Le mal et le remède
Remèdes et guérison spirituelle
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الْآثَارِ الْمَرْفُوعَةِ: " «إِذَا أَتَتِ الْمَرْأَةُ الْمَرْأَةَ فَهُمَا زَانِيَتَانِ» " وَلَكِنْ لَا يَجِبُ الْحَدُّ بِذَلِكَ، لِعَدَمِ الْإِيلَاجِ، وَإِنْ أُطْلِقَ عَلَيْهِمَا اسْمُ الزِّنَى الْعَامُّ، كَزِنَى الْعَيْنِ وَالْيَدِ وَالرِّجْلِ وَالْفَمِ.
وَإِذَا ثَبَتَ هَذَا: فَأَجْمَعَ الْمُسْلِمُونَ عَلَى أَنَّ حُكْمَ التَّلَوُّطِ مَعَ الْمَمْلُوكِ كَحُكْمِهِ مَعَ غَيْرِهِ، وَمَنْ ظَنَّ أَنَّ تَلَوُّطَ الْإِنْسَانِ بِمَمْلُوكِهِ جَائِزٌ، وَاحْتَجَّ عَلَى ذَلِكَ بِقَوْلِهِ تَعَالَى:
إِلَّا عَلَى أَزْوَاجِهِمْ أَوْ مَا مَلَكَتْ أَيْمَانُهُمْ فَإِنَّهُمْ غَيْرُ مَلُومِينَ
.
وَقَاسَ ذَلِكَ عَلَى أَمَتِهِ الْمَمْلُوكَةِ فَهُوَ كَافِرٌ، يُسْتَتَابُ كَمَا يُسْتَتَابُ الْمُرْتَدُّ، فَإِنْ تَابَ وَإِلَّا ضُرِبَتْ عُنُقُهُ، وَتَلَوُّطُ الْإِنْسَانِ بِمَمْلُوكِهِ كَتَلَوُّطِهِ بِمَمْلُوكِ غَيْرِهِ فِي الْإِثْمِ وَالْحُكْمِ.
فَصْلُ دَوَاءِ اللِّوَاطِ
فَصْلُ دَوَاءِ اللِّوَاطِ فَإِنْ قِيلَ: فَهَلْ مَعَ هَذَا كُلِّهِ دَوَاءٌ لِهَذَا الدَّاءِ الْعُضَالِ؟ وَرُقْيَةٌ لِهَذَا السِّحْرِ الْقَتَّالِ؟ وَمَا الِاحْتِيَالُ لِدَفْعِ هَذَا الْخَبَالِ؟ وَهَلْ مِنْ طَرِيقٍ قَاصِدٍ إِلَى التَّوْفِيقِ؟ وَهَلْ يُمْكِنُ السَّكْرَانَ بِخَمْرِ الْهَوَى أَنْ يُفِيقَ؟ وَهَلْ يَمْلِكُ الْعَاشِقُ قَلْبَهُ وَالْعِشْقُ قَدْ وَصَلَ إِلَى سُوَيْدَائِهِ؟ وَهَلْ لِلطَّبِيبِ بَعْدَ ذَلِكَ حِيلَةٌ فِي بُرْئِهِ مِنْ سُوَيْدَائِهِ؟ وَإِنْ لَامَهُ لَائِمٌ الْتَذَّ بِمَلَامِهِ ذِكْرًا لِمَحْبُوبِهِ، وَإِنْ عَذَلَهُ عَاذِلٌ أَغْرَاهُ عَذْلُهُ، وَسَارَ بِهِ فِي طَرِيقِ مَطْلُوبِهِ، يُنَادِي عَلَيْهِ شَاهِدُ حَالِهِ بِلِسَانِ مَقَالِهِ: وَقَفَ الْهَوَى بِي حَيْثُ أَنْتِ فَلَيْسَ ... لِي مُتَأَخَّرٌ عَنْهُ وَلَا مُتَقَدَّمُ وَأَهَنْتِنِي فَأَهَنْتُ نَفْسِي جَاهِدًا ... مَا مَنْ يَهُونُ عَلَيْكِ مِمَّنْ يُكْرَمُ أَشْبَهْتِ أَعْدَائِي فَصِرْتُ أُحِبُّهُمْ ... إِذْ كَانَ حَظِّي مِنْكِ حَظِّي مِنْهُمْ أَجِدُ الْمَلَامَةَ فِي هَوَاكِ لَذِيذَةً ... حُبًّا لِذِكْرِكِ فَلْيَلُمْنِي اللُّوَّمُ وَلَعَلَّ هَذَا هُوَ الْمَقْصُودُ بِالسُّؤَالِ الْأَوَّلِ الَّذِي وَقَعَ عَلَيْهِ الِاسْتِفْتَاءُ، وَالدَّاءُ الَّذِي طَلَبَ لَهُ الدَّوَاءَ.
قِيلَ: نَعَمْ، الْجَوَابُ مِنْ رَأْسٍ: " «مَا أَنْزَلَ اللَّهُ سُبْحَانَهُ مِنْ دَاءٍ إِلَّا جَعَلَ لَهُ دَوَاءً،» عَلِمَهُ مَنْ عَلِمَهُ وَجَهِلَهُ مَنْ جَهِلَهُ ".
وَالْكَلَامُ فِي دَوَاءِ دَاءِ تَعَلُّقِ الْقَلْبِ بِالْمَحَبَّةِ الْهَوَائِيَّةِ مِنْ طَرِيقَيْنِ: أَحَدُهُمَا: حَسْمُ مَادَّتِهِ قَبْلَ حُصُولِهَا.
Traduction
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Les hadiths marfū‘ (attribués au Prophète)
« Lorsque la femme s’approche d’une autre femme, elles sont toutes deux des fornicatrices. »
Cependant, la peine légale (ḥadd) ne s’applique pas dans ce cas, en raison de l’absence de pénétration, bien que l’on puisse leur appliquer le nom général de zinā (fornication/adultère), comme pour la fornication de l’œil, de la main, du pied ou de la bouche.
Une fois cela établi, les musulmans sont unanimes sur le fait que le jugement relatif à la sodomie (tawalluṭ) avec un esclave (mamlūk) est identique à celui qui s’applique avec un autre individu. Quiconque croit que la sodomie avec son propre esclave est licite, en s’appuyant sur le verset coranique : { Sauf avec leurs épouses ou ce que leurs mains droites possèdent, car alors ils ne sont pas blâmables } [Sourate Al-Ma‘ārij : 30], et qui assimile cela à sa servante esclave, est un mécréant (kāfir). Il doit être appelé à la repentance (yustatāb) comme on le fait pour l’apostat (murtadd). S’il se repent, [il est pardonné] ; sinon, on lui tranche le cou. La sodomie avec son propre esclave est, en termes de péché et de jugement, identique à la sodomie avec l’esclave d’autrui.
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Chapitre : Le remède à la sodomie
Si l’on demande : existe-t-il, malgré tout cela, un remède à ce mal incurable ? Une incantation (ruqya) contre ce sort mortel ? Quel stratagème pour repousser cette corruption ? Existe-t-il une voie directe vers la réussite (tawfīq) ? Le ivre de la passion amoureuse (khamr al-hawā) peut-il reprendre ses esprits ? L’amant peut-il maîtriser son cœur alors que l’amour a atteint la moelle de son être (suwaydā’ihi) ? Le médecin a-t-il encore un moyen de le guérir de cette affection profonde ? Même si un blâmeur le réprimande, il se délectera de ce blâme, car il lui rappelle son bien-aimé. Et si un censeur le critique, sa réprimande ne fera qu’attiser son ardeur, le poussant plus avant sur le chemin de son désir. Son état même proclame, par la voix de ses paroles :
« L’amour s’est arrêté pour moi là où tu es, Je n’ai ni recul ni avance par rapport à lui. Tu m’as humilié, alors j’ai humilié mon âme, bien que je lutte : Qui t’est indifférent ne saurait être honoré. Tu ressembles à mes ennemis, aussi ai-je fini par les aimer, Car ma part de toi est semblable à ma part d’eux. Je trouve délicieuse la réprimande dans ton amour, Par amour pour ton souvenir ; que les blâmeurs me blâment donc ! »
Peut-être est-ce là le véritable objet de la première question posée dans cette consultation (istiftā’), et le mal pour lequel on cherche un remède.
On répond : Oui, la réponse est catégorique :
« Allah – qu’Il soit glorifié – n’a fait descendre aucune maladie sans y associer un remède, connu de qui le connaît et ignoré de qui l’ignore. »
Le traitement du mal que constitue l’attachement du cœur à un amour passionnel (maḥabba hawā’iyya) peut être abordé de deux manières :
1. Couper la source du mal avant qu’il ne survienne.
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وَالثَّانِي: قَلْعُهَا بَعْدَ نُزُولِهِ، وَكِلَاهُمَا يَسِيرٌ عَلَى مَنْ يَسَّرَهُ اللَّهُ عَلَيْهِ، وَمُتَعَذِّرٌ عَلَى مَنْ لَمْ يُعِنْهُ اللَّهُ، فَإِنَّ أَزِمَّةَ الْأُمُورِ بِيَدَيْهِ. فَأَمَّا الطَّرِيقُ الْمَانِعُ مِنْ حُصُولِ هَذَا الدَّاءِ، فَأَمْرَانِ: مَنَافِعُ غَضِّ الْبَصَرِ غَضُّ الْبَصَرِ كَمَا تَقَدَّمَ، فَإِنَّ النَّظْرَةَ سَهْمٌ مَسْمُومٌ مِنْ سِهَامِ إِبْلِيسَ، وَمَنْ أَطْلَقَ لَحَظَاتِهِ دَامَتْ حَسَرَاتُهُ، وَفِي غَضِّ الْبَصَرِ عِدَّةُ مَنَافِعَ: أَحَدُهَا: أَنَّهُ امْتِثَالٌ لِأَمْرِ اللَّهِ الَّذِي هُوَ غَايَةُ سَعَادَةِ الْعَبْدِ فِي مَعَاشِهِ وَمَعَادِهِ، فَلَيْسَ لِلْعَبْدِ فِي دُنْيَاهُ وَآخِرَتِهِ أَنْفَعُ مِنَ امْتِثَالِ أَوَامِرِهِ، وَمَا شَقِيَ مَنْ شَقِيَ فِي الدُّنْيَا وَالْآخِرَةِ إِلَّا بِتَضْيِيعِ أَوَامِرِهِ. الثَّانِيَةُ: أَنَّهُ يَمْنَعُ مِنْ وُصُولِ أَثَرِ السَّهْمِ الْمَسْمُومِ - الَّذِي لَعَلَّ فِيهِ هَلَاكَهُ - إِلَى قَلْبِهِ. الثَّالِثَةُ: أَنَّهُ يُورِثُ الْقَلْبَ أُنْسًا بِاللَّهِ وَجَمْعِيَّةً عَلَيْهِ، فَإِنَّ إِطْلَاقَ الْبَصَرِ يُفَرِّقُ الْقَلْبَ وَيُشَتِّتُهُ، وَيُبْعِدُهُ عَنِ اللَّهِ، وَلَيْسَ عَلَى الْقَلْبِ شَيْءٌ أَضَرُّ مِنْ إِطْلَاقِ الْبَصَرِ، فَإِنَّهُ يُورِثُ الْوَحْشَةَ بَيْنَ الْعَبْدِ وَرَبِّهِ. الرَّابِعَةُ: أَنَّهُ يُقَوِّي الْقَلْبَ وَيُفْرِحُهُ، كَمَا أَنَّ إِطْلَاقَ الْبَصَرِ يُضْعِفُهُ وَيُحْزِنُهُ.
