدَ مَوْتِهِ، فَجَعَلَ يَقُولُ: لِلَّهِ، فِلْسٌ لِلَّهِ. حَتَّى قَضَى. وَأَخْبَرَنِي بَعْضُ التُّجَّارِ عَنْ قَرَابَةٍ لَهُ أَنَّهُ احْتُضِرَ وَهُوَ عِنْدَهُ، وَجَعَلُوا يُلَقِّنُونَهُ: لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ، وَهُوَ يَقُولُ: هَذِهِ الْقِطْعَةُ رَخِيصَةٌ، هَذَا مُشْتَرٍ جَيِّدٌ، هَذِهِ كَذَا. حَتَّى قَضَى. وَسُبْحَانَ اللَّهِ! كَمْ شَاهَدَ النَّاسُ مِنْ هَذَا عِبَرًا؟ وَالَّذِي يَخْفَى عَلَيْهِمْ مِنْ أَحْوَالِ الْمُحْتَضِرِينَ أَعْظَمُ وَأَعْظَمُ. فَإِذَا كَانَ الْعَبْدُ فِي حَالِ حُضُورِ ذِهْنِهِ وَقُوَّتِهِ وَكَمَالِ إِدْرَاكِهِ قَدْ تَمَكَّنَ مِنْهُ الشَّيْطَانُ، وَاسْتَعْمَلَهُ فِيمَا يُرِيدُهُ مِنْ مَعَاصِي اللَّهِ، وَقَدْ أَغْفَلَ قَلْبَهُ عَنْ ذِكْرِ اللَّهِ تَعَالَى، وَعَطَّلَ لِسَانَهُ عَنْ ذِكْرِهِ وَجَوَارِحَهُ عَنْ طَاعَتِهِ، فَكَيْفَ الظَّنُّ بِهِ عِنْدَ سُقُوطِ قُوَاهُ وَاشْتِغَالِ قَلْبِهِ وَنَفَسِهِ بِمَا هُوَ فِيهِ مِنْ أَلَمِ النَّزْعِ؟ وَجَمَعَ الشَّيْطَانُ لَهُ كُلَّ قُوَّتِهِ وَهِمَّتِهِ، وَحَشَدَ عَلَيْهِ بِجَمِيعِ مَا يَقْدِرُ عَلَيْهِ لِيَنَالَ مِنْهُ فُرْصَتَهُ، فَإِنَّ ذَلِكَ آخِرُ الْعَمَلِ، فَأَقْوَى مَا يَكُونُ عَلَيْهِ شَيْطَانُهُ ذَلِكَ الْوَقْتِ، وَأَضْعَفُ مَا يَكُونُ هُوَ فِي تِلْكَ
Traduction
---
Les derniers instants et le passage vers Dieu, le Très-Haut
Il arrive souvent que le mourant ne puisse prononcer l’attestation de foi (šahāda), comme l’ont observé de nombreuses personnes auprès de ceux qui sont à l’agonie. On dit à l’un d’eux : « Dis : Il n’y a de divinité qu’Allah », et il répond : « Ah ! Ah ! Je ne peux pas la dire. »
À un autre, on dit : « Dis : Il n’y a de divinité qu’Allah », et il répond : « Chah roukh… tu m’as vaincu », puis il expire.
À un autre encore, on dit : « Dis : Il n’y a de divinité qu’Allah », et il récite : « Ô Seigneur ! Une femme un jour, épuisée, disait… Où est le chemin vers le hammam de Mandjâb ? » Puis il expire.
À un autre, on dit : « Dis : Il n’y a de divinité qu’Allah », et il se met à délirer en chantant : « Tâtinâ tininntâ », jusqu’à ce qu’il expire.
À un autre, on dit la même chose, et il répond : « À quoi bon ce que tu dis, alors que je n’ai laissé aucun péché sans l’avoir commis ? » Puis il expire sans l’avoir prononcée.
À un autre, on dit cela, et il répond : « À quoi cela me servirait-il, alors que je ne me souviens pas avoir accompli une seule prière pour Allah ? » Puis il expire sans l’avoir dite.
À un autre, on dit cela, et il rétorque : « Tu mens en disant cela », puis il expire.
À un autre encore, on dit cela, et il déclare : « Chaque fois que je veux la dire, ma langue se refuse à la prononcer. »
On m’a rapporté le cas d’un mendiant à l’agonie qui répétait : « Pour Allah… un fils pour Allah », jusqu’à ce qu’il expire.
Un commerçant m’a raconté qu’un de ses proches, en train de mourir en sa présence, se faisait suggérer : « Il n’y a de divinité qu’Allah », mais répondait : « Ce morceau est bon marché… ce client est bon… ceci est comme cela », jusqu’à ce qu’il expire.
Gloire à Allah ! Combien de leçons les gens ont-ils observées dans de telles situations ? Et ce qui leur échappe des états des mourants est bien plus grand encore !
Lorsque le serviteur, alors qu’il est encore en pleine possession de ses facultés, de sa force et de sa lucidité, se laisse dominer par Satan et l’emploie à commettre les désobéissances envers Allah, négligeant ainsi le rappel de Dieu dans son cœur, laissant sa langue inactive dans Son invocation et ses membres dans Son obéissance, comment alors imaginer son état au moment où ses forces l’abandonnent, où son cœur et son souffle sont accaparés par la douleur de l’agonie ?
Satan, à ce moment-là, rassemble contre lui toutes ses forces et son ardeur, déployant tout ce qu’il peut pour saisir cette ultime occasion, car c’est là la fin des œuvres. C’est alors que son démon est le plus puissant contre lui, et que lui-même est le plus faible.
---
Page 86
الْحَالِ، فَمَنْ تُرَى يَسْلَمُ عَلَى ذَلِكَ؟ فَهُنَاكَ
يُثَبِّتُ اللَّهُ الَّذِينَ آمَنُوا بِالْقَوْلِ الثَّابِتِ فِي الْحَيَاةِ الدُّنْيَا وَفِي الْآخِرَةِ وَيُضِلُّ اللَّهُ الظَّالِمِينَ وَيَفْعَلُ اللَّهُ مَا يَشَاءُ
.
فَكَيْفَ يُوَفَّقُ بِحُسْنِ الْخَاتِمَةِ مَنْ أَغْفَلَ اللَّهُ سُبْحَانَهُ قَلْبَهُ عَنْ ذِكْرِهِ وَاتَّبَعَ هَوَاهُ وَكَانَ أَمْرُهُ فُرُطًا. فَبَعِيدٌ مَنْ قَلْبُهُ بَعِيدٌ مِنَ اللَّهِ تَعَالَى، غَافِلٌ عَنْهُ مُتَعَبِّدٌ لِهَوَاهُ أَسِيرٌ لِشَهَوَاتِهِ، وَلِسَانُهُ يَابِسٌ مِنْ ذِكْرِهِ، وَجَوَارِحُهُ مُعَطَّلَةٌ مِنْ طَاعَتِهِ مُشْتَغِلَةٌ بِمَعْصِيَتِهِ - أَنْ يُوَفَّقَ لِلْخَاتِمَةِ بِالْحُسْنَى.
وَلَقَدْ قَطَعَ خَوْفُ الْخَاتِمَةِ ظُهُورَ الْمُتَّقِينَ، وَكَأَنَّ الْمُسِيئِينَ الظَّالِمِينَ قَدْ أَخَذُوا تَوْقِيعًا بِالْأَمَانِ
أَمْ لَكُمْ أَيْمَانٌ عَلَيْنَا بَالِغَةٌ إِلَى يَوْمِ الْقِيَامَةِ إِنَّ لَكُمْ لَمَا تَحْكُمُونَ - سَلْهُمْ أَيُّهُمْ بِذَلِكَ زَعِيمٌ
كَمَا قِيلَ: يَا آمِنًا مِنْ قَبِيحِ الْفِعْلِ مِنْهُ أَهَلْ ... أَتَاكَ تَوْقِيعُ أَمْنٍ أَنْتَ تَمْلِكُهُ جَمَعْتَ شَيْئَيْنِ أَمْنًا وَاتِّبَاعَ هَوًى ... هَذَا وَإِحْدَاهُمَا فِي الْمَرْءِ تُهْلِكُهُ وَالْمُحْسِنُونَ عَلَى دَرْبِ الْمَخَاوِفِ قَدْ ... سَارُوا وَذَلِكَ دَرْبٌ لَسْتَ تَسْلُكُهُ فَرَّطْتَ فِي الزَّرْعِ وَقْتَ الْبَذْرِ مِنْ سَفَهٍ ... فَكَيْفَ عِنْدَ حَصَادِ النَّاسِ تُدْرِكُهُ هَذَا وَأَعْجَبُ شَيْءٍ مِنْكَ زُهْدُكَ فِي ... دَارِ الْبَقَاءِ بِعَيْشٍ سَوْفَ تَتْرُكُهُ مَنِ السَّفِيهُ إِذًا بِاللَّهِ أَنْتَ أَمِ الْ ... مَغْبُونُ فِي الْبَيْعِ غَبْنًا سَوْفَ يُدْرِكُهُ
فَصْلٌ الْمَعَاصِي تُعْمِي الْقَلْبَ
وَمِنْ عُقُوبَاتِهَا أَنَّهَا تُعْمِي الْقَلْبَ، فَإِنْ لَمْ تُعْمِهِ أَضْعَفَتْ بَصِيرَتَهُ وَلَابُدَّ، وَقَدْ تَقَدَّمَ بَيَانُ أَنَّهَا تُضْعِفُهُ وَلَابُدَّ، فَإِذَا عَمِيَ الْقَلْبُ وَضَعُفَ، فَاتَهُ مِنْ مَعْرِفَةِ الْهُدَى وَقُوَّتِهِ عَلَى تَنْفِيذِهِ فِي نَفْسِهِ وَفِي غَيْرِهِ، بِحَسَبِ ضَعْفِ بَصِيرَتِهِ وَقُوَّتِهِ. فَإِنَّ الْكَمَالَ الْإِنْسَانِيَّ مَدَارُهُ عَلَى أَصْلَيْنِ: مَعْرِفَةِ الْحَقِّ مِنَ الْبَاطِلِ، وَإِيثَارِهِ عَلَيْهِ. وَمَا تَفَاوَتَتْ مَنَازِلُ الْخَلْقِ عِنْدَ اللَّهِ تَعَالَى فِي الدُّنْيَا وَالْآخِرَةِ إِلَّا بِقَدْرِ تَفَاوُتِ مَنَازِلِهِمْ فِي هَذَيْنِ
Traduction
---
Quant à l’état présent, qui donc, selon vous, en sortira indemne ? C’est alors que « Dieu affermit ceux qui ont cru par une parole ferme, dans la vie d’ici-bas et dans l’au-delà. Et Dieu égare les injustes. Et Dieu fait ce qu’Il veut. » [Sourate Ibrâhîm : 27].
Comment celui dont Dieu – exalté soit-Il – a négligé le cœur en le détournant de Son rappel, qui a suivi ses passions et dont les actes ont été marqués par l’excès, pourrait-il être favorisé par une fin heureuse ? Loin d’être sauvé, celui dont le cœur est éloigné de Dieu – Très-Haut –, plongé dans l’insouciance, asservi à ses désirs et captif de ses passions, dont la langue est desséchée par l’absence de Son invocation et dont les membres, au lieu d’obéir à Son commandement, sont occupés à Lui désobéir – comment un tel homme pourrait-il être guidé vers une fin bénie ?
La crainte de la fin dernière a brisé le dos des pieux. Quant aux injustes et aux malfaisants, on dirait qu’ils ont reçu une garantie de sécurité : « Ou bien avez-vous des serments contraignants de Notre part, valables jusqu’au Jour de la Résurrection, vous assurant que vous obtiendrez ce que vous revendiquez ? Interroge-les : lequel d’entre eux en répond ? » [Sourate Al-Qalam : 39-40].
Comme il a été dit :
---
Chapitre : Les péchés aveuglent le cœur
Les péchés aveuglent le cœur. Parmi leurs châtiments, il y a qu’ils le rendent aveugle ; et s’ils ne l’aveuglent pas complètement, ils affaiblissent nécessairement sa clairvoyance. Comme il a été précédemment exposé, ils l’affaiblissent inévitablement. Lorsque le cœur est aveuglé et affaibli, il perd la connaissance de la guidance et la force de la mettre en pratique, en lui-même comme chez autrui, selon le degré de faiblesse de sa perspicacité et de sa vigueur.
Car la perfection humaine repose sur deux fondements : connaître le vrai du faux, et le préférer à ce dernier.
Les degrés des créatures auprès de Dieu – Très-Haut – en ce monde et dans l’au-delà ne diffèrent qu’en fonction de la différence de leurs positions dans ces deux domaines.
---
Page 87
الْأَمْرَيْنِ، وَهُمَا اللَّذَانِ أَثْنَى اللَّهُ بِهِمَا سُبْحَانَهُ عَلَى أَنْبِيَائِهِ بِهِمَا فِي قَوْلِهِ تَعَالَى:
وَاذْكُرْ عِبَادَنَا إبْرَاهِيمَ وَإِسْحَاقَ وَيَعْقُوبَ أُولِي الْأَيْدِي وَالْأَبْصَارِ
.