الْخَامِسَةُ: أَنَّهُ يُكْسِبُ الْقَلْبَ نُورًا، كَمَا أَنَّ إِطْلَاقَهُ يُلْبِسُهُ ظُلْمَةً، وَلِهَذَا ذَكَرَ اللَّهُ سُبْحَانَهُ آيَةَ النُّورِ عُقَيْبَ الْأَمْرِ بِغَضِّ الْبَصَرِ، فَقَالَ:
قُلْ لِلْمُؤْمِنِينَ يَغُضُّوا مِنْ أَبْصَارِهِمْ وَيَحْفَظُوا فُرُوجَهُمْ
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ثُمَّ قَالَ إِثْرَ ذَلِكَ:
اللَّهُ نُورُ السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضِ مَثَلُ نُورِهِ كَمِشْكَاةٍ فِيهَا مِصْبَاحٌ
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أَيْ مَثَلُ نُورِهِ فِي قَلْبِ عَبْدِهِ الْمُؤْمِنِ الَّذِي امْتَثَلَ أَوَامِرَهُ وَاجْتَنَبَ نَوَاهِيَهُ، وَإِذَا اسْتَنَارَ الْقَلْبُ أَقْبَلَتْ وُفُودُ الْخَيْرَاتِ إِلَيْهِ مِنْ كُلِّ نَاحِيَةٍ، كَمَا أَنَّهُ إِذَا أَظْلَمَ أَقْبَلَتْ سَحَائِبُ الْبَلَاءِ وَالشَّرِّ عَلَيْهِ مِنْ كُلِّ مَكَانٍ، فَمَا شِئْتَ مِنْ بِدَعٍ وَضَلَالَةٍ، وَاتِّبَاعِ هَوًى، وَاجْتِنَابِ هُدًى، وَإِعْرَاضٍ عَنْ أَسْبَابِ السَّعَادَةِ، وَاشْتِغَالٍ بِأَسْبَابِ الشَّقَاوَةِ، فَإِنَّ ذَلِكَ إِنَّمَا يَكْشِفُهُ لَهُ النُّورُ الَّذِي فِي الْقَلْبِ، فَإِذَا نَفَذَ ذَلِكَ النُّورُ بَقِيَ صَاحِبُهُ كَالْأَعْمَى الَّذِي يَجُوسُ فِي حَنَادِسِ الظَّلَامِ. السَّادِسَةُ: أَنَّهُ يُورِثُ فِرَاسَةً صَادِقَةً يُمَيَّزُ بِهَا بَيْنَ الْحَقِّ وَالْبَاطِلِ، وَالصَّادِقِ وَالْكَاذِبِ،
Traduction
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Le second point : l’arrachement de ce mal après qu’il se soit installé. Ces deux actes sont aisés pour celui que Dieu facilite, et impossibles pour celui qu’Il n’assiste pas, car les rênes des affaires sont entre Ses mains.
Quant au moyen de se prémunir contre ce fléau, il repose sur deux choses :
Les bienfaits de baisser le regard
Baisser le regard, comme cela a été mentionné précédemment, car le regard est une flèche empoisonnée parmi les flèches d’Iblîs. Celui qui laisse libre cours à ses regards verra ses regrets s’éterniser. Or, baisser le regard comporte plusieurs bienfaits :
1. C’est une obéissance au commandement de Dieu, qui est le summum du bonheur du serviteur dans sa vie présente et future. Rien n’est plus profitable pour le serviteur en ce monde et dans l’au-delà que de se conformer aux ordres divins. Et nul ne connaît le malheur en ce monde et dans l’autre si ce n’est par la négligence de Ses commandements.
2. Il empêche la flèche empoisonnée – qui pourrait causer sa perte – d’atteindre son cœur.
3. Il procure au cœur une intimité avec Dieu et une concentration en Lui, car laisser libre cours au regard disperse le cœur, le divise et l’éloigne de Dieu. Rien n’est plus nuisible au cœur que de laisser vagabonder le regard, car cela engendre un sentiment de solitude entre le serviteur et son Seigneur.
4. Il fortifie le cœur et le réjouit, tout comme le laisser-aller du regard l’affaiblit et l’attriste.
5. Il revêt le cœur de lumière, alors que le laisser-aller l’enveloppe de ténèbres. C’est pourquoi Dieu, exalté soit-Il, a mentionné le verset de la lumière (âyat an-Nûr) juste après avoir ordonné de baisser le regard, en disant : « Dis aux croyants de baisser leurs regards et de préserver leur chasteté » (Sourate An-Nûr, 30). Puis Il a dit immédiatement après : « Dieu est la Lumière des cieux et de la terre. Sa lumière est semblable à une niche où se trouve une lampe… » (Sourate An-Nûr, 35). C’est-à-dire que cette lumière est celle qui illumine le cœur du croyant qui se conforme aux ordres divins et s’écarte de Ses interdits. Et lorsque le cœur s’illumine, les cohortes des bienfaits affluent vers lui de toutes parts. Mais s’il s’obscurcit, les nuages du malheur et du mal s’abattent sur lui de tous côtés. Alors apparaissent toutes les innovations (bid‘a), les égarements, la poursuite des passions, l’éloignement de la guidance, le détournement des causes du bonheur et l’occupation par les causes du malheur. Tout cela ne lui est révélé que par la lumière qui habite son cœur. Et si cette lumière disparaît, son possesseur reste comme un aveugle errant dans les ténèbres les plus profondes.
6. Il engendre une perspicacité véridique, grâce à laquelle on distingue le vrai du faux, le sincère du menteur.
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وَكَانَ شُجَاعٌ الْكِرْمَانِيُّ يَقُولُ: مَنْ عَمَّرَ ظَاهِرَهُ بِاتِّبَاعِ السُّنَّةِ، وَبَاطِنَهُ بِدَوَامِ الْمُرَاقَبَةِ، وَغَضَّ بَصَرَهُ عَنِ الْمَحَارِمِ، وَكَفَّ نَفْسَهُ عَنِ الشُّبَهَاتِ، وَاغْتَذَى بِالْحَلَالِ، لَمْ تُخْطِئْ لَهُ فِرَاسَةٌ وَكَانَ شُجَاعًا لَا تُخْطِئُ لَهُ فِرَاسَةٌ.
وَاللَّهُ سُبْحَانَهُ يَجْزِي الْعَبْدَ عَلَى عَمَلِهِ بِمَا هُوَ مِنْ جِنْسِ عَمَلِهِ، وَمَنْ تَرَكَ لِلَّهِ شَيْئًا عَوَّضَهُ اللَّهُ خَيْرًا مِنْهُ، فَإِذَا غَضَّ بَصَرَهُ عَنْ مَحَارِمِ اللَّهِ، عَوَّضَهُ اللَّهُ بِأَنْ يُطْلِقَ نُورَ بَصِيرَتِهِ، عِوَضًا عَنْ حَبْسِ بَصَرِهِ لِلَّهِ، وَيَفْتَحُ عَلَيْهِ بَابَ الْعِلْمِ وَالْإِيمَانِ، وَالْمَعْرِفَةِ وَالْفِرَاسَةِ الصَّادِقَةِ الْمُصِيبَةِ الَّتِي إِنَّمَا تُنَالُ بِبَصِيرَةٍ، فَقَالَ تَعَالَى:
لَعَمْرُكَ إِنَّهُمْ لَفِي سَكْرَتِهِمْ يَعْمَهُونَ
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فَوَصَفَهُمْ بِالسَّكْرَةِ الَّتِي هِيَ فَسَادُ الْعَقْلِ، وَالْعَمَهِ الَّذِي هُوَ فَسَادُ الْبَصِيرَةِ، فَالتَّعَلُّقُ بِالصُّوَرِ يُوجِبُ فَسَادَ الْعَقْلِ، وَعَمَهَ الْبَصِيرَةِ، وَسُكْرَ الْقَلْبِ، كَمَا قَالَ الْقَائِلٌ: سَكْرَانُ سُكْرُ هَوًى وَسُكْرُ مُدَامَةٍ ... وَمَتَّى إِفَاقَةُ مَنْ بِهِ سُكْرَانِ وَقَالَ الْآخَرُ: قَالُوا جُنِنْتَ بِمَنْ تَهْوَى فَقُلْتُ لَهُمْ ... الْعِشْقُ أَعْظَمُ مِمَّا بِالْمَجَانِينِ الْعِشْقُ لَا يَسْتَفِيقُ الدَّهْرَ صَاحِبُهُ ... وَإِنَّمَا يُصْرَعُ الْمَجْنُونُ فِي الْحِينِ السَّابِعَةُ: أَنَّهُ يُورِثُ الْقَلْبَ ثَبَاتًا وَشَجَاعَةً وَقُوَّةً، فَجَمَعَ اللَّهُ لَهُ بَيْنَ سُلْطَانِ النُّصْرَةِ وَالْحُجَّةِ، وَسُلْطَانُ الْقُدْرَةِ وَالْقُوَّةِ، كَمَا فِي الْأَثَرِ: " الَّذِي يُخَالِفُ هَوَاهُ، يَفِرُّ الشَّيْطَانُ مِنْ ظِلِّهِ ". وَضِدُّ هَذَا تَجِدُ فِي الْمُتَّبِعِ لِهَوَاهُ - مِنْ ذُلِّ النَّفْسِ وَوَضَاعَتِهَا وَمَهَانَتِهَا وَخِسَّتِهَا وَحَقَارَتِهَا - مَا جَعَلَهُ اللَّهُ سُبْحَانَهُ فِيمَنْ حَصَاهُ. كَمَا قَالَ الْحَسَنُ: " إِنَّهُمْ وَإِنْ طَقْطَقَتْ بِهِمُ الْبِغَالُ، وَهَمْلَجَتْ بِهِمُ الْبَرَاذِينُ، إِنَّ ذُلَّ الْمَعْصِيَةِ فِي رِقَابِهِمْ، أَبَى اللَّهُ إِلَّا أَنْ يُذِلَّ مَنْ عَصَاهُ ".
وَقَدْ جَعَلَ اللَّهُ سُبْحَانَهُ الْعِزَّ قَرِينَ طَاعَتِهِ، وَالذُّلَّ قَرِينَ مَعْصِيَتِهِ، فَقَالَ تَعَالَى:
وَلِلَّهِ الْعِزَّةُ وَلِرَسُولِهِ وَلِلْمُؤْمِنِينَ
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وَقَالَ تَعَالَى:
وَلَا تَهِنُوا وَلَا تَحْزَنُوا وَأَنْتُمُ الْأَعْلَوْنَ إِنْ كُنْتُمْ مُؤْمِنِينَ
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Traduction
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Et Chujâ‘ al-Kirmânî disait : « Celui qui embellit son apparence en suivant la Sunna, et son for intérieur par la persistance dans la vigilance (murâqaba), qui baisse son regard face aux interdits, retient son âme des ambiguïtés, et se nourrit de ce qui est licite, sa perspicacité ne le trompera point. Il sera doué d’une clairvoyance infaillible. »
Allah, gloire à Lui, rétribue le serviteur pour ses actes par ce qui est de même nature que ceux-ci. Quiconque délaisse quelque chose pour Allah, Allah lui en donnera un meilleur substitut. Ainsi, lorsqu’il détourne son regard des interdits d’Allah, Allah lui accorde en compensation la lumière de sa perception intérieure, en échange de la retenue de son regard pour Lui. Il lui ouvre alors la porte de la science, de la foi, de la connaissance et de cette perspicacité véridique et infaillible, qui ne s’obtient que par la clairvoyance. Le Très-Haut a dit : « Par ta vie ! Ils errent, ivres, dans leur égarement » [Sourate Al-Hijr : 72].
Il les a décrits comme étant dans un état d’ivresse, qui est la corruption de la raison, et d’égarement, qui est la corruption de la clairvoyance. S’attacher aux apparences corrompt la raison, égare la perception intérieure et enivre le cœur, comme l’a dit le poète :
Un autre a dit :
À l’inverse, tu trouveras chez celui qui suit ses passions – dans l’avilissement de l’âme, sa bassesse, son humiliation, sa mesquinerie et son indignité – ce qu’Allah, gloire à Lui, a réservé à ceux qu’Il a comptés parmi les perdants.
Comme l’a dit Al-Hasan : « Même si les mules claquaient sous eux et que les chevaux de race galopaient avec eux, l’avilissement de la désobéissance pèse sur leurs nuques. Allah n’a voulu que rabaisser celui qui Lui désobéit. »
Allah, gloire à Lui, a associé la gloire à l’obéissance et l’avilissement à la désobéissance. Il a dit : « À Allah appartient la gloire, ainsi qu’à Son Messager et aux croyants » [Sourate Al-Munâfiqûn : 8]. Et Il a dit : « Ne faiblissez pas et ne vous affligez pas, alors que vous êtes les plus hauts, si vous êtes croyants » [Sourate Âl ‘Imrân : 139].
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وَالْإِيمَانُ قَوْلٌ وَعَمَلٌ، ظَاهِرٌ وَبَاطِنٌ، وَقَالَ تَعَالَى:
مَنْ كَانَ يُرِيدُ الْعِزَّةَ فَلِلَّهِ الْعِزَّةُ جَمِيعًا إِلَيْهِ يَصْعَدُ الْكَلِمُ الطَّيِّبُ وَالْعَمَلُ الصَّالِحُ يَرْفَعُهُ
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أَيْ مَنْ كَانَ يُرِيدُ الْعِزَّةَ فَلْيَطْلُبْهَا بِطَاعَةِ اللَّهِ وَذِكْرِهِ مِنَ الْكَلِمِ الطَّيِّبِ وَالْعَمَلِ الصَّالِحِ. وَفِي دُعَاءِ الْقُنُوتِ: " إِنَّهُ لَا يَذِلُّ مَنْ وَالَيْتَ، وَلَا يَعِزُّ مَنْ عَادَيْتَ " وَمَنْ أَطَاعَ اللَّهَ فَقَدْ وَالَاهُ فِيمَا أَطَاعَهُ فِيهِ، وَلَهُ مِنَ الْعِزِّ بِحَسَبِ طَاعَتِهِ، وَمَنْ عَصَاهُ فَقَدْ عَادَاهُ فِيمَا عَصَاهُ فِيهِ، وَلَهُ مِنَ الذُّلِّ بِحَسَبِ مَعْصِيَتِهِ. الثَّامِنُ: أَنَّهُ يُسْدَلُ عَلَى الشَّيْطَانِ مَدْخَلُهُ مِنَ الْقَلْبِ، فَإِنَّهُ يَدْخُلُ مَعَ النَّظْرَةِ وَيَنْفُذُ مَعَهَا إِلَى الْقَلْبِ أَسْرَعَ مِنْ نُفُوذِ الْهَوَاءِ فِي الْمَكَانِ الْخَالِي، فَيُمَثِّلُ لَهُ صُورَةَ الْمَنْظُورِ إِلَيْهِ وَيُزَيِّنُهَا، وَيَجْعَلُهَا صَنَمًا يَعْكُفُ عَلَيْهِ الْقَلْبُ ثُمَّ يَعِدُهُ وَيُمَنِّيهِ، وَيُوقِدُ عَلَى الْقَلْبِ نَارَ الشَّهْوَةِ، وَيُلْقِي عَلَيْهَا حَطَبَ الْمَعَاصِي الَّتِي لَمْ يَكُنْ يُتَوَصَّلُ إِلَيْهَا بِدُونِ تِلْكَ الصُّورَةِ، فَيَصِيرُ الْقَلْبُ فِي اللَّهَبِ. فَمِنْ ذَلِكَ اللَّهَبِ تِلْكَ الْأَنْفَاسُ الَّتِي يَجِدُ فِيهَا وَهَجَ النَّارِ، وَتِلْكَ الزَّفَرَاتُ وَالْحَرْقَاتُ، فَإِنَّ الْقَلْبَ قَدْ أَحَاطَتْ بِهِ النِّيرَانُ بِكُلِّ جَانِبٍ، فَهُوَ فِي وَسَطِهَا كَالشَّاةِ فِي وَسَطِ التَّنُّورِ، وَلِهَذَا كَانَتْ عُقُوبَةُ أَصْحَابِ الشَّهَوَاتِ لِلصُّوَرِ الْمُحَرَّمَةِ: أَنْ جُعِلَ لَهُمْ فِي الْبَرْزَخِ تَنُّورٌ مِنَ النَّارِ، وَأُودِعَتْ أَرْوَاحُهُمْ فِيهِ إِلَى يَوْمِ حَشْرِ أَجْسَادِهِمْ، كَمَا أَرَاهَا اللَّهُ لِنَبِيِّهِ ﷺ فِي الْمَنَامِ فِي الْحَدِيثِ الْمُتَّفَقِ عَلَى صِحَّتِهِ.
التَّاسِعَةُ: أَنَّهُ يُفَرِّغُ الْقَلْبَ لِلْفِكْرَةِ فِي مَصَالِحِهِ وَالِاشْتِغَالِ بِهَا، وَإِطْلَاقُ الْبَصَرِ يُنْسِيهِ ذَلِكَ وَيَحُولُ بَيْنَهُ وَبَيْنَهُ، فَيَنْفَرِطُ عَلَيْهِ أَمْرُهُ وَيَقَعُ فِي اتِّبَاعِ هَوَاهُ وَفِي الْغَفْلَةِ عَنْ ذِكْرِ رَبِّهِ، قَالَ تَعَالَى:
وَلَا تُطِعْ مَنْ أَغْفَلْنَا قَلْبَهُ عَنْ ذِكْرِنَا وَاتَّبَعَ هَوَاهُ وَكَانَ أَمْرُهُ فُرُطًا
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وَإِطْلَاقُ النَّظَرِ يُوجِبُ هَذِهِ الْأُمُورَ الثَّلَاثَةَ بِحَسَبِهِ. الْعَاشِرَةُ: أَنَّ بَيْنَ الْعَيْنِ وَالْقَلْبِ مَنْفَذًا وَطَرِيقًا يُوجِبُ انْتِقَالَ أَحَدِهِمَا عَنِ الْآخَرِ، وَأَنْ يَصْلُحَ بِصَلَاحِهِ، وَيَفْسُدَ بِفَسَادِهِ، فَإِذَا فَسَدَ الْقَلْبُ؛ فَسَدَ النَّظَرُ، وَإِذَا فَسَدَ النَّظَرُ؛ فَسَدَ الْقَلْبُ، وَكَذَلِكَ فِي جَانِبِ الصَّلَاحِ، فَإِذَا خَرِبَتِ الْعَيْنُ وَفَسَدَتْ؛ خَرِبَ الْقَلْبُ وَفَسَدَ، وَصَارَ كَالْمَزْبَلَةِ الَّتِي هِيَ مَحَلُّ النَّجَاسَاتِ وَالْقَاذُورَاتِ وَالْأَوْسَاخِ، فَلَا يَصْلُحُ لِسُكْنَى مَعْرِفَةِ اللَّهِ وَمَحَبَّتِهِ وَالْإِنَابَةِ إِلَيْهِ، وَالْأُنْسِ بِهِ وَالسُّرُورِ بِقُرْبِهِ فِيهِ، وَإِنَّمَا يَسْكُنُ فِيهِ أَضْدَادُ ذَلِكَ. فَهَذِهِ إِشَارَةٌ إِلَى بَعْضِ فَوَائِدِ غَضِّ الْبَصَرِ نُطْلِعُكَ عَلَى مَا وَرَاءَهَا:
Traduction
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La foi est parole et acte, apparente et intérieure. Dieu le Très-Haut a dit : « Celui qui désire la puissance, [qu’il sache que] toute puissance appartient à Allah. Vers Lui monte la bonne parole, et l’action vertueuse l’élève. » (Sourate Fâtir, 10).
C’est-à-dire : quiconque désire la puissance doit la rechercher par l’obéissance à Allah, par Son rappel, par la bonne parole et l’action vertueuse.
Dans la duʿā’ al-qunūt (supplication de la qunūt), il est dit : « Certes, ne sera jamais humilié celui que Tu as pris pour allié, et ne sera jamais honoré celui que Tu as pris pour ennemi. » Quiconque obéit à Allah, L’a pris pour allié dans ce en quoi il Lui obéit, et il lui sera accordé une part de puissance proportionnelle à son obéissance. Quant à celui qui Lui désobéit, il s’est fait Son ennemi dans ce en quoi il Lui a désobéi, et il lui sera infligé une part d’humiliation proportionnelle à sa désobéissance.
Huitième point : Cela obstrue au diable l’accès au cœur, car il s’y introduit avec le regard et pénètre avec lui jusqu’au cœur plus rapidement que l’air ne s’infiltre dans un espace vide. Il y représente alors l’image de ce qui a été regardé, l’embellit et en fait une idole à laquelle le cœur s’attache. Puis il lui fait des promesses et lui donne de faux espoirs, allumant dans le cœur le feu de la passion et y jetant le bois des péchés, auxquels on n’aurait pu accéder sans cette image. Ainsi, le cœur se retrouve dans les flammes.
De ces flammes proviennent ces souffles où l’on ressent la chaleur du feu, ces soupirs et ces brûlures, car le cœur est cerné par les feux de tous côtés, comme une brebis au milieu d’un four. C’est pourquoi le châtiment des amateurs de regards illicites sur les images interdites sera, dans l’barzakh (la période intermédiaire entre la mort et la résurrection), d’être placés dans un four de feu où leurs âmes seront confinées jusqu’au jour où leurs corps seront ressuscités, comme Allah l’a montré à Son Prophète (ﷺ) dans un rêve, dans un hadith dont l’authenticité est unanimement reconnue.
Neuvième point : Cela libère le cœur pour qu’il réfléchisse à ses intérêts et s’occupe d’eux. Laisser libre cours au regard lui fait oublier cela et s’interpose entre lui et ses objectifs, si bien que ses affaires se dispersent, qu’il tombe dans la poursuite de ses passions et dans l’insouciance du rappel de son Seigneur. Allah le Très-Haut a dit : « Et ne suis pas celui dont Nous avons rendu le cœur inattentif à Notre rappel, qui suit sa passion et dont les affaires sont dépassées. » (Sourate Al-Kahf, 28).
Or, laisser libre cours au regard entraîne nécessairement ces trois conséquences, chacune selon son degré.
Dixième point : Il existe entre l’œil et le cœur un passage et une voie qui rendent l’un dépendant de l’autre, de sorte que l’un se réforme par la réforme de l’autre et se corrompt par sa corruption. Si le cœur se corrompt, le regard se corrompt ; et si le regard se corrompt, le cœur se corrompt. Il en va de même pour ce qui est de la réforme : si l’œil est ruiné et corrompu, le cœur est ruiné et corrompu, devenant semblable à un dépotoir, lieu des impuretés, des souillures et des immondices. Il n’est plus apte à accueillir la connaissance d’Allah, Son amour, le retour vers Lui, l’intimité avec Lui et la joie de Sa proximité. Au contraire, ce sont les opposés de tout cela qui y résident.
Voilà une indication sur quelques-uns des bienfaits de la baissement du regard (ghaḍḍ al-baṣar), afin de t’éclairer sur ce qui se trouve au-delà.
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مَنْعُ تَعَلُّقِ الْقُلُوبِ الطَّرِيقُ الثَّانِي الْمَانِعُ مِنْ حُصُولِ تَعَلُّقِ الْقَلْبِ: اشْتِغَالُ الْقَلْبِ بِمَا يَصُدُّهُ عَنْ ذَلِكَ، وَيَحُولُ بَيْنَهُ وَبَيْنَ الْوُقُوعِ فِيهِ، وَهُوَ إِمَّا خَوْفٌ مُقْلِقٌ أَوْ حُبٌّ مُزْعِجٌ، فَمَتَى خَلَا الْقَلْبُ مِنْ خَوْفِ مَا فَوَاتُهُ أَضَرُّ عَلَيْهِ مِنْ حُصُولِ هَذَا الْمَحْبُوبِ، أَوْ خَوْفِ مَا حُصُولُهُ أَضَرُّ عَلَيْهِ مِنْ فَوَاتِ هَذَا الْمَحْبُوبِ، أَوْ مَحَبَّتِهِ مَا هُوَ أَنْفَعُ لَهُ وَخَيْرٌ لَهُ مِنْ هَذَا الْمَحْبُوبِ، وَفَوَاتُهُ أَضَرُّ عَلَيْهِ مِنْ فَوَاتِ هَذَا الْمَحْبُوبِ، لَمْ يَجِدْ بُدًّا مِنْ عِشْقِ الصُّوَرِ. وَشَرْحُ هَذَا: أَنَّ النَّفْسَ لَا تَتْرُكُ مَحْبُوبًا إِلَّا لِمَحْبُوبٍ أَعْلَى مِنْهُ، أَوْ خَشْيَةَ مَكْرُوهٍ حُصُولُهُ أَضَرُّ عَلَيْهِ مِنْ فَوَاتِ هَذَا الْمَحْبُوبِ، وَهَذَا يَحْتَاجُ صَاحِبُهُ إِلَى أَمْرَيْنِ إِنْ فَقَدَهُمَا أَوْ أَحَدَهُمَا لَمْ يَنْتَفِعْ بِنَفْسِهِ. أَحَدُهُمَا: بَصِيرَةٌ صَحِيحَةٌ يُفَرِّقُ بِهَا بَيْنَ دَرَجَاتِ الْمَحْبُوبِ وَالْمَكْرُوهِ، فَيُؤْثِرُ أَعْلَى الْمَحْبُوبَيْنِ عَلَى أَدْنَاهُمَا، وَيَحْتَمِلُ أَدْنَى الْمَكْرُوهَيْنِ لِيَخْلُصَ مِنْ أَعْلَاهُمَا، وَهَذَا خَاصَّةُ الْعَقْلِ، وَلَا يُعَدُّ عَاقِلًا مَنْ كَانَ بِضِدِّ ذَلِكَ، بَلْ قَدْ تَكُونُ الْبَهَائِمُ أَحْسَنَ حَالًا مِنْهُ.