فَالْأَيْدِي: الْقُوَّةُ فِي تَنْفِيذِ الْحَقِّ، وَالْأَبْصَارُ: الْبَصَائِرُ فِي الدِّينِ، فَوَصَفَهُمْ بِكَمَالِ إِدْرَاكِ الْحَقِّ وَكَمَالِ تَنْفِيذِهِ، وَانْقَسَمَ النَّاسُ فِي هَذَا الْمَقَامِ أَرْبَعَةَ أَقْسَامٍ، فَهَؤُلَاءِ أَشْرَفُ الْأَقْسَامِ مِنَ الْخَلْقِ وَأَكْرَمُهُمْ عَلَى اللَّهِ تَعَالَى. الْقِسْمُ الثَّانِي: عَكْسُ هَؤُلَاءِ، مَنْ لَا بَصِيرَةَ لَهُ فِي الدِّينِ، وَلَا قُوَّةَ عَلَى تَنْفِيذِ الْحَقِّ، وَهُمْ أَكْثَرُ هَذَا الْخَلْقِ، وَهُمُ الَّذِينَ رُؤْيَتُهُمْ قَذَى الْعُيُونِ وَحُمَّى الْأَرْوَاحِ وَسَقَمُ الْقُلُوبِ، يُضَيِّقُونَ الدِّيَارَ وَيُغْلُونَ الْأَسْعَارَ، وَلَا يُسْتَفَادُ مِنْ صُحْبَتِهِمْ إِلَّا الْعَارُ وَالشَّنَارُ. الْقِسْمُ الثَّالِثُ: مَنْ لَهُ بَصِيرَةٌ بِالْحَقِّ وَمَعْرِفَةٌ بِهِ، لَكِنَّهُ ضَعِيفٌ لَا قُوَّةَ لَهُ عَلَى تَنْفِيذِهِ وَلَا الدَّعْوَةِ إِلَيْهِ، وَهَذَا حَالُ الْمُؤْمِنِ الضَّعِيفِ، وَالْمُؤْمِنُ الْقَوِيُّ خَيْرٌ وَأَحَبُّ إِلَى اللَّهِ مِنْهُ. الْقِسْمُ الرَّابِعُ: مَنْ لَهُ قُوَّةٌ وَهِمَّةٌ وَعَزِيمَةٌ، لَكِنَّهُ ضَعِيفُ الْبَصِيرَةِ فِي الدِّينِ، لَا يَكَادُ يُمَيِّزُ بَيْنَ أَوْلِيَاءِ الرَّحْمَنِ وَأَوْلِيَاءِ الشَّيْطَانِ، بَلْ يَحْسَبُ كُلَّ سَوْدَاءَ تَمْرَةً وَكُلَّ بَيْضَاءَ شَحْمَةً، يَحْسَبُ الْوَرَمَ شَحْمًا وَالدَّوَاءَ النَّافِعَ سُمًّا.
وَلَيْسَ فِي هَؤُلَاءِ مَنْ يَصْلُحُ لِلْإِمَامَةِ فِي الدِّينِ، وَلَا هُوَ مَوْضِعٌ لَهَا سِوَى الْقِسْمِ الْأَوَّلِ، قَالَ اللَّهُ تَعَالَى:
وَجَعَلْنَا مِنْهُمْ أَئِمَّةً يَهْدُونَ بِأَمْرِنَا لَمَّا صَبَرُوا وَكَانُوا بِآيَاتِنَا يُوقِنُونَ
.
فَأَخْبَرَ سُبْحَانَهُ أَنَّ بِالصَّبْرِ وَالْيَقِينِ نَالُوا الْإِمَامَةَ فِي الدِّينِ، وَهَؤُلَاءِ هُمُ الَّذِينَ اسْتَثْنَاهُمُ اللَّهُ سُبْحَانَهُ مِنْ جُمْلَةِ الْخَاسِرِينَ، وَأَقْسَمَ بِالْعَصْرِ - الَّذِي هُوَ زَمَنُ سَعْيِ الْخَاسِرِينَ وَالرَّابِحِينَ - عَلَى أَنَّ مَنْ عَدَاهُمْ فَهُوَ مِنَ الْخَاسِرِينَ، فَقَالَ تَعَالَى
وَالْعَصْرِ - إِنَّ الْإِنْسَانَ لَفِي خُسْرٍ - إِلَّا الَّذِينَ آمَنُوا وَعَمِلُوا الصَّالِحَاتِ وَتَوَاصَوْا بِالْحَقِّ وَتَوَاصَوْا بِالصَّبْرِ
.
وَلَمْ يَكْتَفِ مِنْهُمْ بِمَعْرِفَةِ الْحَقِّ وَالصَّبْرِ عَلَيْهِ، حَتَّى يُوصِيَ بَعْضُهُمْ بَعْضًا بِهِ وَيُرْشِدَهُ إِلَيْهِ وَيَحُضَّهُ عَلَيْهِ. وَإِذَا كَانَ مَنْ عَدَا هَؤُلَاءِ فَهُوَ خَاسِرٌ، فَمَعْلُومٌ أَنَّ الْمَعَاصِيَ وَالذُّنُوبَ تُعْمِي بَصِيرَةَ الْقَلْبِ فَلَا يُدْرِكُ الْحَقَّ كَمَا يَنْبَغِي، وَتَضْعُفُ قُوَّتُهُ وَعَزِيمَتُهُ فَلَا يَصْبِرُ عَلَيْهِ، بَلْ قَدْ يَتَوَارَدُ عَلَى الْقَلْبِ حَتَّى
Traduction
---
Les deux qualités – celles-là mêmes par lesquelles Allah, exalté soit-Il, a fait l’éloge de Ses prophètes dans Sa parole : « Et rappelle-toi Nos serviteurs Abraham, Isaac et Jacob, doués de force et de clairvoyance » (Sourate Ṣād, 45).
La force (al-aydī) désigne ici la capacité à mettre en œuvre la vérité, tandis que la clairvoyance (al-abṣār) renvoie à la perspicacité dans la religion. Ainsi, Allah les a décrits comme possédant une pleine compréhension de la vérité et une pleine capacité à l’appliquer. Les hommes se divisent, à cet égard, en quatre catégories, et ceux-là [les prophètes] constituent la plus noble et la plus honorée auprès d’Allah, exalté soit-Il.
La deuxième catégorie est l’opposé de la première : ceux qui n’ont ni perspicacité dans la religion ni force pour appliquer la vérité. Ils forment la majorité de l’humanité et sont « une poussière dans les yeux, une fièvre pour les âmes et une maladie pour les cœurs ». Ils rétrécissent les demeures [de la foi], font monter les prix [des biens spirituels], et l’on ne retire de leur compagnie que honte et déshonneur.
La troisième catégorie regroupe ceux qui ont une claire vision de la vérité et la connaissent, mais sont faibles, dépourvus de la force nécessaire pour la mettre en pratique ou pour y appeler. Tel est l’état du croyant faible, et « le croyant fort est meilleur et plus aimé d’Allah que lui ».
La quatrième catégorie rassemble ceux qui possèdent force, ardeur et détermination, mais dont la perspicacité religieuse est faible. Ils peinent à distinguer entre les alliés du Tout-Miséricordieux et ceux de Satan ; bien plus, ils prennent « toute datte noire pour un fruit mûr et toute blanche pour de la graisse », confondant la tumeur avec la chair et le remède bénéfique avec le poison.
Aucun de ceux-là n’est apte à l’imamat dans la religion, et cette fonction ne convient qu’à la première catégorie. Allah, exalté soit-Il, dit : « Nous avons fait d’eux des guides qui dirigent par Notre ordre, parce qu’ils ont enduré et avaient la certitude de Nos signes » (Sourate As-Sajda, 24). Il nous informe ainsi que c’est par la patience et la certitude qu’ils ont atteint l’imamat dans la religion. Ceux-là sont ceux qu’Allah a exceptés de la masse des perdants, et Il a juré par al-‘Aṣr – ce temps où s’affairent perdants et gagnants – que quiconque en est exclu fait partie des perdants. Il dit, exalté soit-Il : « Par le Temps ! L’homme est certes en perdition, sauf ceux qui croient, accomplissent les bonnes œuvres, s’enjoignent mutuellement la vérité et s’enjoignent mutuellement l’endurance » (Sourate Al-‘Aṣr, 1-3).
Et Il n’a pas jugé suffisant pour eux de connaître la vérité et de patienter dans son application, sans que les uns ne se recommandent mutuellement cette vérité et n’exhortent à sa mise en pratique.
Puisque quiconque en est exclu est perdant, il est évident que les désobéissances et les péchés aveuglent la perspicacité du cœur, l’empêchant de percevoir la vérité comme il se doit, et affaiblissent sa force et sa détermination, si bien qu’il ne peut plus endurer [l’épreuve]. Bien plus, ils peuvent s’accumuler dans le cœur jusqu’à…
---
Si vous souhaitez des ajustements (plus de littéralité, des notes explicatives, etc.), n’hésitez pas à me le préciser.
Page 88
يَنْعَكِسَ إِدْرَاكُهُ كَمَا يَنْعَكِسُ سَيْرُهُ، فَيُدْرِكُ الْبَاطِلَ حَقًّا وَالْحَقَّ بَاطِلًا، وَالْمَعْرُوفَ مُنْكَرًا وَالْمُنْكَرَ مَعْرُوفًا، فَيَنْتَكِسُ فِي سَيْرِهِ وَيَرْجِعُ عَنْ سَفَرِهِ إِلَى اللَّهِ وَالدَّارِ الْآخِرَةِ، إِلَى سَفَرِهِ إِلَى مُسْتَقَرِّ النُّفُوسِ الْمُبْطِلَةِ الَّتِي رَضِيَتْ بِالْحَيَاةِ الدُّنْيَا، وَاطْمَأَنَّتْ بِهَا، وَغَفَلَتْ عَنِ اللَّهِ وَآيَاتِهِ، وَتَرَكَتْ الِاسْتِعْدَادَ لِلِقَائِهِ، وَلَوْ لَمْ يَكُنْ فِي عُقُوبَةِ الذُّنُوبِ إِلَّا هَذِهِ وَحْدَهَا لَكَانَتْ دَاعِيَةً إِلَى تَرْكِهَا وَالْبُعْدِ مِنْهَا، وَاللَّهُ الْمُسْتَعَانُ. وَهَذَا كَمَا أَنَّ الطَّاعَةَ تُنَوِّرُ الْقَلْبَ وَتَجْلُوهُ وَتَصْقُلُهُ، وَتُقَوِّيهِ وَتُثَبِّتُهُ حَتَّى يَصِيرَ كَالْمِرْآةِ الْمَجْلُوَّةِ فِي جَلَائِهَا وَصَفَائِهَا فَيَمْتَلِئَ نُورًا، فَإِذَا دَنَا الشَّيْطَانُ مِنْهُ أَصَابَهُ مِنْ نُورِهِ مَا يُصِيبُ مُسْتَرِقَ السَّمْعِ مِنَ الشُّهُبِ الثَّوَاقِبِ، فَالشَّيْطَانُ يَفْرَقُ مِنْ هَذَا الْقَلْبِ أَشَدَّ مِنْ فَرَقِ الذِّئْبِ مِنَ الْأَسَدِ، حَتَّى إِنَّ صَاحِبَهُ لَيَصْرَعُ الشَّيْطَانَ فَيَخِرُّ صَرِيعًا، فَيَجْتَمِعُ عَلَيْهِ الشَّيَاطِينُ، فَيَقُولُ بَعْضُهُمْ لِبَعْضٍ: مَا شَأْنُهُ؟ فَيُقَالُ: أَصَابَهُ إِنْسِيٌّ، وَبِهِ نَظْرَةٌ مِنَ الْإِنْسِ: فَيَا نَظْرَةً مِنْ قَلْبِ حُرٍّ مُنَوَّرٍ ... يَكَادُ لَهَا الشَّيْطَانُ بِالنُّورِ يُحْرَقُ أَفَيَسْتَوِي هَذَا الْقَلْبُ وَقَلْبٌ مُظْلِمٌ أَرْجَاؤُهُ، مُخْتَلِفَةٌ أَهْوَاؤُهُ، قَدِ اتَّخَذَهُ الشَّيْطَانُ وَطَنَهُ وَأَعَدَّهُ مَسْكَنَهُ، إِذَا تَصَبَّحَ بِطَلْعَتِهِ حَيَّاهُ، وَقَالَ: فَدَيْتُ مَنْ لَا يُفْلِحُ فِي دُنْيَاهُ وَلَا فِي أُخْرَاهُ؟ قَرِينُكَ فِي الدُّنْيَا وَفِي الْحَشْرِ بَعْدَهَا ... فَأَنْتَ قَرِينٌ لِي بِكُلِّ مَكَانِ فَإِنْ كُنْتَ فِي دَارِ الشَّقَاءِ فَإِنَّنِي ... وَأَنْتَ جَمِيعًا فِي شَقَا وَهَوَانِ
قَالَ اللَّهُ تَعَالَى:
وَمَنْ يَعْشُ عَنْ ذِكْرِ الرَّحْمَنِ نُقَيِّضْ لَهُ شَيْطَانًا فَهُوَ لَهُ قَرِينٌ - وَإِنَّهُمْ لَيَصُدُّونَهُمْ عَنِ السَّبِيلِ وَيَحْسَبُونَ أَنَّهُمْ مُهْتَدُونَ - حَتَّى إِذَا جَاءَنَا قَالَ يَالَيْتَ بَيْنِي وَبَيْنَكَ بُعْدَ الْمَشْرِقَيْنِ فَبِئْسَ الْقَرِينُ - وَلَنْ يَنْفَعَكُمُ الْيَوْمَ إِذْ ظَلَمْتُمْ أَنَّكُمْ فِي الْعَذَابِ مُشْتَرِكُونَ
.