الثَّانِي: قُوَّةُ عَزْمٍ وَصَبْرٍ يَتَمَكَّنُ بِهِ مِنْ هَذَا الْفِعْلِ وَالتَّرْكِ، فَكَثِيرًا مَا يَعْرِفُ الرَّجُلُ قَدْرَ التَّفَاوُتِ، وَلَكِنْ يَأْبَى لَهُ ضَعْفُ نَفْسِهِ وَهَمَّتِهِ وَعَزِيمَتِهِ عَلَى أَشْيَاءَ لَا تَنْفَعُ مِنْ خِسَّتِهِ وَحِرْصِهِ وَوَضَاعَةِ نَفْسِهِ وَخِسَّةِ هِمَّتِهِ، وَمِثْلُ هَذَا لَا يَنْتَفِعُ بِنَفْسِهِ، وَلَا يَنْتَفِعُ بِهِ غَيْرُهُ، وَقَدْ مَنَعَ اللَّهُ سُبْحَانَهُ إِمَامَةَ الدِّينِ إِلَّا مِنْ أَهْلِ الصَّبْرِ وَالْيَقِينِ، فَقَالَ تَعَالَى، وَبِقَوْلِهِ يَهْتَدِي الْمُهْتَدُونَ مِنْهُمْ:
وَجَعَلْنَا مِنْهُمْ أَئِمَّةً يَهْدُونَ بِأَمْرِنَا لَمَّا صَبَرُوا وَكَانُوا بِآيَاتِنَا يُوقِنُونَ
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وَهَذَا هُوَ الَّذِي يَنْتَفِعُ بِعِلْمِهِ، وَيَنْتَفِعُ بِهِ النَّاسُ، وَضِدُّهُ لَا يَنْتَفِعُ بِهِ غَيْرُهُ، وَمِنَ النَّاسِ مَنْ يَنْتَفِعُ بِعِلْمِهِ فِي نَفْسِهِ وَلَا يَنْتَفِعُ بِهِ غَيْرُهُ، فَالْأَوَّلُ يَمْشِي فِي نُورِهِ وَيَمْشِي النَّاسُ فِي نُورِهِ، وَالثَّانِي قَدْ طُفِئَ نُورُهُ، فَهُوَ يَمْشِي فِي الظُّلُمَاتِ وَمَنْ تَبِعَهُ فِي ظُلْمَتِهِ، وَالثَّالِثُ يَمْشِي فِي نُورِهِ وَحْدَهُ.
فَصْلُ تَوْحِيدِ الْمَحْبُوبِ
فَصْلُ تَوْحِيدِ الْمَحْبُوبِ إِذَا عَرَفْتَ هَذِهِ الْمُقَدِّمَةَ فَلَا يُمْكِنُ أَنْ يَجْتَمِعَ فِي الْقَلْبِ حُبُّ الْمَحْبُوبِ الْأَعْلَى وَعِشْقُ الصُّوَرِ أَبَدًا، بَلْ هُمَا ضِدَّانِ لَا يَتَلَاقَيَانِ، بَلْ لَا بُدَّ أَنْ يُخْرِجَ أَحَدُهُمَا صَاحِبَهُ، فَمَنْ كَانَتْ قُوَّةُ حُبِّهِ كُلُّهَا لِلْمَحْبُوبِ الْأَعْلَى الَّذِي مَحَبَّةُ مَا سِوَاهُ بَاطِلَةٌ وَعَذَابٌ عَلَى صَاحِبِهَا صَرَفَهُ ذَلِكَ عَنْ
Traduction
Prévention de l'attachement des cœurs
La deuxième voie empêchant l'attachement du cœur consiste à occuper le cœur par ce qui le détourne de cet attachement et s'interpose entre lui et sa réalisation. Cela peut être soit une crainte angoissante, soit un amour perturbateur. Ainsi, lorsque le cœur est vide de la crainte de perdre ce dont la perte lui serait plus préjudiciable que l'obtention de cet objet d'amour, ou de la crainte d'obtenir ce dont l'acquisition lui serait plus nuisible que la perte de cet objet d'amour, ou encore de l'amour pour ce qui lui est plus bénéfique et meilleur que cet objet d'amour, et dont la perte lui serait plus dommageable que la perte de cet objet d'amour, il ne peut éviter de tomber dans la passion des formes.
Explication de ceci : L'âme ne renonce à un objet d'amour que pour un objet d'amour supérieur, ou par crainte d'un mal dont l'obtention lui serait plus préjudiciable que la perte de cet objet d'amour. Cela nécessite de la part de celui qui en est capable deux choses ; s'il en manque une ou les deux, il ne tirera aucun profit de lui-même.
La première est une clairvoyance juste qui lui permet de distinguer les degrés des objets d'amour et des maux, afin qu'il préfère le plus élevé des deux objets d'amour au plus bas, et qu'il supporte le moindre des deux maux pour se préserver du plus grand. Cela est propre à la raison, et celui qui agit à l'inverse ne peut être considéré comme raisonnable ; bien plus, les bêtes peuvent être dans un meilleur état que lui.
La seconde est une force de résolution et de patience qui lui permet d'accomplir ou de délaisser cette action. Il arrive souvent qu'un homme connaisse la valeur de la différence, mais que la faiblesse de son âme, de son ardeur et de sa résolution l'empêche de s'abstenir de choses inutiles, en raison de sa bassesse, de son avidité, de la médiocrité de son âme et de la petitesse de son ambition. Un tel homme ne tire profit ni de lui-même ni des autres. Allah, gloire à Lui, n'a réservé la guidance religieuse qu'aux gens de patience et de certitude, comme Il l'a dit, et Sa parole guide ceux qui sont bien guidés parmi eux : « Et Nous avons fait d'eux des guides qui dirigent par Notre ordre, parce qu'ils ont enduré et avaient la certitude de Nos signes. » (Sourate As-Sajda, 24).
C'est celui-là qui tire profit de sa science et en fait profiter les autres. Son contraire ne profite ni à lui-même ni aux autres. Parmi les hommes, il en est qui tirent profit de leur science pour eux-mêmes sans en faire profiter les autres. Le premier marche dans sa lumière et les gens marchent dans sa lumière. Le second a vu sa lumière s'éteindre ; il marche dans les ténèbres et ceux qui le suivent marchent dans ses ténèbres. Le troisième marche dans sa lumière, seul.
Chapitre sur l'unicité de l'objet d'amour
Chapitre
De l'unicité de l'objet d'amour
Lorsque tu as compris cette introduction, sache qu'il est impossible que coexistent dans le cœur l'amour de l'objet d'amour suprême et la passion des formes, car ils sont deux contraires qui ne peuvent se rencontrer. Bien plus, l'un d'eux doit nécessairement chasser l'autre. Ainsi, celui dont toute la force de l'amour est dirigée vers l'objet d'amour suprême – dont l'amour pour tout autre est vain et un châtiment pour celui qui s'y adonne – se détourne par cela...
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مَحَبَّةِ مَا سِوَاهُ، وَإِنْ أَحَبَّهُ لَمْ يُحِبَّهُ إِلَّا لِأَجْلِهِ، أَوْ لِكَوْنِهِ وَسِيلَةً إِلَى مَحَبَّتِهِ، أَوْ قَاطِعًا لَهُ عَمَّا يُضَادُّ مَحَبَّتَهُ وَيُنْقِصُهَا، وَالْمَحَبَّةُ الصَّادِقَةُ تَقْتَضِي تَوْحِيدَ الْمَحْبُوبِ، وَأَنْ لَا يُشْرِكَ بَيْنَهُ وَبَيْنَ غَيْرِهِ فِي مَحَبَّتِهِ، وَإِذَا كَانَ الْمَحْبُوبُ مِنَ الْخَلْقِ يَأْنَفُ وَيَغَارُ أَنْ يُشْرَكَ مَعَهُ مَحَبَّةُ غَيْرِهِ فِي مَحَبَّتِهِ، وَيَمْقُتُهُ لِذَلِكَ، وَيُبْعِدُهُ لَا يُحْظِيهِ بِقُرْبِهِ، وَيَعُدُّهُ كَاذِبًا فِي دَعْوَى مَحَبَّتِهِ، مَعَ أَنَّهُ لَيْسَ أَهْلًا لِصَرْفِ كُلِّ قُوَّةِ الْمَحَبَّةِ إِلَيْهِ، فَكَيْفَ بِالْحَبِيبِ الْأَعْلَى الَّذِي لَا تَنْبَغِي الْمَحَبَّةُ إِلَّا لَهُ وَحْدَهُ، وَكُلُّ مَحَبَّةٍ لِغَيْرِهِ فَهِيَ عَذَابٌ عَلَى صَاحِبِهَا وَوَبَالٌ؟ وَلِهَذَا لَا يَغْفِرُ اللَّهُ سُبْحَانَهُ أَنْ يُشْرَكَ بِهِ فِي هَذِهِ الْمَحَبَّةِ، وَيَغْفِرَ مَا دُونُ ذَلِكَ لِمَنْ يَشَاءُ. فَمَحَبَّةُ الصُّوَرِ تُفَوِّتُ مَحَبَّةَ مَا هُوَ أَنْفَعُ لِلْعَبْدِ، بَلْ تُفَوِّتُ مَحَبَّةَ مَا لَيْسَ لَهُ صَلَاحٌ وَلَا نَعِيمٌ، وَلَا حَيَاةٌ نَافِعَةٌ إِلَّا بِمَحَبَّتِهِ وَحْدَهُ، فَلْيَخْتَرْ إِحْدَى الْمَحَبَّتَيْنِ فَإِنَّهُمَا لَا يَجْتَمِعَانِ فِي الْقَلْبِ وَلَا يَرْتَفِعَانِ مِنْهُ، بَلْ مَنْ أَعْرَضَ عَنْ مَحَبَّةِ اللَّهِ وَذِكْرِهِ وَالشَّوْقِ إِلَى لِقَائِهِ، ابْتَلَاهُ بِمَحَبَّةِ غَيْرِهِ؛ فَيُعَذِّبُهُ بِهَا فِي الدُّنْيَا وَفِي الْبَرْزَخِ وَفِي الْآخِرَةِ، فَإِمَّا أَنْ يُعَذِّبَهُ بِمَحَبَّةِ الْأَوْثَانِ، أَوْ بِمَحَبَّةِ الصُّلْبَانِ، أَوْ بِمَحَبَّةِ الْمُرْدَانِ، أَوْ بِمَحَبَّةِ النِّسْوَانِ، أَوْ بِمَحَبَّةِ الْعُشَرَاءِ وَالْإِخْوَانِ، أَوْ بِمَحَبَّةِ مَا دُونُ ذَلِكَ مِمَّا هُوَ فِي غَايَةِ الْحَقَارَةِ وَالْهَوَانِ، فَالْإِنْسَانُ عَبْدُ مَحْبُوبِهِ كَائِنًا مَنْ كَانَ، كَمَا قِيلَ: أَنْتَ الْقَتِيلُ بِكُلِّ مَنْ أَحْبَبْتَهُ ... فَاخْتَرْ لِنَفْسِكَ فِي الْهَوَى مَنْ تَصْطَفِي
فَمَنْ لَمْ يَكُنْ إِلَهُهُ مَالِكَهُ وَمَوْلَاهُ، كَانَ إِلَهُهُ هَوَاهُ، قَالَ تَعَالَى:
أَفَرَأَيْتَ مَنِ اتَّخَذَ إِلَهَهُ هَوَاهُ وَأَضَلَّهُ اللَّهُ عَلَى عِلْمٍ وَخَتَمَ عَلَى سَمْعِهِ وَقَلْبِهِ وَجَعَلَ عَلَى بَصَرِهِ غِشَاوَةً فَمَنْ يَهْدِيهِ مِنْ بَعْدِ اللَّهِ أَفَلَا تَذَكَّرُونَ
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فَصْلُ خَاصِّيَّةِ التَّعَبُّدِ
فَصْلُ خَاصِّيَّةِ التَّعَبُّدِ وَخَاصِّيَّةُ التَّعَبُّدِ: الْحُبُّ مَعَ الْخُضُوعِ، وَالذُّلِّ لِلْمَحْبُوبِ، فَمَنْ أَحَبَّ مَحْبُوبًا وَخَضَعَ لَهُ فَقَدْ تَعَبَّدَ قَلْبَهُ لَهُ، بَلِ التَّعَبُّدُ آخِرُ مَرَاتِبِ الْحُبِّ، وَيُقَالُ لَهُ التَّتَيُّمُ أَيْضًا، فَإِنَّ أَوَّلَ مَرَاتِبِهِ الْعَلَاقَةُ، وَسُمِّيَتْ عَلَاقَةً لِتَعَلُّقِ الْمُحِبِّ بِالْمَحْبُوبِ. قَالَ الشَّاعِرُ: وَعُلِّقْتُ لَيْلَى وَهْيَ ذَاتُ تَمَائِمِ ... وَلَمْ يَبْدُ لِلْأَتْرَابِ مِنْ ثَدْيِهَا حَجْمُ وَقَالَ الْآخَرُ: أَعَلَاقَةٌ أُمَّ الْوَلِيدِ بُعَيْدَ مَا ... أَفْنَانُ رَأْسِكَ كَالثِّغَامِ الْمُخْلِسِ
Traduction
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De l’amour exclusif de Dieu et de ses implications
L’amour de tout autre que Lui [Dieu] doit être subordonné à Son amour. Si l’on aime quelque chose, ce ne doit être que pour Lui, ou parce que cela constitue un moyen d’accéder à Son amour, ou encore parce que cela écarte ce qui s’oppose à Son amour ou le diminue. L’amour sincère exige l’unicité de l’Aimé et interdit d’associer à Lui quoi que ce soit dans cet amour. Or, si un être créé, lorsqu’il est aimé, répugne et s’indigne qu’on lui associe l’amour d’un autre, le déteste pour cela, l’éloigne et le prive de sa proximité, le considérant comme un menteur dans sa prétention à l’aimer – alors que cet être n’est pas digne de recevoir toute la force de l’amour –, comment en irait-il autrement de l’Aimé suprême, Celui pour qui seul l’amour est digne, et dont toute autre affection est un châtiment et un fardeau pour son auteur ? C’est pourquoi Dieu – exalté soit-Il – ne pardonne pas qu’on Lui associe quoi que ce soit dans cet amour, mais Il pardonne ce qui est en deçà pour qui Il veut.
L’amour des créatures fait perdre l’amour de ce qui est plus profitable au serviteur, voire l’amour de ce sans quoi il n’y a ni bien, ni félicité, ni vie véritable, si ce n’est par Son amour exclusif. Que l’homme choisisse donc entre les deux amours, car ils ne peuvent coexister dans le cœur ni en être simultanément absents. Au contraire, celui qui se détourne de l’amour de Dieu, de Son souvenir et du désir de Le rencontrer, Dieu le soumet à l’amour d’un autre que Lui, le châtie par cet amour dans ce monde, dans l’intermonde (barzakh) et dans l’au-delà. Il le châtie soit par l’amour des idoles, soit par l’amour des croix, soit par l’amour des éphèbes, soit par l’amour des femmes, soit par l’amour des compagnons et des frères, ou encore par l’amour de ce qui est au plus bas degré de l’avilissement et de l’ignominie. L’homme est l’esclave de ce qu’il aime, quel qu’il soit, comme il a été dit :
Ainsi, celui dont Dieu n’est pas le Maître et le Souverain, son dieu est sa passion. Le Très-Haut a dit : « As-tu vu celui qui prend sa passion pour sa divinité ? Dieu l’a égaré en pleine connaissance, scellé son ouïe et son cœur, et mis un voile sur sa vue. Qui donc le guidera après Dieu ? Ne vous souviendrez-vous donc pas ? » (Sourate Al-Jāthiya, 45:23).
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Chapitre : La spécificité de l’adoration
La spécificité de l’adoration (taʿabbud) réside dans l’amour (ḥubb) accompagné de soumission et d’humilité envers l’Aimé. Quiconque aime un être et se soumet à lui a voué son cœur à son adoration. L’adoration est même le degré ultime de l’amour, et on l’appelle aussi al-tatayyum (la servitude passionnée). En effet, le premier degré de l’amour est al-ʿalāqa (l’attachement), ainsi nommé parce que l’amant s’attache à l’aimé.
Le poète a dit :
Un autre a dit :
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ثُمَّ بَعْدَهَا الصَّبَابَةُ، وَسُمِّيَتْ بِذَلِكَ لِانْصِبَابِ الْقَلْبِ إِلَى الْمَحْبُوبِ، قَالَ الشَّاعِرُ: تَشَكَّى الْمُحِبُّونَ الصَّبَابَةَ لَيْتَنِي ... تَحَمَّلْتُ مَا يَلْقَوْنَ مِنْ بَيْنِهِمْ وَحْدِي فَكَانَتْ لِقَلْبِي لَذَّةُ الْحُبِّ كُلُّهَا ... فَلَمْ يَلْقَهَا قَبْلِي مُحِبٌّ وَلَا بَعْدِي
ثُمَّ الْغَرَامُ، وَهُوَ لُزُومُ الْحُبِّ لِلْقَلْبِ لُزُومًا لَا يَنْفَكُّ عَنْهُ، وَمِنْهُ سُمِّيَ الْغَرِيمُ غَرِيمًا؛ لِمُلَازَمَتِهِ صَاحِبَهُ، وَمِنْهُ قَوْلُهُ تَعَالَى:
إِنَّ عَذَابَهَا كَانَ غَرَامًا
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وَقَدْ أُولِعَ الْمُتَأَخِّرُونَ بِاسْتِعْمَالِ هَذَا اللَّفْظِ فِي الْحُبِّ، وَقَلَّ أَنْ تَجِدَهُ فِي أَشْعَارِ الْعَرَبِ. ثُمَّ الْعِشْقُ وَهُوَ إِفْرَاطُ الْمَحَبَّةِ، وَلِهَذَا لَا يُوصَفُ بِهِ الرَّبُّ تَبَارَكَ وَتَعَالَى، وَلَا يُطْلَقُ فِي حَقِّهِ.
ثُمَّ الشَّوْقُ وَهُوَ سَفَرُ الْقَلْبِ إِلَى الْمَحْبُوبِ أَحَثَّ السَّفَرِ، وَقَدْ جَاءَ إِطْلَاقُهُ فِي حَقِّ الرَّبِّ تَعَالَى كَمَا فِي مُسْنَدِ الْإِمَامِ أَحْمَدَ عَنْ عَمَّارِ بْنِ يَاسِرٍ: «أَنَّهُ صَلَّى صَلَاةً فَأَوْجَزَ فِيهَا، فَقِيلَ لَهُ فِي ذَلِكَ، فَقَالَ أَمَا إِنِّي دَعَوْتُ فِيهَا بِدَعْوَاتٍ كَانَ النَّبِيُّ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - يَدْعُو بِهِنَّ: اللَّهُمَّ إِنِّي أَسْأَلُكَ بِعِلْمِكَ الْغَيْبَ، وَقُدْرَتِكَ عَلَى الْخَلْقِ، أَحْيِنِي إِذَا كَانَتِ الْحَيَاةُ خَيْرًا لِي، وَتَوَفَّنِي إِذَا كَانَتِ الْوَفَاةُ خَيْرًا لِي، اللَّهُمَّ إِنِّي أَسْأَلُكَ خَشْيَتَكَ فِي الْغَيْبِ وَالشَّهَادَةِ، وَأَسْأَلُكَ كَلِمَةَ الْحَقِّ فِي الْغَضَبِ وَالرِّضَا، وَأَسْأَلُكَ الْقَصْدَ فِي الْفَقْرِ وَالْغِنَى، وَأَسْأَلُكَ نَعِيمًا لَا يَنْفَدُ، وَأَسْأَلُكَ قُرَّةَ عَيْنٍ لَا تَنْقَطِعُ، وَأَسْأَلُكَ بَرْدَ الْعَيْشِ بَعْدَ الْمَوْتِ، وَأَسْأَلُكَ لَذَّةَ النَّظَرِ إِلَى وَجْهِكَ، وَأَسْأَلُكَ الشَّوْقَ إِلَى لِقَائِكَ، فِي غَيْرِ ضَرَّاءَ مُضِرَّةٍ، وَلَا فِتْنَةٍ مُضِلَّةٍ، اللَّهُمَّ زَيِّنَّا بِزِينَةِ الْإِيمَانِ، وَاجْعَلْنَا هُدَاةً مُهْتَدِينَ.»
وَفِي أَثَرٍ آخَرَ: " «طَالَ شَوْقُ الْأَبْرَارِ إِلَى لِقَائِي، وَأَنَا إِلَى لِقَائِهِمْ أَشَدُّ شَوْقًا» ".
وَهَذَا هُوَ الْمَعْنَى الَّذِي عَبَّرَ عَنْهُ ﷺ بِقَوْلِهِ: «مَنْ أَحَبَّ لِقَاءَ اللَّهِ أَحَبَّ اللَّهُ لِقَاءَهُ» .
وَقَالَ بَعْضُ أَهْلِ الْبَصَائِرِ فِي قَوْلِهِ تَعَالَى:
مَنْ كَانَ يَرْجُو لِقَاءَ اللَّهِ فَإِنَّ أَجَلَ اللَّهِ لَآتٍ
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لَمَّا عَلِمَ سُبْحَانَهُ شِدَّةَ شَوْقِ أَوْلِيَائِهِ إِلَى لِقَائِهِ، وَأَنَّ قُلُوبَهُمْ لَا تَهْتَدِي دُونَ لِقَائِهِ، ضَرَبَ لَهُمْ أَجَلًا وَمَوْعِدًا لِلِقَائِهِ، وَتَسْكُنُ نُفُوسُهُمْ بِهِ، وَأَطْيَبُ الْعَيْشِ وَأَلَذُّهُ عَلَى الْإِطْلَاقِ عَيْشُ الْمُحِبِّينَ الْمُشْتَاقِينَ الْمُسْتَأْنِسِينَ، فَحَيَاتُهُمْ هِيَ الْحَيَاةُ الطَّيِّبَةُ الْحَقِيقِيَّةُ، وَلَا حَيَاةَ لِلْقَلْبِ
Traduction
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Ensuite vient la ṣabāba (l’attachement passionné), ainsi nommée en raison de l’inclination (inṣibāb) du cœur vers l’être aimé. Le poète a dit :
« Les amoureux se plaignent de la ṣabāba… Si seulement j’avais pu Porter seul ce qu’ils endurent parmi eux ! Ainsi, tout le délice de l’amour aurait été pour mon cœur, Nul amoureux avant moi ne l’a connu, ni ne le connaîtra après moi. »
Puis vient le gharām (l’amour impérieux), qui désigne l’attachement indéfectible du cœur à l’amour, un lien dont il ne peut se défaire. C’est de là que vient le terme gharīm (débiteur), car il ne quitte pas son créancier. C’est aussi le sens du verset coranique : « Certes, Son châtiment est un gharām [inéluctable] » (Sourate al-Furqān, 65).
Les modernes ont pris l’habitude d’employer ce terme pour désigner l’amour, alors qu’on le trouve rarement dans la poésie des Arabes.
Puis vient l’‘ishq (la passion ardente), qui est l’excès d’amour. C’est pourquoi on ne l’attribue pas au Seigneur – béni et exalté soit-Il –, et on ne l’emploie pas en Son égard.