فَأَخْبَرَ سُبْحَانَهُ أَنَّ مَنْ عَشِيَ عَنْ ذِكْرِهِ، وَهُوَ كِتَابُهُ الَّذِي أَنْزَلَ عَلَى رَسُولِهِ، فَأَعْرَضَ عَنْهُ، وَعَمِيَ عَنْهُ، وَعَشَتْ بَصِيرَتُهُ عَنْ فَهْمِهِ وَتَدَبُّرِهِ وَمَعْرِفَةِ مُرَادِ اللَّهِ مِنْهُ - قَيَّضَ اللَّهُ لَهُ شَيْطَانًا عُقُوبَةً لَهُ بِإِعْرَاضِهِ عَنْ كِتَابِهِ، فَهُوَ قَرِينُهُ الَّذِي لَا يُفَارِقُهُ فِي الْإِقَامَةِ وَلَا فِي الْمَسِيرِ، وَمَوْلَاهُ وَعَشِيرُهُ الَّذِي هُوَ بِئْسَ الْمَوْلَى وَبِئْسَ الْعَشِيرُ. رَضِيعَا لِبَانِ ثَدْيِ أُمٍّ تَقَاسَمَا ... بِأَسْحَمَ دَاجٍ عَوْضُ لَا نَتَفَرَّقُ
ثُمَّ أَخْبَرَ سُبْحَانَهُ أَنَّ الشَّيْطَانَ يَصُدُّ قَرِينَهُ وَوَلِيَّهُ عَنْ سَبِيلِهِ الْمُوَصِّلِ إِلَيْهِ وَإِلَى جَنَّتِهِ، وَيَحْسَبُ هَذَا الضَّالُّ الْمَصْدُودُ أَنَّهُ عَلَى طَرِيقِ هُدًى، حَتَّى إِذَا جَاءَ الْقَرِينَانِ يَوْمَ الْقِيَامَةِ يَقُولُ أَحَدُهُمَا لِلْآخَرِ:
يَالَيْتَ بَيْنِي وَبَيْنَكَ بُعْدَ الْمَشْرِقَيْنِ فَبِئْسَ الْقَرِينُ
كُنْتَ لِي فِي الدُّنْيَا، أَضْلَلْتَنِي
Traduction
---
Son discernement s’inverse comme s’inverse sa marche, si bien qu’il perçoit le faux comme vrai et le vrai comme faux, le bien comme mal et le mal comme bien. Il s’égare ainsi dans sa voie et rebrousse chemin dans son voyage vers Allah et la Demeure dernière, pour s’engager dans le voyage vers le séjour des âmes égarées, celles qui se sont contentées de la vie d’ici-bas, s’y sont complues, ont négligé Allah et Ses signes, et ont abandonné les préparatifs pour Le rencontrer. Si la punition des péchés ne consistait qu’en cela, elle suffirait à inciter à les délaisser et à s’en éloigner. Et c’est à Allah qu’il faut demander secours.
Cela est comparable au fait que l’obéissance illumine le cœur, le purifie et le polit, le renforce et l’affermit, jusqu’à ce qu’il devienne semblable à un miroir parfaitement poli par sa clarté et sa pureté, et qu’il se remplisse de lumière. Lorsque le diable s’en approche, il est frappé par sa lumière comme l’est l’espion des cieux par les météores fulgurants. Le diable fuit alors ce cœur plus encore que le loup ne fuit le lion, au point que son possesseur terrasse le diable, qui s’effondre vaincu. Les démons se rassemblent alors autour de lui et se disent les uns aux autres : « Qu’a-t-il donc ? » On leur répond : « Un être humain l’a atteint, et il porte en lui un regard de l’humain. »
Ô regard issu d’un cœur noble et illuminé… Le diable en est presque consumé par la lumière.
Peut-on mettre sur le même pied ce cœur et un cœur dont les recoins sont obscurs, dont les désirs sont contradictoires, et que le diable a pris pour demeure et résidence ? Quand il se lève le matin sous son aspect, il le salue et dit : « Puissé-je être sacrifié pour celui qui ne réussit ni dans ce monde ni dans l’au-delà ! » « Tu es mon compagnon en ce monde et lors de la Résurrection qui suivra… Tu es mon compagnon en tout lieu. Si tu es dans la demeure du malheur, alors nous y sommes ensemble, dans le malheur et l’avilissement. »
Allah, exalté soit-Il, a dit : « Et quiconque s’aveugle au rappel du Tout Miséricordieux, Nous lui désignons un démon qui devient son compagnon inséparable. Et ces démons les détournent certes du droit chemin, tandis qu’ils s’estiment bien guidés, jusqu’à ce que, venus auprès de Nous, [l’homme] dira : “Ah ! Si seulement il y avait entre moi et toi la distance des deux Orients !” Quel mauvais compagnon ! Aujourd’hui, il ne vous profitera pas que vous soyez associés dans le châtiment, alors que vous avez été injustes. » (Sourate Az-Zukhruf, versets 36-39).
Allah, glorifié soit-Il, nous informe ainsi que quiconque s’aveugle à Son rappel – c’est-à-dire Son Livre qu’Il a révélé à Son Messager –, s’en détourne, en devient aveugle, et dont la clairvoyance s’obscurcit quant à sa compréhension, sa méditation et la connaissance de ce qu’Allah en attend, Allah lui assigne un démon en punition de son éloignement du Livre. Ce démon devient son compagnon inséparable, qu’il soit sédentaire ou en voyage, son maître et son proche, et quel mauvais maître et quel mauvais proche !
« Comme deux nourrissons du même sein maternel, ils se sont partagé un lait noir et ténébreux, en échange duquel nous ne nous séparerons jamais. »
Puis, Allah, exalté soit-Il, nous informe que le démon détourne son compagnon et protégé du chemin qui mène à Lui et à Son Paradis, tandis que cet égaré, ainsi détourné, croit être sur la voie de la guidance. Jusqu’à ce que, le Jour de la Résurrection, les deux compagnons se présentent et que l’un dise à l’autre : « Ah ! Si seulement il y avait entre moi et toi la distance des deux Orients ! Quel mauvais compagnon ! » Tu as été mon compagnon en ce monde, et tu m’as égaré.
---
Page 89
عَنِ الْهُدَى بَعْدَ إِذْ جَاءَنِي، وَصَدَدْتَنِي عَنِ الْحَقِّ وَأَغْوَيْتَنِي حَتَّى هَلَكْتُ، وَبِئْسَ الْقَرِينُ أَنْتَ لِي الْيَوْمَ. وَلَمَّا كَانَ الْمُصَابُ إِذَا شَارَكَهُ غَيْرُهُ فِي مُصِيبَةٍ، حَصَلَ لَهُ بِالتَّأَسِّي نَوْعُ تَخْفِيفٍ وَتَسْلِيَةٍ، أَخْبَرَ اللَّهُ سُبْحَانَهُ أَنَّ هَذَا غَيْرُ مَوْجُودٍ وَغَيْرُ حَاصِلٍ فِي حَقِّ الْمُشْتَرِكِينَ فِي الْعَذَابِ، وَأَنَّ الْقَرِينَ لَا يَجِدُ رَاحَةً وَلَا أَدْنَى فَرَحٍ بِعَذَابِ قَرِينِهِ مَعَهُ، وَإِنْ كَانَتِ الْمَصَائِبُ فِي الدُّنْيَا إِذَا عَمَّتْ صَارَتْ مَسْلَاةً، كَمَا قَالَتِ الْخَنْسَاءُ فِي أَخِيهَا صَخْرٍ: وَلَوْلَا كَثْرَةُ الْبَاكِينَ حَوْلِي ... عَلَى إِخْوَانِهِمْ لَقَتَلْتُ نَفْسِي وَمَا يَبْكُونَ مِثْلَ أَخِي وَلَكِنْ ... أُعَزِّي النَّفْسَ عَنْهُ بِالتَّأَسِّي
فَمَنَعَ اللَّهُ سُبْحَانَهُ هَذَا الْقَدْرَ مِنَ الرَّاحَةِ عَلَى أَهْلِ النَّارِ فَقَالَ:
وَلَنْ يَنْفَعَكُمُ الْيَوْمَ إِذْ ظَلَمْتُمْ أَنَّكُمْ فِي الْعَذَابِ مُشْتَرِكُونَ
فَصْلٌ الْمَعَاصِي عَدُوٌّ لَدُودٌ
وَمِنْ عُقُوبَاتِهَا: أَنَّهَا مَدَدٌ مِنَ الْإِنْسَانِ يَمُدُّ بِهِ عَدُوَّهُ عَلَيْهِ، وَجَيْشٌ يُقَوِّيهِ بِهِ عَلَى حَرْبِهِ، وَذَلِكَ أَنَّ اللَّهَ سُبْحَانَهُ ابْتَلَى هَذَا الْإِنْسَانَ بِعَدُوٍّ لَا يُفَارِقُهُ طَرْفَةَ عَيْنٍ، وَلَا يَنَامُ مِنْهُ وَلَا يَغْفُلُ عَنْهُ، يَرَاهُ هُوَ وَقَبِيلُهُ مِنْ حَيْثُ لَا يَرَاهُ، يَبْذُلُ جَهْدَهُ فِي مُعَادَاتِهِ فِي كُلِّ حَالٍ، وَلَا يَدَعُ أَمْرًا يَكِيدُهُ بِهِ يَقْدِرُ عَلَى إِيصَالِهِ إِلَيْهِ إِلَّا أَوْصَلَهُ إِلَيْهِ، وَيَسْتَعِينُ عَلَيْهِ بِبَنِي جِنْسِهِ مِنْ شَيَاطِينِ الْجِنِّ، وَغَيْرِهِمْ مِنْ شَيَاطِينِ الْإِنْسِ، فَقَدْ نَصَبَ لَهُ الْحَبَائِلَ، وَبَغَى لَهُ الْغَوَائِلَ، وَمَدَّ حَوْلَهُ الْأَشْرَاكَ، وَنَصَبَ لَهُ الْفِخَاخَ وَالشِّبَاكَ، وَقَالَ لِأَعْوَانِهِ: دُونَكُمْ عَدُوَّكُمْ وَعَدُوَّ أَبِيكُمْ لَا يَفُوتُكُمْ وَلَا يَكُونُ حَظُّهُ الْجَنَّةَ وَحَظُّكُمُ النَّارَ، وَنَصِيبُهُ الرَّحْمَةَ وَنَصِيبُكُمُ اللَّعْنَةَ، وَقَدْ عَلِمْتُمْ أَنَّ مَا جَرَى عَلَيَّ وَعَلَيْكُمْ مِنَ الْخِزْيِ وَالْإِبْعَادِ مِنْ رَحْمَةِ اللَّهِ بِسَبَبِهِ وَمِنْ أَجْلِهِ، فَابْذُلُوا جَهْدَكُمْ أَنْ يَكُونُوا شُرَكَاءَنَا فِي هَذِهِ الْبَلِيَّةِ، إِذْ قَدْ فَاتَنَا شَرِكَةَ صَالِحِيهِمْ فِي الْجَنَّةِ. وَقَدْ أَعْلَمَنَا اللَّهُ سُبْحَانَهُ بِذَلِكَ كُلِّهِ مِنْ عَدُوِّنَا وَأَمَرَنَا أَنْ نَأْخُذَ لَهُ أُهْبَتَهُ وَنُعِدَّ لَهُ عُدَّتَهُ. وَلَمَّا عَلِمَ سُبْحَانَهُ أَنَّ آدَمَ وَبَنِيهِ قَدْ بُلُوا بِهَذَا الْعَدُوِّ وَأَنَّهُ قَدْ سُلِّطَ عَلَيْهِمْ أَمَدَهُمْ بِعَسَاكِرَ وَجُنْدٍ يَلْقَوْنَهُمْ بِهَا، وَأَمَدَّ عَدُوَّهُمْ أَيْضًا بِجُنْدٍ وَعَسَاكِرَ يَلْقَاهُمْ بِهَا، وَأَقَامَ سُوقَ الْجِهَادِ فِي هَذِهِ الدَّارِ فِي مُدَّةِ الْعُمُرِ الَّتِي هِيَ بِالْإِضَافَةِ إِلَى الْآخِرَةِ كَنَفَسٍ وَاحِدٍ مِنْ أَنْفَاسِهَا، وَاشْتَرَى مِنَ الْمُؤْمِنِينَ أَنْفُسَهُمْ وَأَمْوَالَهُمْ بِأَنَّ لَهُمُ الْجَنَّةَ، يُقَاتِلُونَ فِي سَبِيلِ اللَّهِ فَيَقْتُلُونَ وَيُقْتَلُونَ، وَأَخْبَرَ أَنَّ
Traduction
---
Sur l’égarement après que la guidance m’eut atteint, et sur le fait que tu m’as détourné de la vérité et égaré jusqu’à ma perte, et quel mauvais compagnon tu es pour moi aujourd’hui !