Dans un autre hadith, il est rapporté : « Les pieux ont longtemps désiré (shawq) Me rencontrer, mais Mon désir de les rencontrer est plus intense encore. »
C’est là le sens exprimé par le Prophète (ﷺ) dans sa parole : « Celui qui aime rencontrer Allah, Allah aime le rencontrer. »
Certains spirituels ont commenté le verset : « Quiconque espère la rencontre d’Allah… le terme fixé par Allah viendra » (Sourate al-‘Ankabūt, 5) en disant : « Lorsque le Très-Haut a su l’intensité du désir de Ses alliés de Le rencontrer, et que leurs cœurs ne trouvent de repos qu’en cette rencontre, Il leur a fixé un terme et une promesse pour cette rencontre, afin que leurs âmes s’apaisent. La vie la plus douce et la plus délicieuse, sans conteste, est celle des amoureux, des ardents désirants et de ceux qui trouvent en Lui leur intimité. Leur existence est la véritable vie heureuse, car le cœur n’a de vie que par cela. »
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أَطْيَبَ وَلَا أَنْعَمَ وَلَا أَهْنَأَ مِنْهَا، وَهِيَ الْحَيَاةُ الطَّيِّبَةُ فِي قَوْلِهِ تَعَالَى:
مَنْ عَمِلَ صَالِحًا مِنْ ذَكَرٍ أَوْ أُنْثَى وَهُوَ مُؤْمِنٌ فَلَنُحْيِيَنَّهُ حَيَاةً طَيِّبَةً
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لَيْسَ الْمُرَادُ مِنْهَا الْحَيَاةَ الْمُشْتَرَكَةَ بَيْنَ الْمُؤْمِنِينَ وَالْكُفَّارِ، وَالْأَبْرَارِ وَالْفُجَّارِ، وَمِنْ طِيبِ الْمَأْكَلِ وَالْمَلْبَسِ وَالْمَشْرَبِ وَالْمَنْكَحِ، بَلْ رُبَّمَا زَادَ أَعْدَاءُ اللَّهِ عَلَى أَوْلِيَائِهِ فِي ذَلِكَ أَضْعَافًا مُضَاعَفَةً، وَقَدْ ضَمِنَ اللَّهُ سُبْحَانَهُ لِكُلِّ مَنْ عَمِلَ صَالِحًا أَنْ يُحْيِيَهُ حَيَاةً طَيِّبَةً، فَهُوَ صَادِقُ الْوَعْدِ الَّذِي لَا يُخْلِفُ وَعْدَهُ، وَأَيُّ حَيَاةٍ أَطْيَبُ مِنْ حَيَاةِ مَنِ اجْتَمَعَتْ هُمُومُهُ كُلُّهَا وَصَارَتْ هَمًّا وَاحِدًا فِي مَرْضَاةِ اللَّهِ؟ وَلَمْ يَتَشَعَّبْ قَلْبُهُ، بَلْ أَقْبَلَ عَلَى اللَّهِ، وَاجْتَمَعَتْ إِرَادَتُهُ وَأَفْكَارُهُ الَّتِي كَانَتْ مُتَقَسِّمَةً بِكُلِّ وَادٍ مِنْهَا شُعْبَةٌ عَلَى اللَّهِ، فَصَارَ ذِكْرُهُ بِمَحْبُوبِهِ الْأَعْلَى وَحُبُّهُ وَالشَّوْقُ إِلَى لِقَائِهِ، وَالْأُنْسُ بِقُرْبِهِ هُوَ الْمُسْتَوْلِي عَلَيْهِ، وَعَلَيْهِ تَدُورُ هُمُومُهُ وَإِرَادَتُهُ وَقُصُودُهُ بِكُلِّ خَطَرَاتِ قَلْبِهِ، فَإِنْ سَكَتَ سَكَتَ بِاللَّهِ، وَإِنْ نَطَقَ نَطَقَ بِاللَّهِ، وَإِنْ سَمِعَ فَبِهِ يَسْمَعُ، وَإِنْ أَبْصَرَ فَبِهِ يُبْصِرُ، وَبِهِ يَبْطِشُ، وَبِهِ يَمْشِي، وَبِهِ يَسْكُنُ، وَبِهِ يَحْيَا، وَبِهِ يَمُوتُ، وَبِهِ يُبْعَثُ، كَمَا فِي صَحِيحِ الْبُخَارِيِّ عَنْهُ ﷺ فِيمَا يَرْوِي عَنْ رَبِّهِ تَبَارَكَ وَتَعَالَى، أَنَّهُ قَالَ: " «مَا تَقَرَّبَ إِلَيَّ عَبْدِي بِمِثْلِ أَدَاءِ مَا افْتَرَضْتُ عَلَيْهِ، وَلَا يَزَالُ عَبْدِي يَتَقَرَّبُ إِلَيَّ بِالنَّوَافِلِ حَتَّى أُحِبَّهُ، فَإِذَا أَحْبَبْتُهُ كُنْتُ سَمْعَهُ الَّذِي يَسْمَعُ بِهِ، وَبَصَرَهُ الَّذِي يُبْصِرُ بِهِ، وَيَدَهُ الَّتِي يَبْطِشُ بِهَا، وَرِجْلَهُ الَّتِي يَمْشِي بِهَا، فَبِي يَسْمَعُ، وَبِي يُبْصِرُ، وَبِي يَمْشِي، وَلَئِنْ سَأَلَنِي لَأُعْطِيَنَّهُ، وَلَئِنِ اسْتَعَاذَنِي لَأُعِيذَنَّهُ، وَمَا تَرَدَّدْتُ فِي شَيْءٍ أَنَا فَاعِلُهُ، كَتَرَدُّدِي عَنْ قَبْضِ نَفْسِ عَبْدِيَ الْمُؤْمِنِ يَكْرَهُ الْمَوْتَ، وَأَكْرَهُ مُسَاءَتَهُ وَلَا بُدَّ لَهُ مِنْهُ ".»
فَتَضَمَّنَ هَذَا الْحَدِيثُ الشَّرِيفُ الْإِلَهِيُّ - الَّذِي حَرَامٌ عَلَى غَلِيظِ الطَّبْعِ كَسِيفِ الْقَلْبِ فَهْمُ مَعْنَاهُ وَالْمُرَادُ بِهِ - حَصْرَ أَسْبَابِ مَحَبَّتِهِ فِي أَمْرَيْنِ: أَدَاءِ فَرَائِضِهِ، وَالتَّقَرُّبِ إِلَيْهِ بِالنَّوَافِلِ. وَأَخْبَرَ سُبْحَانَهُ أَنَّ أَدَاءَ فَرَائِضِهِ أَحَبُّ مَا يَتَقَرَّبُ بِهِ إِلَيْهِ الْمُتَقَرِّبُونَ، ثُمَّ بَعْدَهَا النَّوَافِلُ، وَأَنَّ الْمُحِبَّ لَا يَزَالُ يُكْثِرُ مِنَ النَّوَافِلِ حَتَّى يَصِيرَ مَحْبُوبًا لِلَّهِ، فَإِذَا صَارَ مَحْبُوبًا لِلَّهِ أَوْجَبَتْ مَحَبَّتُهُ لِلَّهِ لَهُ مَحَبَّةً أُخْرَى مِنْهُ فَوْقَ الْمَحَبَّةِ الْأُولَى، فَشَغَلَتْ هَذِهِ الْمَحَبَّةُ قَلْبَهُ عَنِ الْفِكْرَةِ وَالِاهْتِمَامِ بِغَيْرِ مَحْبُوبِهِ، وَمَلَكَتْ عَلَيْهِ رُوحَهُ، وَلَمْ يَبْقَ فِيهِ سِعَةٌ لِغَيْرِ مَحْبُوبِهِ أَلْبَتَّةَ، فَصَارَ ذِكْرُ مَحْبُوبِهِ وَحُبُّهُ وَمَثَلُهُ الْأَعْلَى، وَمَالِكًا لِزِمَامِ قَلْبِهِ مُسْتَوْلِيًا عَلَى رُوحِهِ اسْتِيلَاءَ الْمَحْبُوبِ عَلَى مَحَبَّةِ الصَّادِقِ فِي مَحَبَّتِهِ، الَّتِي قَدِ اجْتَمَعَتْ قُوَى مَحَبَّةِ حُبِّهِ كُلُّهَا لَهُ. وَلَا رَيْبَ أَنَّ هَذَا الْمُحِبَّ إِنْ سَمِعَ سَمِعَ بِمَحْبُوبِهِ، وَإِنْ أَبْصَرَ أَبْصَرَ بِهِ، وَإِنْ بَطَشَ بَطَشَ بِهِ، وَإِنْ مَشَى مَشَى بِهِ، فَهُوَ فِي قَلْبِهِ وَمَعَهُ وَأَنِيسُهُ وَصَاحِبُهُ، فَالْبَاءُ هَاهُنَا لِلْمُصَاحَبَةِ، وَهِيَ مُصَاحَبَةٌ لَا نَظِيرَ لَهَا، وَلَا تُدْرَكُ بِمُجَرَّدِ الْإِخْبَارِ عَنْهَا وَالْعِلْمِ بِهَا، فَالْمَسْأَلَةُ حَالِيَّةٌ لَا عِلْمِيَّةٌ مَحْضَةٌ.
Traduction
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Il n’est rien de plus pur, de plus béni, ni de plus apaisant que cette vie, celle que le Très-Haut désigne comme « la vie bonne » dans Sa parole : « Quiconque, homme ou femme, fait une œuvre pieuse tout en étant croyant, Nous lui ferons vivre une vie bonne » [Sourate An-Nahl : 97].
Il ne s’agit point ici de cette existence commune aux croyants et aux mécréants, aux vertueux et aux pervers, ni de l’agrément des mets, des vêtements, des boissons ou du mariage. Bien souvent, les ennemis d’Allah surpassent Ses alliés dans ces jouissances, et ce, au-delà de toute mesure. Pourtant, Allah – exalté soit-Il – a garanti à quiconque accomplit une bonne action de lui accorder une vie bonne. Il est Celui qui tient Sa promesse, ne manquant jamais à Sa parole.
Quelle vie pourrait être plus pure que celle de l’homme dont toutes les préoccupations se fondent en une seule : rechercher l’agrément d’Allah ? Son cœur ne se disperse plus, mais se tourne entièrement vers Lui. Ses volontés et ses pensées, autrefois éparpillées en mille directions, se rassemblent désormais sous l’unique bannière d’Allah. Son souvenir, son amour et son aspiration à Le rencontrer, ainsi que la douceur de Sa proximité, dominent son être. Toutes ses intentions, ses désirs et ses aspirations ne tournent plus qu’autour de Lui, à travers chaque battement de son cœur.
S’il se tait, c’est par Allah ; s’il parle, c’est par Allah. S’il entend, c’est par Lui qu’il entend ; s’il voit, c’est par Lui qu’il voit. Par Lui, il saisit ; par Lui, il marche ; par Lui, il se repose ; par Lui, il vit ; par Lui, il meurt ; et par Lui, il sera ressuscité. Comme le rapporte le Sahîh al-Bukhârî, d’après le Prophète (ﷺ), citant son Seigneur – béni et exalté soit-Il – qui a dit :
« Mon serviteur ne se rapproche pas de Moi par quelque chose qui M’est plus aimé que l’accomplissement de ce que Je lui ai prescrit. Puis, il ne cesse de se rapprocher de Moi par les œuvres surérogatoires jusqu’à ce que Je l’aime. Et lorsque Je l’aime, Je deviens l’ouïe par laquelle il entend, la vue par laquelle il voit, la main par laquelle il saisit, et le pied avec lequel il marche. S’il Me demande, Je lui accorderai ; s’il cherche refuge auprès de Moi, Je le protégerai. Je n’hésite en rien autant que lorsque Je dois reprendre l’âme de Mon serviteur croyant : il déteste la mort, et Je déteste lui causer de la peine, mais il n’a pas le choix. »
Ce noble hadith divin – dont la compréhension est interdite à quiconque a le cœur dur et l’esprit grossier – révèle que les causes de l’amour d’Allah se résument en deux choses : l’accomplissement des obligations prescrites et le rapprochement par les œuvres surérogatoires.
Allah – exalté soit-Il – nous informe que l’accomplissement des devoirs religieux est ce qui Lui est le plus agréable de la part de ceux qui cherchent à se rapprocher de Lui. Viennent ensuite les œuvres surérogatoires. Le serviteur aimant ne cesse de multiplier ces dernières jusqu’à devenir lui-même aimé d’Allah. Une fois parvenu à cet amour divin, celui-ci engendre en lui un amour supérieur au premier, qui envahit son cœur et le détourne de toute pensée ou préoccupation autre que son Bien-Aimé. Cet amour s’empare de son âme, ne laissant plus aucune place en lui pour autre que son Bien-Aimé.
Dès lors, s’il entend, c’est par son Bien-Aimé qu’il entend ; s’il voit, c’est par Lui qu’il voit ; s’il saisit, c’est par Lui qu’il saisit ; s’il marche, c’est par Lui qu’il marche. Son Bien-Aimé réside en son cœur, Il est avec lui, Son compagnon et Son intime. La préposition « par » (بِـ) exprime ici la compagnie, une compagnie sans équivalent, inaccessible par la simple connaissance ou le récit. Il s’agit d’un état vécu, et non d’une simple notion théorique.