Et lorsque le malheur, lorsqu’il est partagé par autrui, apporte à l’affligé une forme d’allègement et de consolation par la compassion, Allah – exalté soit-Il – nous informe que cela n’existe pas et ne se produit pas pour ceux qui partagent le châtiment. Le compagnon ne trouve ni repos ni la moindre joie dans le supplice de son compagnon, même si, dans ce bas monde, les épreuves, lorsqu’elles sont générales, deviennent une consolation, comme l’a dit Al-Khansâ’ au sujet de son frère Sakhr :
Allah – exalté soit-Il – a privé les gens du Feu de ce degré de réconfort, en disant : « Et ce jour-là, il ne vous servira à rien, puisque vous avez été injustes, que vous soyez associés dans le châtiment. » (Sourate Az-Zukhruf, 39)
---
Chapitre : Les péchés sont un ennemi acharné
Les péchés sont un ennemi acharné
Parmi leurs châtiments : ils constituent une force que l’homme fournit à son ennemi contre lui-même, une armée par laquelle il renforce son adversaire dans sa guerre. En effet, Allah – exalté soit-Il – a éprouvé cet homme par un ennemi qui ne le quitte pas un seul instant, qui ne dort ni ne se relâche à son égard, qu’il voit, lui et sa tribu, là où l’homme ne les voit pas. Il déploie tous ses efforts pour lui nuire en toute circonstance, et ne néglige aucun stratagème pour lui porter préjudice, s’aidant pour cela de ses semblables parmi les démons des djinns et d’autres parmi les démons des hommes. Il a tendu ses pièges, ourdi ses ruses, déployé ses filets autour de lui, dressé ses pièges et ses rets, et dit à ses auxiliaires : « À vous votre ennemi et l’ennemi de votre père ! Ne le laissez pas vous échapper, et qu’il n’ait pas pour lot le Paradis tandis que le vôtre est le Feu, sa part la miséricorde et la vôtre la malédiction. Vous savez bien que l’humiliation et l’éloignement de la miséricorde d’Allah qui nous ont frappés, vous et moi, sont à cause de lui et à cause de son fait. Déployez donc tous vos efforts pour qu’ils soient nos associés dans cette épreuve, puisque nous avons manqué leur association avec leurs vertueux au Paradis. »
Allah – exalté soit-Il – nous a informés de tout cela concernant notre ennemi et nous a ordonné de nous préparer à son encontre et de nous munir de ce qui est nécessaire pour le combattre.
Et lorsqu’Il – exalté soit-Il – sut qu’Adam et ses descendants étaient éprouvés par cet ennemi, et que celui-ci avait été autorisé à les combattre avec ses armées et ses troupes, tandis qu’Il renforçait aussi leur ennemi avec des troupes et des armées pour les affronter, Il établit le marché du jihad en cette demeure, durant la durée de la vie, qui, comparée à l’au-delà, n’est qu’un souffle parmi ses souffles. Il acheta des croyants leurs personnes et leurs biens en échange du Paradis, combattant dans le sentier d’Allah, tuant et étant tués. Et Il nous informa que…
---
Page 90
ذَلِكَ وَعْدٌ مُؤَكَّدٌ عَلَيْهِ فِي أَشْرَفِ كُتُبِهِ، وَهِيَ التَّوْرَاةُ وَالْإِنْجِيلُ وَالْقُرْآنُ، وَأَخْبَرَ أَنَّهُ لَا أَوْفَى بِعَهْدِهِ مِنْهُ سُبْحَانَهُ، ثُمَّ أَمَرَهُمْ أَنْ يَسْتَبْشِرُوا بِهَذِهِ الصَّفْقَةِ الَّتِي مَنْ أَرَادَ أَنْ يَعْرِفَ قَدْرَهَا فَلْيَنْظُرْ إِلَى الْمُشْتَرِي مَنْ هُوَ؟ وَإِلَى الثَّمَنِ الْمَبْذُولِ فِي هَذِهِ السِّلْعَةِ، وَإِلَى مَنْ جَرَى عَلَى يَدَيْهِ هَذَا الْعَقْدُ، فَأَيُّ فَوْزٍ أَعْظَمُ مِنْ هَذَا؟ وَأَيُّ تِجَارَةٍ أَرْبَحُ مِنْهُ؟
ثُمَّ أَكَّدَ سُبْحَانَهُ مَعَهُمْ هَذَا الْأَمْرَ بِقَوْلِهِ:
يَاأَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا هَلْ أَدُلُّكُمْ عَلَى تِجَارَةٍ تُنْجِيكُمْ مِنْ عَذَابٍ أَلِيمٍ - تُؤْمِنُونَ بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ وَتُجَاهِدُونَ فِي سَبِيلِ اللَّهِ بِأَمْوَالِكُمْ وَأَنْفُسِكُمْ ذَلِكُمْ خَيْرٌ لَكُمْ إِنْ كُنْتُمْ تَعْلَمُونَ - يَغْفِرْ لَكُمْ ذُنُوبَكُمْ وَيُدْخِلْكُمْ جَنَّاتٍ تَجْرِي مِنْ تَحْتِهَا الْأَنْهَارُ وَمَسَاكِنَ طَيِّبَةً فِي جَنَّاتِ عَدْنٍ ذَلِكَ الْفَوْزُ الْعَظِيمُ - وَأُخْرَى تُحِبُّونَهَا نَصْرٌ مِنَ اللَّهِ وَفَتْحٌ قَرِيبٌ وَبَشِّرِ الْمُؤْمِنِينَ
.
وَلَمْ يُسَلِّطْ سُبْحَانَهُ هَذَا الْعَدُوَّ عَلَى عَبْدِهِ الْمُؤْمِنِ الَّذِي هُوَ أَحَبُّ الْمَخْلُوقَاتِ إِلَيْهِ، إِلَّا لِأَنَّ الْجِهَادَ أَحَبُّ شَيْءٍ إِلَيْهِ، وَأَهْلَهُ أَرْفَعُ الْخَلْقِ عِنْدَهُ دَرَجَاتٍ، وَأَقْرَبُهُمْ إِلَيْهِ وَسِيلَةً، فَعَقَدَ سُبْحَانَهُ لِوَاءَ هَذِهِ الْحَرْبِ لِخُلَاصَةِ مَخْلُوقَاتِهِ، وَهُوَ الْقَلْبُ الَّذِي مَحَلُّ مَعْرِفَتِهِ وَمَحَبَّتِهِ، وَعُبُودِيَّتِهِ وَالْإِخْلَاصِ لَهُ، وَالتَّوَكُّلِ عَلَيْهِ وَالْإِنَابَةِ إِلَيْهِ، فَوَلَّاهُ أَمْرَ هَذِهِ الْحَرْبِ، وَأَيَّدَهُ بِجُنْدٍ مِنَ الْمَلَائِكَةِ لَا يُفَارِقُونَهُ
لَهُ مُعَقِّبَاتٌ مِنْ بَيْنِ يَدَيْهِ وَمِنْ خَلْفِهِ يَحْفَظُونَهُ مِنْ أَمْرِ اللَّهِ
.
يَعْقُبُ بَعْضُهُمْ بَعْضًا، كُلَّمَا ذَهَبَ بَدَلٌ جَاءَ بَدَلٌ آخَرُ يُثَبِّتُونَهُ وَيَأْمُرُونَهُ بِالْخَيْرِ وَيَحُضُّونَهُ عَلَيْهِ، وَيَعِدُونَهُ بِكَرَامَةِ اللَّهِ وَيُصَبِّرُونَهُ، وَيَقُولُونَ: إِنَّمَا هُوَ صَبْرُ سَاعَةٍ وَقَدِ اسْتَرَحْتَ رَاحَةَ الْأَبَدِ. ثُمَّ أَمَدَّهُ سُبْحَانَهُ بِجُنْدٍ آخَرَ مِنْ وَحْيِهِ وَكَلَامِهِ، فَأَرْسَلَ إِلَيْهِ رَسُولَهُ ﷺ وَأَنْزَلَ إِلَيْهِ كِتَابَهُ، فَازْدَادَ قُوَّةً إِلَى قُوتِهِ، وَمَدَدًا إِلَى مَدَدِهِ، وَعُدَّةً إِلَى عُدَّتِهِ، وَأَمَدَّهُ مَعَ ذَلِكَ بِالْعَقْلِ وَزِيرًا لَهُ وَمُدَبِّرًا، وَبِالْمَعْرِفَةِ مُشِيرَةً عَلَيْهِ نَاصِحَةً لَهُ، وَبِالْإِيمَانِ مُثَبِّتًا لَهُ وَمُؤَيِّدًا وَنَاصِرًا، وَبِالْيَقِينِ كَاشِفًا لَهُ عَنْ حَقِيقَةِ الْأَمْرِ، حَتَّى كَأَنَّهُ يُعَايِنُ مَا وَعَدَ اللَّهُ تَعَالَى أَوْلِيَاءَهُ وَحِزْبَهُ عَلَى جِهَادِ أَعْدَائِهِ، فَالْعَقْلُ يُدَبِّرُ أَمْرَ جَيْشِهِ، وَالْمَعْرِفَةُ تَصْنَعُ لَهُ أُمُورَ الْحَرْبِ وَأَسْبَابَهَا وَمَوَاضِعَهَا اللَّائِقَةَ بِهَا، وَالْإِيمَانُ يُثَبِّتُهُ وَيُقَوِّيهِ وَيُصَبِّرُهُ، وَالْيَقِينُ يُقْدِمُ بِهِ وَيَحْمِلُ بِهِ الْحَمَلَاتِ الصَّادِقَةَ. ثُمَّ أَمَدَّ سُبْحَانَهُ الْقَائِمَ بِهَذِهِ الْحَرْبِ بِالْقُوَى الظَّاهِرَةِ وَالْبَاطِنَةِ، فَجَعَلَ الْعَيْنَ طَلِيعَتَهُ، وَالْأُذُنَ صَاحِبَ خَبَرِهِ، وَاللِّسَانَ تُرْجُمَانَهُ، وَالْيَدَيْنِ وَالرِّجْلَيْنِ أَعْوَانَهُ، وَأَقَامَ مَلَائِكَتَهُ وَحَمَلَةَ عَرْشِهِ يَسْتَغْفِرُونَ لَهُ وَيَسْأَلُونَ لَهُ أَنْ يَقِيَهُ السَّيِّئَاتِ وَيُدْخِلَهُ الْجَنَّاتِ، وَتَوَلَّى سُبْحَانَهُ الدَّفْعَ
Traduction
---
Ceci est une promesse confirmée, inscrite dans Ses Livres les plus nobles : la Torah, l’Évangile et le Coran. Il a annoncé qu’Il est le plus fidèle à Son engagement, gloire à Lui. Puis Il leur a ordonné de se réjouir de cette transaction, dont quiconque souhaite en connaître la valeur doit considérer
- Qui est l’Acheteur ? - Quel est le prix consenti pour cette marchandise ? - Et par les mains de qui ce contrat a-t-il été conclu ?
Quel gain plus grand que celui-ci ? Et quel commerce plus profitable ?
Ensuite, le Très-Haut a renforcé cet engagement auprès d’eux par Sa parole :
Le Très-Haut n’a permis à cet ennemi de dominer Son serviteur croyant – qui est la créature la plus aimée auprès de Lui – que parce que le jihad est la chose la plus chère à Son cœur, et que ses pratiquants sont les plus élevés en degrés parmi Ses créatures, les plus proches de Lui en moyen d’accès. Ainsi, le Très-Haut a confié l’étendard de cette guerre à l’élite de Ses créatures : le cœur, siège de Sa connaissance, de Son amour, de Son adoration, de la sincérité envers Lui, de la confiance en Lui et du retour vers Lui. Il lui a confié la direction de cette guerre et l’a soutenu par une armée d’anges qui ne le quittent jamais :
Ils se succèdent les uns aux autres : chaque fois qu’un groupe s’en va, un autre le remplace, le raffermissant, lui ordonnant le bien et l’y exhortant, lui promettant la générosité d’Allah et le consolant, en disant : « Ce n’est qu’une épreuve d’un instant, après quoi tu jouiras d’un repos éternel. »
Puis, le Très-Haut l’a secouru par une autre armée, composée de Sa révélation et de Sa parole. Il lui a envoyé Son Messager (ﷺ) et fait descendre Son Livre, augmentant ainsi sa force, son soutien et ses ressources. Il l’a également assisté par : - l’intellect, comme ministre et stratège ; - la connaissance, comme conseillère bienveillante ; - la foi, comme soutien, renfort et auxiliaire ; - la certitude, lui dévoilant la réalité des choses, au point qu’il semble contempler de ses propres yeux ce qu’Allah a promis à Ses alliés et à Son parti dans le jihad contre Ses ennemis.
Ainsi : - L’intellect dirige l’armée ; - La connaissance prépare les affaires de la guerre, ses moyens et ses positions adaptées ; - La foi le raffermit, le renforce et le rend patient ; - La certitude le pousse à agir et le porte aux assauts décisifs.