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وَإِذَا كَانَ الْمَخْلُوقُ يَجِدُ هَذَا فِي مَحَبَّةِ الْمَخْلُوقِ الَّتِي لَمْ يُخْلَقْ لَهَا وَلَمْ يُفْطَرْ عَلَيْهَا، كَمَا قَالَ بَعْضُ الْمُحِبِّينَ: خَيَالُكَ فِي عَيْنِي وَذِكْرُكَ فِي فَمِي ... وَمَثْوَاكَ فِي قَلْبِي فَأَيْنَ تَغِيبُ وَقَالَ الْآخَرُ: وَمِنْ عَجَبٍ أَنِّي أَحِنُّ إِلَيْهِمُ ... فَأَسْأَلُ عَنْهُمْ مَنْ لَقِيتُ وَهُمْ مَعِي وَتَطْلُبُهُمْ عَيْنِي وَهُمْ فِي سَوَادِهَا ... وَيَشْتَاقُهُمْ قَلْبِي وَهُمْ بَيْنَ أَضْلُعِي وَهَذَا أَلْطَفُ مِنْ قَوْلِ الْآخَرِ: إِنْ قُلْتُ غِبْتِ فَقَلْبِي لَا يُصَدِّقُنِي ... إِذْ أَنْتَ فِيهِ مَكَانَ السِّرِّ لَمْ تَغِبِ أَوْ قُلْتُ مَا غِبْتِ قَالَ الطَّرْفُ ذَا كَذِبٌ ... فَقَدْ تَحَيَّرْتُ بَيْنَ الصِّدْقِ وَالْكَذِبِ فَلَيْسَ شَيْءٌ أَدْنَى إِلَى الْمُحِبِّ مِنْ مَحْبُوبِهِ، وَرُبَّمَا تَمَكَّنَتْ مِنْهُ الْمَحَبَّةُ، حَتَّى يَصِيرَ أَدْنَى إِلَيْهِ مِنْ نَفْسِهِ، بِحَيْثُ يَنْسَى نَفْسَهُ وَلَا يَنْسَاهُ، كَمَا قَالَ: أُرِيدُ لِأَنْسَى ذِكْرَهَا فَكَأَنَّمَا ... تُمَثَّلُ لِي لَيْلَى بِكُلِّ سَبِيلِ وَقَالَ الْآخَرُ: يُرَادُ مِنَ الْقَلْبِ نِسْيَانُكُمْ ... وَتَأْبَى الطِّبَاعُ عَلَى النَّاقِلِ وَخَصَّ فِي الْحَدِيثِ السَّمْعَ وَالْبَصَرَ وَالْيَدَ وَالرِّجْلَ بِالذِّكْرِ، فَإِنَّ هَذِهِ الْآلَاتِ آلَاتُ الْإِدْرَاكِ وَآلَاتُ الْفِعْلِ، وَالسَّمْعُ وَالْبَصَرُ يُورِدَانِ عَلَى الْقَلْبِ الْإِرَادَةَ وَالْكَرَاهَةَ، وَيَجْلِبَانِ إِلَيْهِ الْحُبَّ وَالْبُغْضَ، فَيَسْتَعْمِلُ الْيَدَ وَالرِّجْلَ، فَإِذَا كَانَ سَمْعُ الْعَبْدِ بِاللَّهِ، وَبَصَرُهُ بِاللَّهِ كَانَ مَحْفُوظًا فِي آلَاتِ إِدْرَاكِهِ، وَكَانَ مَحْفُوظًا فِي حُبِّهِ وَبُغْضِهِ، فَحُفِظَ فِي بَطْشِهِ وَمَشْيِهِ. وَتَأَمَّلْ كَيْفَ اكْتَفَى بِذِكْرِ السَّمْعِ وَالْبَصَرِ وَالْيَدِ وَالرِّجْلِ عَنِ اللِّسَانِ، فَإِنَّهُ إِذَا كَانَ إِدْرَاكُ السَّمْعِ الَّذِي يَحْصُلُ بِاخْتِيَارِهِ تَارَةً، وَبِغَيْرِ اخْتِيَارِهِ تَارَةً، وَكَذَلِكَ الْبَصَرُ قَدْ يَقَعُ بِغَيْرِ الِاخْتِيَارِ فَجْأَةً، وَكَذَلِكَ حَرَكَةُ الْيَدِ وَالرِّجْلِ الَّتِي لَا بُدَّ لِلْعَبْدِ مِنْهُمَا، فَكَيْفَ بِحَرَكَةِ اللِّسَانِ الَّتِي لَا تَقَعُ إِلَّا بِقَصْدٍ وَاخْتِيَارٍ؟ وَقَدْ يَسْتَغْنِي الْعَبْدُ عَنْهَا إِلَّا حَيْثُ أُمِرَ بِهَا. وَأَيْضًا فَانْفِعَالُ اللِّسَانِ عَنِ الْقَلْبِ أَتَمُّ مِنَ انْفِعَالِ سَائِرِ الْجَوَارِحِ، فَإِنَّهُ تُرْجُمَانُهُ وَرَسُولُهُ.
وَتَأَمَّلْ كَيْفَ حَقَّقَ تَعَالَى كَوْنَ الْعَبْدِ بِهِ سَمْعُهُ وَبَصَرُهُ وَبَطْشُهُ وَمَشْيُهُ بِقَوْلِهِ: " «كُنْتُ سَمْعَهُ الَّذِي يَسْمَعُ بِهِ، وَبَصَرَهُ الَّذِي يُبْصِرُ بِهِ، وَيَدَهُ الَّتِي يَبْطِشُ بِهَا، وَرِجْلَهُ الَّتِي يَمْشِي بِهَا» " تَحْقِيقًا لِكَوْنِهِ مَعَ عَبْدِهِ، وَكَوْنِ عَبْدِهِ فِي إِدْرَاكَاتِهِ، بِسَمْعِهِ وَبَصَرِهِ وَحَرَكَاتِهِ بِيَدَيْهِ وَرِجْلِهِ.
Traduction
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Et lorsque la créature éprouve cela dans l’amour d’une autre créature – un amour pour lequel elle n’a pas été créée ni prédisposée par sa nature –, comme l’a dit l’un des amoureux :
« Ton image est dans mon œil, ton souvenir sur mes lèvres… Ton refuge est en mon cœur, alors où pourrais-tu disparaître ? »
Et un autre a dit :
« Chose étrange que de languir après eux, D’interroger à leur sujet ceux que je rencontre alors qu’ils sont avec moi ! Mon œil les cherche alors qu’ils sont dans sa pupille, Mon cœur les désire alors qu’ils sont entre mes côtes. »
Cela est plus subtil encore que les paroles d’un autre :
« Si je dis : "Tu es absente", mon cœur ne me croit pas, Car tu y es présente, comme un secret qui ne s’efface. Et si je dis : "Tu n’es pas absente", mon regard dément mes paroles, Si bien que je reste perplexe entre vérité et mensonge. »
Rien n’est plus proche de l’amant que son bien-aimé. Parfois, l’amour s’empare de lui au point de devenir plus proche de lui que lui-même, au point qu’il s’oublie sans jamais l’oublier, comme l’a dit le poète :
« Je voudrais oublier son souvenir, mais voici que Laylā se représente à moi par tous les chemins. »
Et un autre a dit :
« On exige du cœur qu’il vous oublie, Mais la nature refuse de se laisser transformer. »
Le hadith mentionne spécifiquement l’ouïe, la vue, la main et le pied, car ces organes sont les instruments de la perception et de l’action. L’ouïe et la vue apportent au cœur le désir et l’aversion, lui inspirent l’amour et la haine, et c’est ainsi qu’il met en mouvement la main et le pied. Si donc l’ouïe du serviteur est vouée à Allah, et sa vue tournée vers Lui, il est préservé dans ses facultés de perception, et son amour comme sa haine sont sous Sa garde. Ainsi, ses prises et ses pas sont préservés.
Observe comment le hadith se contente de mentionner l’ouïe, la vue, la main et le pied, sans évoquer la langue. En effet, la perception auditive, qui survient parfois par choix et parfois malgré soi, tout comme la vue, qui peut saisir soudainement ce qu’on ne cherche pas, ou encore les mouvements de la main et du pied, dont l’homme ne peut se passer, comment en serait-il de la langue, dont les mouvements ne se produisent que par intention et choix ? Le serviteur peut s’en passer, sauf là où il en a reçu l’ordre.
De plus, l’influence du cœur sur la langue est plus complète que sur les autres membres, car elle en est l’interprète et la messagère.
Observe aussi comment Allah – exalté soit-Il – a confirmé que le serviteur entend, voit, saisit et marche par Lui, en disant : « J’étais son ouïe par laquelle il entend, sa vue par laquelle il voit, sa main par laquelle il saisit, et son pied par lequel il marche », établissant ainsi Sa présence auprès de Son serviteur et le fait que ce dernier, dans ses perceptions, son ouïe, sa vue et ses mouvements par ses mains et ses pieds, est [soutenu] par Lui.
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وَتَأَمَّلْ كَيْفَ قَالَ: " فَبِي يَسْمَعُ، وَبِي يُبْصِرُ " وَلَمْ يَقُلْ: فَلِي يَسْمَعُ، وَلِي يُبْصِرُ، وَرُبَّمَا يَظُنُّ الظَّنَّانُ أَنَّ اللَّامَ أَوْلَى بِهَذَا الْمَوْضِعِ، إِذْ هِيَ أَدَلُّ عَلَى الْغَايَةِ، وَوُقُوعُ هَذِهِ الْأُمُورِ لِلَّهِ، وَذَلِكَ أَخَصُّ مِنْ وُقُوعِهَا بِهِ، وَهَذَا مِنَ الْوَهْمِ وَالْغَلَطِ، إِذْ لَيْسَتِ الْبَاءُ هَاهُنَا بِمُجَرَّدِ الِاسْتِعَانَةِ، فَإِنَّ حَرَكَاتِ الْأَبْرَارِ وَالْفُجَّارِ وَإِدْرَاكَاتِهِمْ إِنَّمَا هِيَ بِمَعُونَةِ اللَّهِ لَهُمْ، وَإِنَّ الْبَاءَ هَاهُنَا لِلْمُصَاحَبَةِ، أَيْ: إِنَّمَا يَسْمَعُ وَيُبْصِرُ وَيَبْطِشُ وَيَمْشِي وَأَنَا صَاحِبُهُ مَعَهُ، كَقَوْلِهِ فِي الْحَدِيثِ الْآخَرِ: " «أَنَا مَعَ عَبْدِي مَا ذَكَرَنِي وَتَحَرَّكَتْ بِي شَفَتَاهُ» " وَهَذِهِ هِيَ الْمَعِيَّةُ الْخَاصَّةُ الْمَذْكُورَةُ فِي قَوْلِهِ تَعَالَى:
لَا تَحْزَنْ إِنَّ اللَّهَ مَعَنَا
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وَقَوْلِ النَّبِيِّ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ -: «مَا ظَنُّكَ بِاثْنَيْنِ اللَّهُ ثَالِثُهُمَا» ، وَقَوْلُهُ تَعَالَى:
وَإِنَّ اللَّهَ لَمَعَ الْمُحْسِنِينَ
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وَقَوْلِهِ:
إِنَّ اللَّهَ مَعَ الَّذِينَ اتَّقَوْا وَالَّذِينَ هُمْ مُحْسِنُونَ
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وَقَوْلِهِ:
وَاصْبِرُوا إِنَّ اللَّهَ مَعَ الصَّابِرِينَ
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وَقَوْلِهِ:
كَلَّا إِنَّ مَعِيَ رَبِّي سَيَهْدِينِ
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وَقَوْلِهِ تَعَالَى لِمُوسَى وَهَارُونَ:
إِنَّنِي مَعَكُمَا أَسْمَعُ وَأَرَى
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فَهَذِهِ الْبَاءُ مُفِيدَةٌ لِمَعْنَى هَذِهِ الْمَعِيَّةِ دُونَ اللَّامِ، وَلَا يَتَأَتَّى لِلْعَبْدِ الْإِخْلَاصُ وَالصَّبْرُ وَالتَّوَكُّلُ، وَنُزُولُهُ فِي مَنَازِلِ الْعُبُودِيَّةِ إِلَّا بِهَذِهِ الْبَاءِ وَهَذِهِ الْمَعِيَّةِ. فَمَتَى كَانَ الْعَبْدُ بِاللَّهِ هَانَتْ عَلَيْهِ الْمَشَاقُّ، وَانْقَلَبَتِ الْمَخَاوِفُ فِي حَقِّهِ، فَبِاللَّهِ يَهُونُ كُلُّ صَعْبٍ، وَيَسْهُلُ كُلُّ عَسِيرٍ، وَيَقْرُبُ كُلُّ بَعِيدٍ، وَبِاللَّهِ تَزُولُ الْهُمُومُ وَالْغُمُومُ وَالْأَحْزَانُ، فَلَا هَمَّ مَعَ اللَّهِ، وَلَا غَمَّ وَلَا حَزَنَ إِلَّا حَيْثُ يُفَوِّتُهُ الْعَبْدُ مَعْنَى هَذِهِ الْبَاءِ، فَيَصِيرُ قَلْبُهُ حِينَئِذٍ كَالْحُوتِ، إِذَا فَارَقَ الْمَاءَ يَثِبُ وَيَنْقَلِبُ حَتَّى يَعُودَ إِلَيْهِ.
وَلَمَّا حَصَلَتْ هَذِهِ الْمُوَافَقَةُ مِنَ الْعَبْدِ لِرَبِّهِ فِي مَحَابِّهِ؛ حَصَلَتْ مُوَافَقَةُ الرَّبِّ لِعَبْدِهِ فِي حَوَائِجِهِ وَمَطَالِبِهِ، فَقَالَ: «وَلَئِنْ سَأَلَنِي لَأُعْطِيَنَّهُ، وَلَئِنِ اسْتَعَاذَنِي لَأُعِيذَنَّهُ» ". أَيْ: كَمَا وَافَقَنِي فِي مُرَادِي بِامْتِثَالِ أَوَامِرِي وَالتَّقَرُّبِ بِمَحَابِّي، فَأَنَا أُوَافِقُهُ فِي رَغْبَتِهِ وَرَهْبَتِهِ فِيمَا يَسْأَلُنِي أَنْ أَفْعَلَهُ بِهِ، وَيَسْتَعِيذُنِي أَنْ يَنَالَهُ، وَقَوِيَ أَمْرُ هَذِهِ الْمُوَافَقَةِ مِنَ الْجَانِبَيْنِ حَتَّى اقْتَضَى تَرَدُّدَ الرَّبِّ سُبْحَانَهُ
Traduction
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Réfléchissez à la manière dont Il a dit : « C’est par Moi qu’il entend, et par Moi qu’il voit » (fabi yasmaʿu wa bi yubṣiru), sans dire : « C’est pour Moi qu’il entend, et pour Moi qu’il voit » (fa-li yasmaʿu wa li yubṣiru). Peut-être un esprit superficiel croirait-il que la particule lām (pour) serait plus appropriée en ce contexte, car elle exprimerait mieux la finalité et l’attribution de ces actes à Allah, ce qui serait plus spécifique que leur simple accomplissement par Lui. Mais cela relève de l’illusion et de l’erreur.