Enfin, le Très-Haut a renforcé celui qui mène cette guerre par des forces apparentes et cachées : - Il a fait de l’œil son éclaireur ; - de l’oreille, son informateur ; - de la langue, son interprète ; - des mains et des pieds, ses auxiliaires.
Il a posté Ses anges et les porteurs de Son Trône, qui implorent Son pardon pour lui et Lui demandent de le préserver des maux et de l’introduire dans les Jardins. Et le Très-Haut S’est Lui-même chargé de le protéger.
---
Page 91
وَالدِّفَاعَ عَنْهُ بِنَفْسِهِ وَقَالَ: هَؤُلَاءِ حِزْبِي، وَحِزْبُ اللَّهِ هُمُ الْمُفْلِحُونَ، قَالَ اللَّهُ تَعَالَى:
أُولَئِكَ حِزْبُ اللَّهِ أَلَا إِنَّ حِزْبَ اللَّهِ هُمُ الْمُفْلِحُونَ
.
وَهَؤُلَاءِ جُنْدِي
وَإِنَّ جُنْدَنَا لَهُمُ الْغَالِبُونَ
.
وَعَلَّمَ عِبَادَهُ كَيْفِيَّةَ هَذِهِ الْحَرْبِ وَالْجِهَادِ، فَجَمَعَهَا لَهُمْ فِي أَرْبَعِ كَلِمَاتٍ فَقَالَ:
يَاأَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا اصْبِرُوا وَصَابِرُوا وَرَابِطُوا وَاتَّقُوا اللَّهَ لَعَلَّكُمْ تُفْلِحُونَ
.
وَلَا يَتِمُّ أَمْرُ هَذَا الْجِهَادِ إِلَّا بِهَذِهِ الْأُمُورِ الْأَرْبَعَةِ، فَلَا يَتِمُّ الصَّبْرُ إِلَّا بِمُصَابَرَةِ الْعَدُوِّ، وَهُوَ مُقَاوَمَتُهُ وَمُنَازَلَتُهُ، فَإِذَا صَابَرَ عَدُوَّهُ احْتَاجَ إِلَى أَمْرٍ آخَرَ وَهِيَ الْمُرَابَطَةُ، وَهِيَ لُزُومُ ثَغْرِ الْقَلْبِ وَحِرَاسَتُهُ لِئَلَّا يَدْخُلَ مِنْهُ الْعَدُوُّ، وَلُزُومُ ثَغْرِ الْعَيْنِ وَالْأُذُنِ وَاللِّسَانِ وَالْبَطْنِ وَالْيَدِ وَالرِّجْلِ، فَهَذِهِ الثُّغُورُ يَدْخُلُ مِنْهَا الْعَدُوُّ فَيَجُوسُ خِلَالَ الدِّيَارِ وَيُفْسِدُ مَا قَدَرَ عَلَيْهِ، فَالْمُرَابَطَةُ لُزُومُ هَذِهِ الثُّغُورِ، وَلَا يُخَلِّي مَكَانَهَا فَيُصَادِفَ الْعَدُوُّ الثَّغْرَ خَالِيًا فَيَدْخُلَ مِنْهُ. فَهَؤُلَاءِ أَصْحَابُ رَسُولِ اللَّهِ ﷺ خَيْرُ الْخَلْقِ بَعْدَ النَّبِيِّينَ وَالْمُرْسَلِينَ، وَأَعْظَمُهُمْ حِمَايَةً وَحِرَاسَةً مِنَ الشَّيْطَانِ، وَقَدْ أَخْلَوُا الْمَكَانَ الَّذِي أُمِرُوا بِلُزُومِهِ يَوْمَ أُحُدٍ، فَدَخَلَ مِنْهُ الْعَدُوُّ، فَكَانَ مَا كَانَ. وَجِمَاعُ هَذِهِ الثَّلَاثَةِ وَعَمُودُهَا الَّذِي تَقُومُ بِهِ هُوَ تَقْوَى اللَّهِ تَعَالَى، فَلَا يَنْفَعُ الصَّبْرُ وَلَا الْمُصَابَرَةُ وَلَا الْمُرَابَطَةُ إِلَّا بِالتَّقْوَى، وَلَا تَقُومُ التَّقْوَى إِلَّا عَلَى سَاقِ الصَّبْرِ. الْتِقَاءُ الْجَيْشَيْنِ فَانْظُرِ الْآنَ فِيكَ إِلَى الْتِقَاءِ الْجَيْشَيْنِ، وَاصْطِدَامِ الْعَسْكَرَيْنِ وَكَيْفَ تُدَالُ مَرَّةً، وَيُدَالُ عَلَيْكَ أُخْرَى؟ أَقْبَلَ مَلِكُ الْكَفَرَةِ بِجُنُودِهِ وَعَسَاكِرِهِ، فَوَجَدَ الْقَلْبَ فِي حِصْنِهِ جَالِسًا عَلَى كُرْسِيِّ مَمْلَكَتِهِ، أَمْرُهُ نَافِذٌ فِي أَعْوَانِهِ، وَجُنْدُهُ قَدْ حَفُّوا بِهِ، يُقَاتِلُونَ عَنْهُ وَيُدَافِعُونَ عَنْ حَوْزَتِهِ، فَلَمْ يُمْكِنْهُمُ الْهُجُومُ عَلَيْهِ إِلَّا بِمُخَامَرَةِ بَعْضِ أُمَرَائِهِ وَجُنْدِهِ عَلَيْهِ، فَسَأَلَ عَنْ أَخَصِّ الْجُنْدِ بِهِ وَأَقْرَبِهِمْ مِنْهُ مَنْزِلَةً، فَقِيلَ لَهُ: هِيَ النَّفْسُ، فَقَالَ لِأَعْوَانِهِ: ادْخُلُوا عَلَيْهَا مِنْ مُرَادِهَا، وَانْظُرُوا مَوَاقِعَ مَحَبَّتِهَا وَمَا هُوَ مَحْبُوبُهَا فَعِدُوهَا بِهِ وَمَنُّوهَا إِيَّاهُ وَانْقُشُوا صُورَةَ الْمَحْبُوبِ فِيهَا فِي يَقَظَتِهَا وَمَنَامِهَا، فَإِذَا اطْمَأَنَّتْ إِلَيْهِ وَسَكَنَتْ عِنْدَهُ فَاطْرَحُوا عَلَيْهَا كَلَالِيبَ الشَّهْوَةِ وَخَطَاطِيفَهَا، ثُمَّ جُرُّوهَا بِهَا إِلَيْكُمْ، فَإِذَا خَامَرَتْ عَلَى الْقَلْبِ وَصَارَتْ مَعَكُمْ عَلَيْهِ مَلَكْتُمْ ثَغْرَ الْعَيْنِ وَالْأُذُنِ
Traduction
---
Et il se défendit lui-même en disant : Ceux-ci sont mon parti, et le parti de Dieu, ce sont eux les bienheureux. Dieu le Très-Haut a dit : « Ceux-là sont le parti de Dieu. En vérité, le parti de Dieu, ce sont eux les bienheureux. » [Sourate Al-Mujādala : 22].
Et ceux-ci sont Mon armée : « En vérité, Notre armée sera victorieuse. » [Sourate As-Sāffāt : 173].
Il enseigna à Ses serviteurs la manière de mener ce combat et ce jihād, et Il les résuma pour eux en quatre mots, disant : « Ô vous qui avez cru ! Soyez endurants, rivalisez d’endurance, soyez fermes et craignez Dieu, afin que vous réussissiez. » [Sourate Āl ‘Imrān : 200].
Et cette entreprise de jihād ne s’accomplit que par ces quatre choses. En effet, la patience ne se parfait que par la résistance à l’ennemi, c’est-à-dire en lui faisant face et en le combattant. Lorsque l’on résiste à son ennemi, il faut alors une autre chose : la vigilance (murābaṭa), qui consiste à garder les brèches du cœur et à le protéger pour que l’ennemi n’y pénètre pas, ainsi qu’à surveiller les brèches de l’œil, de l’oreille, de la langue, du ventre, de la main et du pied. Car c’est par ces brèches que l’ennemi s’infiltre, circule parmi les demeures et corrompt tout ce qu’il peut. La vigilance (murābaṭa) consiste donc à garder ces brèches et à ne pas les laisser sans défense, de peur que l’ennemi ne trouve une faille vide et ne s’y engouffre.
Ceux-là sont les Compagnons du Messager de Dieu – que Dieu lui accorde la prière et le salut –, les meilleurs des créatures après les prophètes et les envoyés, et les plus grands dans la protection et la garde contre Satan. Pourtant, ils avaient abandonné la position qu’ils avaient reçue l’ordre de tenir le jour de [la bataille de] Uhud, et c’est par là que l’ennemi pénétra, ce qui advint alors advint.
La synthèse de ces trois éléments et leur pilier, sur lequel ils reposent, est la crainte révérencielle de Dieu le Très-Haut. En effet, ni la patience, ni la résistance, ni la vigilance ne sont profitables sans la piété (taqwā), et la piété ne tient debout que sur la base de la patience.
La rencontre des deux armées : Observe maintenant en toi-même la rencontre des deux armées, le choc des deux camps, et comment la victoire alterne tantôt en ta faveur, tantôt contre toi. Voici que le roi des mécréants s’avance avec ses soldats et ses armées, et trouve le cœur assis dans sa forteresse, sur le trône de son royaume, son autorité s’exerçant sur ses serviteurs, et ses soldats l’entourant, combattant pour lui et défendant son territoire. Ils ne purent l’assaillir qu’en corrompant certains de ses généraux et de ses soldats. Il demanda alors qui était le plus proche de lui parmi ses soldats et celui qui avait le plus haut rang auprès de lui. On lui répondit : « C’est l’âme (nafs). » Il dit alors à ses auxiliaires : « Approchez-vous d’elle par ses désirs, observez les objets de son affection et ce qu’elle aime, promettez-le-lui, faites-lui miroiter cela, et gravez en elle l’image de l’être aimé, en état de veille comme de sommeil. Lorsqu’elle s’y sera attachée et apaisée, jetez-lui les crochets du désir et ses hameçons, puis tirez-la vers vous. Dès lors qu’elle aura trahi le cœur et se sera rangée à vos côtés, vous aurez pris le contrôle des brèches de l’œil et de l’oreille… »
---
Page 92
وَاللِّسَانِ وَالْفَمِ وَالْيَدِ وَالرِّجْلِ، فَرَابِطُوا عَلَى هَذَا الثُّغُورِ كُلَّ الْمُرَابَطَةِ، فَمَتَى دَخَلْتُمْ مِنْهَا إِلَى الْقَلْبِ فَهُوَ قَتِيلٌ أَوْ أَسِيرٌ، أَوْ جَرِيحٌ مُثْخَنٌ بِالْجِرَاحَاتِ، وَلَا تُخْلُوا هَذِهِ الثُّغُورَ، وَلَا تُمَكِّنُوا سَرِيَّةً تَدْخُلُ فِيهَا إِلَى الْقَلْبِ فَتُخْرِجَكُمْ مِنْهَا، وَإِنْ غُلِبْتُمْ فَاجْتَهِدُوا فِي إِضْعَافِ السَّرِيَّةِ وَوَهَنِهَا، حَتَّى لَا تَصِلَ إِلَى الْقَلْبِ، فَإِنْ وَصَلَتْ إِلَيْهِ وَصَلَتْ ضَعِيفَةً لَا تُغْنِي عَنْهُ شَيْئًا. ثَغْرُ الْعَيْنِ فَإِذَا اسْتَوْلَيْتُمْ عَلَى هَذِهِ الثُّغُورِ فَامْنَعُوا ثَغْرَ الْعَيْنِ أَنْ يَكُونَ نَظَرُهُ اعْتِبَارًا، بَلِ اجْعَلُوا نَظَرَهُ تَفَرُّجًا وَاسْتِحْسَانًا وَتَلَهِّيًا، فَإِنِ اسْتَرَقَ نَظَرُهُ عِبْرَةً فَأَفْسِدُوهَا عَلَيْهِ بِنَظَرِ الْغَفْلَةِ وَالِاسْتِحْسَانِ وَالشَّهْوَةِ، فَإِنَّهُ أَقْرَبُ إِلَيْهِ وَأَعْلَقُ بِنَفْسِهِ وَأَخَفُّ عَلَيْهِ، وَدُونَكُمْ ثَغْرَ الْعَيْنِ، فَإِنَّ مِنْهُ تَنَالُونَ بُغْيَتَكُمْ، فَإِنِّي مَا أَفْسَدْتُ بَنِي آدَمَ بِشَيْءٍ مِثْلِ النَّظَرِ، فَإِنِّي أَبْذُرُ بِهِ فِي الْقَلْبِ بَذْرَ الشَّهْوَةِ، ثُمَّ أَسْقِيهِ بِمَاءِ الْأُمْنِيَّةِ، ثُمَّ لَا أَزَالُ أَعِدُهُ وَأُمَنِّيهِ حَتَّى أُقَوِّيَ عَزِيمَتَهُ وَأَقُودَهُ بِزِمَامِ الشَّهْوَةِ إِلَى الِانْخِلَاعِ مِنَ الْعِصْمَةِ، فَلَا تُهْمِلُوا أَمْرَ هَذَا الثَّغْرِ وَأَفْسِدُوهُ بِحَسَبِ اسْتِطَاعَتِكُمْ، وَهَوِّنُوا عَلَيْهِ أَمْرَهُ، وَقُولُوا لَهُ: مِقْدَارُ نَظْرَةٍ تَدْعُوكَ إِلَى تَسْبِيحِ الْخَالِقِ وَالتَّأَمُّلِ لِبَدِيعِ صَنِيعِهِ، وَحُسْنِ هَذِهِ الصُّورَةِ الَّتِي إِنَّمَا خُلِقَتْ لِيَسْتَدِلَّ بِهَا النَّاظِرُ عَلَيْهِ، وَمَا خَلَقَ اللَّهُ لَكَ الْعَيْنَيْنِ سُدًى، وَمَا خَلَقَ اللَّهُ هَذِهِ الصُّورَةَ لِيَحْجُبَهَا عَنِ النَّظَرِ، وَإِنْ ظَفِرْتُمْ بِهِ قَلِيلَ الْعِلْمِ فَاسِدَ الْعَقْلِ، فَقُولُوا لَهُ: هَذِهِ الصُّورَةُ مَظْهَرٌ مِنْ مَظَاهِرِ الْحَقِّ وَمَجْلًى مِنْ مَجَالِيهِ، فَادْعُوهُ إِلَى الْقَوْلِ بِالِاتِّحَادِ، فَإِنْ لَمْ يَقْبَلْ فَالْقَوْلُ بِالْحُلُولِ الْعَامِّ أَوِ الْخَاصِّ، وَلَا تَقْنَعُوا مِنْهُ بِدُونِ ذَلِكَ، فَإِنَّهُ يَصِيرُ بِهِ مِنْ إِخْوَانِ النَّصَارَى، فَمُرُوهُ حِينَئِذٍ بِالْعِفَّةِ وَالصِّيَانَةِ وَالْعِبَادَةِ وَالزُّهْدِ فِي الدُّنْيَا، وَاصْطَادُوا عَلَيْهِ وَبِهِ الْجُهَّالَ، فَهَذَا مِنْ أَقْرَبِ خُلَفَائِي وَأَكْبَرِ جُنْدِي، بَلْ أَنَا مِنْ جُنْدِهِ وَأَعْوَانِهِ.
فَصْلٌ ثَغْرُ الْأُذُنِ
ثُمَّ امْنَعُوا ثَغْرَ الْأُذُنِ أَنْ يُدْخِلَ عَلَيْهِ مَا يُفْسِدُ عَلَيْكُمُ الْأَمْرَ، فَاجْتَهِدُوا أَنْ لَا تُدْخِلُوا مِنْهُ إِلَّا الْبَاطِلَ، فَإِنَّهُ خَفِيفٌ عَلَى النَّفْسِ تَسْتَحْلِيهِ وَتَسْتَحْسِنُهُ، تَخَيَّرُوا لَهُ أَعْذَبَ الْأَلْفَاظِ وَأَسْحَرَهَا لِلْأَلْبَابِ، وَامْزِجُوهُ بِمَا تَهْوَى النَّفْسُ مَزْجًا. وَأَلْقُوا الْكَلِمَةَ فَإِنْ رَأَيْتُمْ مِنْهُ إِصْغَاءً إِلَيْهَا فَزُجُّوهُ بِأَخَوَاتِهَا، وَكُلَّمَا صَادَفْتُمْ مِنْهُ اسْتِحْسَانَ شَيْءٍ فَالْهَجُوا لَهُ بِذِكْرِهِ، وَإِيَّاكُمْ أَنْ يَدْخُلَ مِنْ هَذَا الثَّغْرِ شَيْءٌ مِنْ كَلَامِ اللَّهِ أَوْ كَلَامِ رَسُولِهِ ﷺ أَوْ كَلَامِ النُّصَحَاءِ، فَإِنْ غُلِبْتُمْ عَلَى ذَلِكَ وَدَخَلَ مِنْ ذَلِكَ شَيْءٌ، فَحُولُوا بَيْنَهُ وَبَيْنَ فَهْمِهِ وَتَدَبُّرِهِ وَالتَّفَكُّرِ فِيهِ وَالْعِظَةِ بِهِ، إِمَّا بِإِدْخَالِ ضِدِّهِ عَلَيْهِ، وَإِمَّا بِتَهْوِيلِ ذَلِكَ
Traduction
---
Par la langue, la bouche, la main et le pied : tenez fermement ces passages, avec toute la vigilance requise. Car dès que [l’ennemi] y pénètre pour atteindre le cœur, celui-ci devient soit un tué, soit un captif, soit un blessé accablé de blessures. Ne laissez jamais ces passages sans surveillance, et ne permettez pas à une avant-garde d’y entrer pour vous en déloger. Si vous êtes vaincus, efforcez-vous du moins d’affaiblir cette avant-garde et de la fragiliser, afin qu’elle n’atteigne pas le cœur. Et si elle y parvient, que ce soit dans un état de faiblesse qui ne lui soit d’aucune utilité.
Si vous trouvez en lui un peu de savoir mais un esprit corrompu, dites-lui : « Cette forme est une manifestation parmi les manifestations de la Vérité, un lieu de Sa manifestation. Pousse-le à professer l’union [avec le divin] ; s’il refuse, alors le dogme de l’incarnation générale ou particulière. Ne vous contentez de rien de moins, car il deviendra ainsi l’un des frères des chrétiens. » Ordonnez-lui alors la chasteté, la préservation, le culte et le renoncement au monde. Chassez par son intermédiaire et grâce à lui les ignorants, car il est l’un de mes plus proches lieutenants et de mes plus grands soldats – bien plus, je suis moi-même de ses soldats et de ses auxiliaires.
---
Chapitre : Le passage de l’oreille
Empêchez ensuite le passage de l’oreille d’y laisser entrer ce qui pourrait corrompre votre entreprise. Efforcez-vous de n’y faire pénétrer que le faux, car il est léger pour l’âme, qui le savoure et l’apprécie. Choisissez pour lui les paroles les plus douces et les plus envoûtantes pour les esprits, et mêlez-les à ce que l’âme désire.
Lancez une parole : si vous voyez qu’il y prête l’oreille, enchaînez avec ses sœurs. Chaque fois que vous percevez chez lui l’admiration pour quelque chose, insistez sur son rappel. Gardez-vous de laisser entrer par ce passage quoi que ce soit de la parole de Dieu, de la parole de Son Messager (ﷺ), ou des paroles des vertueux. Si vous êtes vaincus en cela et que quelque chose en pénètre, empêchez-le d’en saisir le sens, d’y réfléchir, d’y méditer ou d’en tirer une exhortation, soit en lui opposant son contraire, soit en exagérant [l’incompréhension] de ce discours.
---
Si vous souhaitez des ajustements (plus de littéralité, des notes explicatives, etc.), je peux affiner la traduction.
Page 93
وَتَعْظِيمِهِ وَأَنَّ هَذَا أَمْرٌ قَدْ حِيلَ بَيْنَ النُّفُوسِ وَبَيْنَهُ فَلَا سَبِيلَ لَهَا إِلَيْهِ، وَهُوَ حِمْلٌ يَثْقُلُ عَلَيْهَا لَا تَسْتَقِلُّ بِهِ، وَنَحْوِ ذَلِكَ، وَإِمَّا بِإِرْخَاصِهِ عَلَى النُّفُوسِ، وَأَنَّ الِاشْتِغَالَ يَنْبَغِي أَنْ يَكُونَ بِمَا هُوَ أَعْلَى عِنْدَ النَّاسِ، وَأَعَزُّ عَلَيْهِمْ، وَأَغْرَبُ عِنْدَهُمْ، وَزُبُونُهُ الْقَابِلُونَ لَهُ أَكْثَرُ، وَأَمَّا الْحَقُّ فَهُوَ مَهْجُورٌ، وَقَائِلُهُ مُعَرِّضٌ نَفْسَهُ لِلْعَدَاوَةِ، وَالرَّابِحُ بَيْنَ النَّاسِ أَوْلَى بِالْإِيثَارِ وَنَحْوِ ذَلِكَ، فَتُدْخِلُونَ الْبَاطِلَ عَلَيْهِ فِي كُلِّ قَالَبٍ يَقْبَلُهُ وَيَخِفُّ عَلَيْهِ، وَتُخْرِجُونَ لَهُ الْحَقَّ فِي كُلِّ قَالَبٍ يَكْرَهُهُ وَيَثْقُلُ عَلَيْهِ.
وَإِذَا شِئْتَ أَنْ تَعْرِفَ ذَلِكَ فَانْظُرْ إِلَى إِخْوَانِهِمْ مِنْ شَيَاطِينِ الْإِنْسِ، كَيْفَ يُخْرِجُونَ الْأَمْرَ بِالْمَعْرُوفِ وَالنَّهْيَ عَنِ الْمُنْكَرِ فِي قَالَبِ كَثْرَةِ الْفُضُولِ، وَتَتَبُّعِ عَثَرَاتِ النَّاسِ، وَالتَّعَرُّضِ مِنَ الْبَلَاءِ لِمَا لَا يُطِيقُ، وَإِلْقَاءِ الْفِتَنِ بَيْنَ النَّاسِ، وَنَحْوِ ذَلِكَ، وَيُخْرِجُونَ اتِّبَاعَ السُّنَّةِ وَوَصْفَ الرَّبِّ تَعَالَى بِمَا وَصَفَ بِهِ نَفْسَهُ وَوَصَفَهُ بِهِ رَسُولُهُ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - فِي قَالَبِ التَّجْسِيمِ وَالتَّشْبِيهِ وَالتَّكْيِيفِ، وَيُسَمُّونَ عُلُوَّ اللَّهِ عَلَى خَلْقِهِ وَاسْتِوَاءَهُ عَلَى عَرْشِهِ وَمُبَايَنَتَهُ لِمَخْلُوقَاتِهِ، تَحَيُّزًا، وَيُسَمُّونَ نُزُولَهُ إِلَى سَمَاءِ الدُّنْيَا، وَقَوْلَهُ: مَنْ يَسْأَلُنِي فَأُعْطِيَهُ، تَحَرُّكًا وَانْتِقَالًا، وَيُسَمُّونَ مَا وَصَفَ بِهِ نَفْسَهُ مِنَ الْيَدِ وَالْوَجْهِ أَعْضَاءَ وَجَوَارِحَ، وَيُسَمُّونَ مَا يَقُومُ بِهِ مِنْ أَفْعَالِهِ حَوَادِثَ، وَمَا يَقُومُ مِنْ صِفَاتِهِ أَعْرَاضًا، ثُمَّ يَتَوَصَّلُونَ إِلَى نَفْيِ مَا وَصَفَ بِهِ نَفْسَهُ بِهَذِهِ الْأُمُورِ، وَيُوهِمُونَ الْأَغْمَارَ وَضُعَفَاءَ الْبَصَائِرِ، أَنَّ إِثْبَاتَ الصِّفَاتِ الَّتِي نَطَقَ بِهَا كِتَابُ اللَّهِ وَسُنَّةُ رَسُولِهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - تَسْتَلْزِمُ هَذِهِ الْأُمُورَ، وَيُخْرِجُونَ هَذَا التَّعْطِيلَ فِي قَالَبِ التَّنْزِيهِ وَالتَّعْظِيمِ، وَأَكْثَرُ النَّاسِ ضُعَفَاءُ الْعُقُولِ يَقْبَلُونَ الشَّيْءَ بِلَفْظٍ وَيَرُدُّونَهُ بِعَيْنِهِ بِلَفْظٍ آخَرَ، قَالَ اللَّهُ تَعَالَى:
وَكَذَلِكَ جَعَلْنَا لِكُلِّ نَبِيٍّ عَدُوًّا شَيَاطِينَ الْإِنْسِ وَالْجِنِّ يُوحِي بَعْضُهُمْ إِلَى بَعْضٍ زُخْرُفَ الْقَوْلِ غُرُورًا
فَسَمَّاهُ زُخْرُفًا، وَهُوَ بَاطِلٌ، لِأَنَّ صَاحِبَهُ يُزَخْرِفُهُ وَيُزَيِّنُهُ مَا اسْتَطَاعَ، وَيُلْقِيهِ إِلَى سَمْعِ الْمَغْرُورِ فَيَغْتَرُّ بِهِ.
وَالْمَقْصُودُ: أَنَّ الشَّيْطَانَ قَدْ لَزِمَ ثَغْرَ الْأُذُنِ، أَنْ يُدْخِلَ فِيهَا مَا يَضُرُّ الْعَبْدَ وَلَا يَنْفَعُهُ، وَيَمْنَعَ أَنْ يَدْخُلَ إِلَيْهَا مَا يَنْفَعُهُ، وَإِنْ دَخَلَ بِغَيْرِ اخْتِيَارِهِ أَفْسَدَهُ عَلَيْهِ.
فَصْلٌ ثَغْرُ اللِّسَانِ
ثُمَّ يَقُولُ: قُومُوا عَلَى ثَغْرِ اللِّسَانِ، فَإِنَّهُ الثَّغْرُ الْأَعْظَمُ، وَهُوَ قُبَالَةُ الْمَلِكِ، فَأَجْرُوا عَلَيْهِ مِنَ الْكَلَامِ مَا يَضُرُّهُ وَلَا يَنْفَعُهُ، وَامْنَعُوهُ أَنْ يَجْرِيَ عَلَيْهِ شَيْءٌ مِمَّا يَنْفَعُهُ: مِنْ ذِكْرِ اللَّهِ
Traduction
---
Et son exaltation – et le fait que cette voie soit rendue inaccessible aux âmes, de sorte qu’elles n’y ont aucun accès, car c’est un fardeau trop lourd pour elles, qu’elles ne peuvent porter seules, et autres arguments semblables – ou bien par son relâchement à l’égard des âmes, en prétendant que l’occupation devrait se porter sur ce qui est considéré comme plus élevé, plus précieux et plus rare aux yeux des gens, tandis que ses adeptes sont plus nombreux. Quant à la vérité, elle est délaissée, et celui qui la professe expose son âme à l’inimitié. Ainsi, ce qui est profitable parmi les hommes est préféré et privilégié, et autres arguments du même genre. Vous introduisez ainsi le faux sous toutes les formes qu’il peut accepter et qui lui sont légères, tandis que vous présentez la vérité sous toutes les formes qu’il déteste et qui lui pèsent.
Si vous souhaitez en avoir la preuve, observez leurs frères parmi les démons des humains : comment ils présentent l’ordre du bien et l’interdiction du mal sous les traits de l’excès de curiosité, de la traque des fautes d’autrui, de l’exposition à des épreuves insupportables, de la semaille de discordes parmi les gens, et autres choses semblables. Ils présentent l’adhésion à la Sunna et la description d’Allah – exalté soit-Il – par ce dont Il S’est Lui-même décrit et par ce dont Son Messager (ﷺ) L’a décrit, sous les traits de l’anthropomorphisme (tajsīm), de la comparaison (tachbīh) et de la détermination des modalités (takyīf). Ils qualifient la suprématie d’Allah sur Sa création, Son établissement sur le Trône et Sa distinction par rapport à Ses créatures de localisation (taḥayyuz). Ils qualifient Sa descente vers le ciel inférieur et Sa parole : « Celui qui Me demande, Je lui donnerai » de mouvement et de déplacement. Ils désignent ce dont Il S’est Lui-même décrit, comme la Main et le Visage, par les termes de membres et d’organes. Ils appellent ce qui relève de Ses actes des accidents (ḥawādith), et ce qui relève de Ses attributs des attributs contingents (aʿrāḍ). Puis, ils en viennent à nier ce dont Il S’est Lui-même décrit, en s’appuyant sur ces arguments, et ils laissent croire aux ignorants et aux faibles d’esprit que l’affirmation des attributs mentionnés par le Livre d’Allah et la Sunna de Son Messager (ﷺ) implique nécessairement ces choses. Ils présentent cette négation (taʿṭīl) sous les apparences de la transcendance (tanzīh) et de l’exaltation. Or, la plupart des gens, dont les intelligences sont faibles, acceptent une chose sous une certaine formulation et la rejettent sous une autre, bien qu’il s’agisse de la même chose. Allah – exalté soit-Il – a dit : « Ainsi, pour chaque prophète, Nous avons assigné des ennemis : des démons parmi les hommes et les djinns, qui s’inspirent mutuellement des paroles enjolivées pour tromper » [Sourate Al-Anʿām : 112]. Il a qualifié ces paroles d’enjolivures (zukhruf), car elles sont fausses, bien que celui qui les profère les embellisse et les pare autant qu’il le peut, avant de les faire parvenir à l’oreille du dupé, qui s’y laisse prendre.
L’objectif est que le diable s’attache à l’ouverture de l’oreille pour y introduire ce qui nuit au serviteur sans lui être profitable, et pour l’empêcher d’y laisser entrer ce qui lui serait bénéfique. Et si, malgré lui, quelque chose de profitable y pénètre, il le corrompt.
---
Chapitre : L’ouverture de la langue
Chapitre
L’ouverture de la langue
Ensuite, il dit : « Occupez-vous de l’ouverture de la langue, car c’est la plus grande des brèches, celle qui fait face au Roi. Faites-y circuler des paroles qui Lui nuisent sans Lui être utiles, et empêchez qu’y circule quoi que ce soit de ce qui Lui est profitable : comme le dhikr d’Allah… »
---
Page 94
تَعَالَى وَاسْتِغْفَارِهِ، وَتِلَاوَةِ كِتَابِهِ، وَنَصِيحَةِ عِبَادِهِ، وَالتَّكَلُّمِ بِالْعِلْمِ النَّافِعِ، وَيَكُونُ لَكُمْ فِي هَذَا الثَّغْرِ أَمْرَانِ عَظِيمَانِ، لَا تُبَالُونَ بِأَيِّهِمَا ظَفِرْتُمْ: أَحَدُهُمَا: التَّكَلُّمُ بِالْبَاطِلِ، فَإِنَّمَا الْمُتَكَلِّمُ بِالْبَاطِلِ أَخٌ مِنْ إِخْوَانِكُمْ، وَمِنْ أَكْبَرِ جُنْدِكِمْ وَأَعْوَانِكِمْ. الثَّانِي: السُّكُوتُ عَنِ الْحَقِّ، فَإِنَّ السَّاكِتَ عَنِ الْحَقِّ أَخٌ لَكُمْ أَخْرَسُ، كَمَا أَنَّ الْأَوَّلَ أَخٌ نَاطِقٌ، وَرُبَّمَا كَانَ الْأَخُ الثَّانِي أَنْفَعَ أَخَوَيْكُمْ لَكُمْ، أَمَا سَمِعْتُمْ قَوْلَ النَّاصِحِ: الْمُتَكَلِّمُ بِالْبَاطِلِ شَيْطَانٌ نَاطِقٌ، وَالسَّاكِتُ عَنِ الْحَقِّ شَيْطَانٌ أَخْرَسُ؟ فَالرِّبَاطَ الرِّبَاطَ عَلَى هَذَا الثَّغْرِ أَنْ يَتَكَلَّمَ بِحَقٍّ أَوْ يُمْسِكَ عَنْ بَاطِلٍ، وَزَيِّنُوا لَهُ التَّكَلُّمَ بِالْبَاطِلِ بِكُلِّ طَرِيقٍ، وَخَوِّفُوهُ مِنَ التَّكَلُّمِ بِالْحَقِّ بِكُلِّ طَرِيقٍ. وَاعْلَمُوا يَا بَنِيَّ أَنَّ ثَغْرَ اللِّسَانِ هُوَ الَّذِي أُهْلِكُ مِنْهُ بَنِي آدَمَ، وَأَكُبُّهُمْ مِنْهُ عَلَى مَنَاخِرِهِمْ فِي النَّارِ، فَكَمْ لِي مِنْ قَتِيلٍ وَأَسِيرٍ وَجَرِيحٍ أَخَذْتُهُ مِنْ هَذَا الثَّغْرِ؟
وَأُوصِيكُمْ بِوَصِيَّةٍ فَاحْفَظُوهَا: لِيَنْطِقْ أَحَدُكُمْ عَلَى لِسَانِ أَخِيهِ مِنَ الْإِنْسِ بِالْكَلِمَةِ، وَيَكُونُ الْآخَرُ عَلَى لِسَانِ السَّامِعِ فَيَنْطِقُ بِاسْتِحْسَانِهَا وَتَعْظِيمِهَا وَالتَّعَجُّبِ مِنْهَا وَيَطْلُبُ مِنْ أَخِيهِ إِعَادَتَهَا، وَكُونُوا أَعْوَانًا عَلَى الْإِنْسِ بِكُلِّ طَرِيقٍ، وَادْخُلُوا عَلَيْهِمْ مِنْ كُلِّ بَابٍ، وَاقْعُدُوا لَهُمْ كُلَّ مَرْصَدٍ، أَمَا سَمِعْتُمْ قَسَمِي الَّذِي أَقْسَمْتُ بِهِ لِرَبِّهِمْ حَيْثُ قُلْتُ:
فَبِمَا أَغْوَيْتَنِي لَأَقْعُدَنَّ لَهُمْ صِرَاطَكَ الْمُسْتَقِيمَ - ثُمَّ لَآتِيَنَّهُمْ مِنْ بَيْنِ أَيْدِيهِمْ وَمِنْ خَلْفِهِمْ وَعَنْ أَيْمَانِهِمْ وَعَنْ شَمَائِلِهِمْ وَلَا تَجِدُ أَكْثَرَهُمْ شَاكِرِينَ
.
أَوَمَا تَرَوْنِي قَدْ قَعَدْتُ لِابْنِ آدَمَ بِطُرُقِهِ كُلِّهَا، فَلَا يَفُوتُنِي مِنْ طَرِيقٍ إِلَّا قَعَدْتُ لَهُ بِطَرِيقٍ غَيْرِهِ، حَتَّى أُصِيبَ مِنْهُ حَاجَتِي أَوْ بَعْضَهَا؟ وَقَدْ حَذَّرَهُمْ ذَلِكَ رَسُولُهُمْ ﷺ وَقَالَ لَهُمْ: «إِنَّ الشَّيْطَانَ قَدْ قَعَدَ لِابْنِ آدَمَ بِطُرُقِهِ كُلِّهَا، وَقَعَدَ لَهُ بِطَرِيقِ الْإِسْلَامِ، فَقَالَ لَهُ: أَتُسْلِمُ وَتَذَرُ دِينَكَ وَدِينَ آبَائِكَ؟ فَخَالَفَهُ وَأَسْلَمَ، فَقَعَدَ لَهُ بِطَرِيقِ الْهِجْرَةِ، فَقَالَ: أَتُهَاجِرُ وَتَذَرُ أَرْضَكَ وَسَمَاءَكَ؟ فَخَالَفَهُ وَهَاجَرَ، فَقَعَدَ لَهُ بِطَرِيقِ الْجِهَادِ، فَقَالَ: أَتُجَاهِدُ فَتُقْتَلَ فَيُقَسَّمَ الْمَالُ وَتُنْكَحَ الزَّوْجَةُ؟»
فَكَهَذَا فَاقْعُدُوا لَهُمْ بِكُلِّ طُرُقِ الْخَيْرِ، فَإِذَا أَرَادَ أَحَدُهُمْ أَنْ يَتَصَدَّقَ فَاقْعُدُوا لَهُ عَلَى طَرِيقِ الصَّدَقَةِ، وَقُولُوا لَهُ فِي نَفْسِهِ: أَتُخْرِجُ الْمَالَ فَتَبْقَى مِثْلَ هَذَا السَّائِلِ وَتَصِيرَ بِمَنْزِلَتِهِ أَنْتَ وَهُوَ سَوَاءٌ؟ أَوَمَا سَمِعْتُمْ مَا أَلْقَيْتُ عَلَى لِسَانِ رَجُلٍ سَأَلَهُ آخَرُ أَنْ يَتَصَدَّقَ عَلَيْهِ، قَالَ: هِيَ أَمْوَالُنَا إِذَا أَعْطَيْنَاكُمُوهَا صِرْنَا مِثْلَكُمْ.
Traduction
---
Que Dieu soit exalté par Son invocation, Son pardon, la récitation de Son Livre, le conseil à Ses serviteurs, et la parole de la science utile. En ce passage (litt. : thaghr), deux affaires considérables vous sont présentées, et peu vous importe par laquelle vous triompherez :
La première : parler par le faux, car celui qui parle par le faux est un frère parmi vos frères, l’un des plus grands soldats et auxiliaires à votre service.
La seconde : garder le silence sur la vérité, car celui qui se tait sur la vérité est pour vous un frère muet, tout comme le premier est un frère parlant. Et il se peut que ce second frère vous soit plus utile que les deux autres. N’avez-vous pas entendu la parole du conseiller : « Celui qui parle par le faux est un démon parlant, et celui qui se tait sur la vérité est un démon muet » ?
Soyez donc vigilants, soyez vigilants en ce passage : qu’on y parle avec vérité ou qu’on s’abstienne du faux. Embellissez à ses yeux le fait de parler par le faux par tous les moyens, et effrayez-le de parler avec vérité par tous les moyens.
Sachez, ô mes enfants, que le passage de la langue est celui par lequel les fils d’Adam ont été perdus, et c’est par lui que la plupart d’entre eux sont précipités face contre terre dans le Feu. Combien de tués, de captifs et de blessés ai-je pris par ce passage ?
Je vous recommande une recommandation, retenez-la bien : que l’un de vous parle par la langue de son frère parmi les humains avec une parole, et que l’autre, par la langue de l’auditeur, en fasse l’éloge, la magnifie, s’en émerveille et demande à son frère de la répéter. Soyez des auxiliaires pour les humains par tous les moyens, entrez auprès d’eux par toutes les portes, et attendez-les à chaque poste d’observation. N’avez-vous pas entendu mon serment que j’ai prêté à leur Seigneur, lorsque j’ai dit : « Puisque Tu m’as égaré, je m’assiérai pour eux sur Ton droit chemin. Puis je les assaillirai par-devant, par-derrière, par la droite et par la gauche, et Tu ne trouveras pas la plupart d’entre eux reconnaissants » [Sourate Al-A‘râf, 16-17] ?
Ne voyez-vous pas que je me suis assis pour le fils d’Adam sur toutes ses voies, de sorte qu’il ne m’échappe par aucune voie sans que je m’assoie pour lui sur une autre, jusqu’à ce que j’obtienne de lui ce que je veux ou une partie de ce que je veux ? Leur Prophète – que Dieu le bénisse et lui accorde la paix – les a mis en garde contre cela et leur a dit : « Certes, le diable s’est assis pour le fils d’Adam sur toutes ses voies. Il s’est assis pour lui sur la voie de l’Islam et lui a dit : “Vas-tu embrasser l’Islam et abandonner ta religion et la religion de tes pères ?” Mais il lui a désobéi et a embrassé l’Islam. Puis il s’est assis pour lui sur la voie de l’émigration (hijra) et lui a dit : “Vas-tu émigrer et abandonner ta terre et ton ciel ?” Mais il lui a désobéi et a émigré. Puis il s’est assis pour lui sur la voie du jihad et lui a dit : “Vas-tu combattre et te faire tuer, de sorte que tes biens soient partagés et que ta femme soit épousée ?” »
Agissez donc de même : asseyez-vous pour eux sur toutes les voies du bien. Lorsqu’un d’entre eux veut faire l’aumône, asseyez-vous pour lui sur la voie de la charité et dites-lui en son for intérieur : « Vas-tu donner ton argent et rester comme ce mendiant, devenant ainsi son égal, toi et lui ? » N’avez-vous pas entendu ce que j’ai glissé sur la langue d’un homme à qui un autre demandait l’aumône ? Il a dit : « Ce sont nos biens ; si nous vous les donnons, nous deviendrons comme vous. »
---
Si vous souhaitez des ajustements (par exemple, une traduction plus littérale de certains termes ou un style encore plus classique), n'hésitez pas à me le préciser.
Page 95
وَاقْعُدُوا لَهُ بِطَرِيقِ الْحَجِّ، فَقُولُوا: طَرِيقُهُ مَخُوفَةٌ مُشِقَّةٌ، يَتَعَرَّضُ سَالِكُهَا لِتَلَفِ النَّفْسِ وَالْمَالِ، وَهَكَذَا فَاقْعُدُوا لَهُ عَلَى سَائِرِ طُرُقٍ الْخَيْرِ بِالتَّنْفِيرِ عَنْهَا وَذِكْرِ صُعُوبَتِهَا وَآفَاتِهَا، ثُمَّ اقْعُدُوا لَهُمْ عَلَى طُرُقِ الْمَعَاصِي فَحَسِّنُوهَا فِي أَعْيُنِ بَنِي آدَمَ، وَزَيِّنُوهَا فِي قُلُوبِهِمْ، وَاجْعَلُوا أَكْثَرَ أَعْوَانِكِمْ عَلَى ذَلِكَ النِّسَاءَ، فَمِنْ أَبْوَابِهِنَّ فَادْخُلُوا عَلَيْهِمْ، فَنِعْمَ الْعَوْنُ هُنَّ لَكُمْ. ثُمَّ الْزَمُوا ثَغْرَ الْيَدَيْنِ وَالرِّجْلَيْنِ، فَامْنَعُوهَا أَنْ تَبْطِشَ بِمَا يَضُرُّكُمْ وَتَمْشِي فِيهِ. النَّفْسُ الْأَمَّارَةُ وَاعْلَمُوا أَنَّ أَكْبَرَ أَعْوَانِكُمْ عَلَى لُزُومِ هَذِهِ الثُّغُورِ مُصَالَحَةُ النَّفْسِ الْأَمَّارَةِ، فَأَعْيُوهَا وَاسْتَعِينُوا بِهَا، وَأَمِدُّوهَا وَاسْتَمِدُّوا مِنْهَا، وَكُونُوا مَعَهَا عَلَى حَرْبِ النَّفْسِ الْمُطْمَئِنَّةِ، فَاجْتَهِدُوا فِي كَسْرِهَا وَإِبْطَالِ قُوَاهَا، وَلَا سَبِيلَ إِلَى ذَلِكَ إِلَّا بِقَطْعِ مَوَادِّهَا عَنْهَا، فَإِذَا انْقَطَعَتْ مَوَادُّهَا وَقَوِيَتْ مَوَادُّ النَّفْسِ الْأَمَّارَةِ، وَانْطَاعَتْ لَكُمْ أَعْوَانُهَا، فَاسْتَنْزِلُوا الْقَلْبَ مِنْ حِصْنِهِ، وَاعْزِلُوهُ عَنْ مَمْلَكَتِهِ، وَوَلُّوا مَكَانَهُ النَّفْسَ الْأَمَّارَةَ، فَإِنَّهَا لَا تَأْمُرُ إِلَّا بِمَا تَهْوَوْنَهُ وَتُحِبُّونَهُ، وَلَا تَجِيئُكُمْ بِمَا تَكْرَهُونَهُ أَلْبَتَّةَ، مَعَ أَنَّهَا لَا تُخَالِفُكُمْ فِي شَيْءٍ تُشِيرُونَ بِهِ عَلَيْهَا، بَلْ إِذَا أَشَرْتُمْ عَلَيْهَا بِشَيْءٍ بَادَرَتْ إِلَى فِعْلِهِ، فَإِنْ أَحْسَسْتُمْ مِنَ الْقَلْبِ مُنَازَعَةً إِلَى مَمْلَكَتِهِ، وَأَرَدْتُمُ الْأَمْنَ مِنْ ذَلِكَ، فَاعْقِدُوا بَيْنَهُ وَبَيْنَ النَّفْسِ عَقْدَ النِّكَاحِ، فَزَيِّنُوهَا وَجَمِّلُوهَا، وَأَرُوهَا إِيَّاهُ فِي أَحْسَنِ صُورَةِ عَرُوسٍ تُوجَدُ، وَقُولُوا لَهُ ذُقْ طَعْمَ هَذَا الْوِصَالِ وَالتَّمَتُّعِ بِهَذِهِ الْعَرُوسِ كَمَا ذُقْتَ طَعْمَ الْحَرْبِ، وَبَاشَرْتَ مَرَارَةَ الطَّعْنِ وَالضَّرْبِ، ثُمَّ وَازِنْ بَيْنَ لَذَّةِ هَذِهِ الْمَسْأَلَةِ، وَمَرَارَةِ تِلْكَ الْمُحَارَبَةِ، فَدَعِ الْحَرْبَ تَضَعُ أَوْزَارَهَا، فَلَيْسَتْ بِيَوْمٍ وَتَنْقَضِي، وَإِنَّمَا هُوَ حَرْبٌ مُتَّصِلٌ بِالْمَوْتِ، وَقُوَاكَ تَضْعُفُ عَنْ حَرْبٍ دَائِمٍ. وَاسْتَعِينُوا يَا بَنِيَّ بِجُنْدَيْنِ عَظِيمَيْنِ لَنْ تُغْلَبُوا مَعَهُمَا: أَحَدُهُمَا: جُنْدُ الْغَفْلَةِ، فَأَغْفِلُوا قُلُوبَ بَنِي آدَمَ عَنِ اللَّهِ تَعَالَى وَالدَّارِ الْآخِرَةِ بِكُلِّ طَرِيقٍ، فَلَيْسَ لَكُمْ شَيْءٌ أَبْلَغَ فِي تَحْصِيلِ غَرَضِكِمْ مِنْ ذَلِكَ، فَإِنَّ الْقَلْبَ إِذَا غَفَلَ عَنِ اللَّهِ تَعَالَى تَمَكَّنْتُمْ مِنْهُ وَمِنْ إِغْوَائِهِ. الثَّانِي: جُنْدُ الشَّهَوَاتِ، فَزَيِّنُوهَا فِي قُلُوبِهِمْ، وَحَسِّنُوهَا فِي أَعْيُنِهِمْ، وَصُولُوا عَلَيْهِمْ بِهَذَيْنِ الْعَسْكَرَيْنِ، فَلَيْسَ لَكُمْ فِي بَنِي آدَمَ أَبْلَغُ مِنْهُمَا، وَاسْتَعِينُوا عَلَى الْغَفْلَةِ بِالشَّهَوَاتِ، وَعَلَى الشَّهَوَاتِ بِالْغَفْلَةِ، وَاقْرِنُوا بَيْنَ الْغَافِلِينَ، ثُمَّ اسْتَعِينُوا بِهِمَا عَلَى الذَّاكِرِ، وَلَا يَغْلِبُ وَاحِدٌ خَمْسَةً، فَإِنَّ مَعَ الْغَافِلَيْنِ شَيْطَانَيْنِ صَارُوا أَرْبَعَةً، وَشَيْطَانُ الذَّاكِرِ مَعَهُمْ، وَإِذَا رَأَيْتُمْ جَمَاعَةً مُجْتَمِعِينَ عَلَى مَا يَضُرُّكُمْ - مِنْ ذِكْرِ اللَّهِ وَمُذَاكَرَةِ أَمْرِهِ وَنَهْيِهِ وَدِينِهِ، وَلَمْ تَقْدِرُوا عَلَى تَفْرِيقِهِمْ - فَاسْتَعِينُوا عَلَيْهِمْ بِبَنِي جِنْسِهِمْ مِنَ الْإِنْسِ الْبَطَّالِينَ، فَقَرِّبُوهُمْ مِنْهُمْ، وَشَوِّشُوا عَلَيْهِمْ بِهِمْ،
Traduction
---
Asseyez-vous sur le chemin du pèlerinage et dites : « Ce chemin est périlleux et éprouvant ; celui qui l’emprunte s’expose à la perte de sa vie et de ses biens. » Agissez de même sur toutes les voies du bien : découragez-en les gens en évoquant leurs difficultés et leurs dangers. Puis, placez-vous sur les chemins des désobéissances, embellissez-les à leurs yeux et parez-les dans leurs cœurs. Faites des femmes vos principaux auxiliaires en cette entreprise : approchez-vous d’elles par toutes les portes, car elles sont pour vous d’excellents soutiens.
Surveillez les brèches des mains et des pieds : empêchez-les de frapper ce qui vous nuit et de marcher vers ce qui vous dessert.
L’âme qui incite au mal
Sachez que votre plus grand allié pour garder ces brèches est de pactiser avec l’âme incitatrice au mal (an-nafs al-ammāra). Soutenez-la, sollicitez son aide, renforcez-la et puisez en elle. Faites-en une alliée contre l’âme apaisée (an-nafs al-muṭma’inna) : efforcez-vous de la briser et d’anéantir ses forces. Il n’y a d’autre moyen pour cela que de couper ses ressources. Lorsque ses sources seront taries, que les ressources de l’âme incitatrice au mal se seront affermies et que ses auxiliaires se seront ralliés à vous, faites descendre le cœur de sa forteresse, destituez-le de son royaume et installez à sa place l’âme incitatrice au mal. Car elle n’ordonne que ce que vous désirez et aimez, et ne vous apporte jamais ce que vous détestez. Mieux encore, elle ne contredit jamais ce que vous lui suggérez ; au contraire, dès que vous lui indiquez quelque chose, elle s’empresse de l’accomplir.
Si vous sentez que le cœur cherche à reconquérir son royaume et que vous souhaitez vous prémunir contre cela, liez-le à l’âme par un contrat de mariage : parez-la, embellissez-la et montrez-la-lui sous les traits de la plus ravissante des épouses. Dites-lui : « Goûte le plaisir de cette union et la jouissance de cette épouse, comme tu as goûté l’amertume de la guerre et enduré la rudesse des coups et des blessures. » Puis, mets en balance le délice de cette situation et l’amertume de ce combat. Laisse la guerre déposer ses fardeaux, car elle n’est pas un jour qui s’achève, mais une lutte incessante jusqu’à la mort, et tes forces s’épuisent face à une guerre sans fin.
Mes enfants, appuyez-vous sur deux armées invincibles
La première est l’armée de l’insouciance : plongez les cœurs des fils d’Adam dans l’oubli d’Allah – exalté soit-Il – et de la Demeure dernière, par tous les moyens. Rien ne sert mieux vos desseins que cela, car lorsque le cœur oublie Allah, vous en prenez le contrôle et le séduisez aisément.
La seconde est l’armée des passions : parez-les dans leurs cœurs et embellissez-les à leurs yeux. Lancez contre eux ces deux armées, car rien n’est plus efficace auprès des fils d’Adam. Servez-vous des passions pour entretenir l’insouciance, et de l’insouciance pour attiser les passions. Rassemblez les insouciants, puis utilisez ces deux armes contre celui qui se souvient. « Un seul ne peut l’emporter contre cinq » : avec les deux insouciants se trouvent deux démons, ce qui fait quatre, et le démon du rappel est avec eux.
Si vous voyez un groupe réuni pour ce qui vous nuit – comme le rappel d’Allah, l’évocation de Ses ordres et de Ses interdits, ou de Sa religion – et que vous ne pouvez les disperser, faites appel à leurs semblables parmi les hommes oisifs. Rapprochez ceux-ci d’eux et semez le trouble parmi eux par leur intermédiaire.
---