En effet, la particule bā’ (par) ici ne se limite pas à l’idée d’assistance, car les mouvements des pieux comme des pervers, ainsi que leurs perceptions, ne se réalisent que par l’aide d’Allah envers eux. La bā’ ici exprime plutôt l’idée d’accompagnement, c’est-à-dire : « Il n’entend, ne voit, ne saisit, ne marche que si Je suis avec lui, en Son compagnon », comme le dit le Prophète ﷺ dans un autre hadith : « Je suis avec Mon serviteur tant qu’il M’évoque et que ses lèvres remuent par Moi ». Il s’agit là de la maʿiyya (compagnie) particulière mentionnée dans la parole du Très-Haut : { Ne t’afflige pas, car Allah est avec nous } [Sourate At-Tawba : 40], et dans celle du Prophète ﷺ : « Que penses-tu de deux [personnes] dont Allah est le troisième ? », ainsi que dans les versets suivants : { Certes, Allah est avec ceux qui excellent } [Sourate Al-ʿAnkabūt : 69], { Certes, Allah est avec ceux qui Le craignent et ceux qui sont bienfaisants } [Sourate An-Naḥl : 128], { Soyez patients, car Allah est avec les patients } [Sourate Al-Anfāl : 46], { Non ! Mon Seigneur est avec moi, Il me guidera } [Sourate Ash-Shuʿarā’ : 62], et dans Sa parole adressée à Moïse et Aaron : { Je suis avec vous deux, J’entends et Je vois } [Sourate Ṭā-Hā : 46].
Cette bā’ exprime donc le sens de cette maʿiyya (compagnie divine), contrairement à la lām, et le serviteur ne peut atteindre la sincérité, la patience, la confiance en Allah, ni s’élever dans les degrés de l’adoration, sans cette bā’ et cette maʿiyya.
Ainsi, lorsque le serviteur est avec Allah (bi-Llāh), les épreuves lui deviennent légères, et les craintes se transforment en sa faveur. Par Allah, toute difficulté s’amoindrit, toute dureté s’adoucit, et toute distance se rapproche. Par Allah, les soucis, les chagrins et les peines disparaissent. Il n’y a plus d’angoisse avec Allah, ni de tristesse ni de chagrin, sauf lorsque le serviteur perd le sens de cette bā’, et son cœur devient alors comme un poisson hors de l’eau, qui se débat et se retourne jusqu’à y retourner.
Lorsque le serviteur se conforme à son Seigneur dans ce qu’Il aime, le Seigneur se conforme à lui dans ses besoins et ses demandes. Le Prophète ﷺ a dit : « Si [Mon serviteur] Me demande, Je lui donnerai, et s’il cherche refuge auprès de Moi, Je le protégerai ». Cela signifie : « De même qu’il s’est conformé à Ma volonté en obéissant à Mes ordres et en se rapprochant par ce que J’aime, Je me conforme à ses désirs et à ses craintes dans ce qu’il Me demande de faire pour lui, et ce dont il cherche protection auprès de Moi. » Cette conformité mutuelle est si forte qu’elle a conduit le Seigneur – gloire à Lui – à s’engager ainsi.
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فِي إِمَاتَةِ عَبْدِهِ؛ لِأَنَّهُ يَكْرَهُ الْمَوْتَ، وَالرَّبُّ تَعَالَى يَكْرَهُ مَا يَكْرَهُهُ عَبْدُهُ، وَيَكْرَهُ مُسَاءَتَهُ، فَمِنْ هَذِهِ الْجِهَةِ يَقْتَضِي أَنْ لَا يُمِيتَهُ وَلَكِنَّ مَصْلَحَتَهُ فِي إِمَاتَتِهِ، فَإِنَّهُ مَا أَمَاتَهُ إِلَّا لِيُحْيِيَهُ، وَلَا أَمْرَضَهُ إِلَّا لِيُصِحَّهُ، وَلَا أَفْقَرَهُ إِلَّا لِيُغْنِيَهُ، وَلَا مَنَعَهُ إِلَّا لِيُعْطِيَهُ، وَلَمْ يُخْرَجْ مِنَ الْجَنَّةِ فِي صُلْبِ أَبِيهِ إِلَّا لِيُعِيدَهُ إِلَيْهَا عَلَى أَحْسَنِ أَحْوَالِهِ، وَلَمْ يَقُلْ لِأَبِيهِ اخْرُجْ مِنْهَا إِلَّا وَهُوَ يُرِيدُ أَنْ يُعِيدَهُ إِلَيْهَا، فَهَذَا هُوَ الْحَبِيبُ عَلَى الْحَقِيقَةِ لَا سِوَاهُ، بَلْ لَوْ كَانَ فِي كُلِّ مَنْبَتِ شَعْرَةٍ مِنَ الْعَبْدِ مَحَبَّةٌ تَامَّةٌ لِلَّهِ، لَكَانَ بَعْضُ مَا يَسْتَحِقُّهُ عَلَى عَبْدِهِ. نَقِّلْ فُؤَادَكَ حَيْثُ شِئْتَ مِنَ الْهَوَى ... مَا الْحُبُّ إِلَّا لِلْحَبِيبِ الْأَوَّلِ كَمْ مَنْزِلٍ فِي الْأَرْضِ يَأْلَفُهُ الْفَتَى ... وَحَنِينُهُ أَبَدًا لِأَوَّلِ مَنْزِلِ
فَصْلٌ آخِرُ مَرَاتِبِ الْحُبِّ
ثُمَّ التَّتَيُّمُ، وَهُوَ آخِرُ مَرَاتِبِ الْحُبِّ، وَهُوَ تَعَبُّدُ الْمُحِبِّ لِمَحْبُوبِهِ، يُقَالُ تَيَّمَهُ الْحُبُّ، إِذَا عَبَّدَهُ، وَمِنْهُ: تَيْمُ اللَّهِ، أَيْ عَبْدُ اللَّهِ، وَحَقِيقَةُ التَّعَبُّدِ: الذُّلُّ وَالْخُضُوعُ لِلْمَحْبُوبِ، وَمِنْهُ قَوْلُهُمْ: طَرِيقٌ مُعَبَّدٌ أَيْ مُذَلَّلٌ، قَدْ ذَلَّلَتْهُ الْأَقْدَامُ، فَالْعَبْدُ هُوَ الَّذِي ذَلَّلَهُ الْحُبُّ وَالْخُضُوعُ لِمَحْبُوبِهِ، وَلِهَذَا كَانْتَ أَشْرَفُ أَحْوَالِ الْعَبْدِ وَمَقَامَاتِهِ فِي الْعُبُودِيَّةِ، فَلَا مَنْزِلَ لَهُ أَشْرَفُ مِنْهَا.
وَقَدْ ذَكَرَ اللَّهُ سُبْحَانَهُ أَكْرَمَ الْخَلْقِ عَلَيْهِ وَأَحَبَّهُمْ إِلَيْهِ، وَهُوَ رَسُولُهُ مُحَمَّدٌ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - بِالْعُبُودِيَّةِ فِي أَشْرَفِ مَقَامَاتِهِ، وَهِيَ مَقَامُ الدَّعْوَةِ إِلَيْهِ، وَمَقَامُ التَّحَدِّي بِالنُّبُوَّةِ، وَمَقَامُ الْإِسْرَاءِ، فَقَالَ سُبْحَانَهُ:
وَأَنَّهُ لَمَّا قَامَ عَبْدُ اللَّهِ يَدْعُوهُ كَادُوا يَكُونُونَ عَلَيْهِ لِبَدًا
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وَقَالَ:
وَإِنْ كُنْتُمْ فِي رَيْبٍ مِمَّا نَزَّلْنَا عَلَى عَبْدِنَا فَأْتُوا بِسُورَةٍ مِنْ مِثْلِهِ
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وَقَالَ
سُبْحَانَ الَّذِي أَسْرَى بِعَبْدِهِ لَيْلًا مِنَ الْمَسْجِدِ الْحَرَامِ إِلَى الْمَسْجِدِ الْأَقْصَى
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حَدِيثُ الشَّفَاعَةِ: «اذْهَبُوا إِلَى مُحَمَّدٍ، عَبْدٌ غَفَرَ اللَّهُ لَهُ مَا تَقَدَّمَ مِنْ ذَنْبِهِ وَمَا تَأَخَّرَ» ، فَنَالَ مَقَامَ الشَّفَاعَةِ بِكَمَالِ عُبُودِيَّتِهِ، وَكَمَالِ مَغْفِرَةِ اللَّهِ لَهُ، وَاللَّهُ سُبْحَانَهُ خَلَقَ الْخَلْقَ لِعِبَادَتِهِ وَحْدَهُ لَا شَرِيكَ لَهُ، الَّتِي هِيَ أَكْمَلُ أَنْوَاعِ الْمَحَبَّةِ مَعَ أَكْمَلِ أَنْوَاعِ الْخُضُوعِ، وَهَذَا هُوَ حَقِيقَةُ الْإِسْلَامِ وَمِلَّةُ إِبْرَاهِيمَ الَّتِي مَنْ رَغِبَ عَنْهَا فَقَدْ سَفِهَ نَفْسَهُ، قَالَ تَعَالَى:
Traduction
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Dans la mort de Son serviteur ; car celui-ci déteste la mort, et le Seigneur – exalté soit-Il – déteste ce que Son serviteur déteste, et Il répugne à lui causer de la peine. De ce point de vue, Il devrait donc ne pas le faire mourir. Cependant, Son serviteur a un intérêt dans cette mort, car Il ne le fait mourir que pour lui donner la vie, Il ne le rend malade que pour le guérir, Il ne l’appauvrit que pour l’enrichir, Il ne lui refuse quelque chose que pour lui accorder davantage, et Il ne l’a fait sortir du Paradis dans les reins de son père que pour l’y ramener dans le meilleur de ses états. Il n’a dit à son père : « Sors-en » que dans l’intention de l’y réintégrer. Tel est le Bien-Aimé par excellence, nul autre que Lui. Bien plus, si chaque follicule pileux du serviteur était empli d’un amour parfait pour Allah, ce ne serait qu’une infime partie de ce qu’Il mérite de la part de Son serviteur.
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Chapitre : Le dernier degré de l’amour
Le dernier degré de l’amour est l’asservissement passionné (at-tayammum), qui constitue l’ultime étape de l’amour. Il s’agit de l’adoration du serviteur envers son Bien-Aimé. On dit : « L’amour l’a asservi » (tayyamahu al-ḥubb), c’est-à-dire qu’il l’a rendu esclave. D’où l’expression : « Taymu Llāh » (serviteur d’Allah). La réalité de l’adoration réside dans l’humilité et la soumission absolue au Bien-Aimé. C’est pourquoi l’on dit d’un chemin : « mu‘abbad » (battu), c’est-à-dire rendu praticable par les pas qui l’ont foulé. Ainsi, le serviteur est celui que l’amour et la soumission ont dompté pour son Bien-Aimé. C’est pour cette raison que les états et les stations les plus nobles du serviteur résident dans l’adoration (‘ubūdiyya), et qu’il n’existe pour lui aucune station plus élevée.
Allah – exalté soit-Il – a mentionné le plus noble des êtres à Ses yeux et le plus aimé de Lui, à savoir Son Messager Muḥammad (ﷺ), par le terme d’adoration (‘ubūdiyya) dans ses stations les plus sublimes : celle de l’appel à Lui, celle du défi prophétique et celle de l’Isrā’ (voyage nocturne). Il dit – exalté soit-Il : > « Et lorsqu’Allah se leva pour L’invoquer, ils faillirent se presser en masse autour de lui. » (Sourate 72, Al-Jinn, verset 19). Et Il dit : > « Et si vous êtes dans le doute au sujet de ce que Nous avons fait descendre sur Notre serviteur, apportez donc une sourate semblable. » (Sourate 2, Al-Baqara, verset 23). Et Il dit : > « Gloire à Celui qui a fait voyager de nuit Son serviteur de la Mosquée sacrée à la Mosquée Al-Aqṣā. » (Sourate 17, Al-Isrā’, verset 1).
Dans le hadith de l’intercession, il est dit : « Allez vers Muḥammad, un serviteur à qui Allah a pardonné ses péchés passés et futurs. » Il a ainsi atteint le rang de l’intercession par la perfection de son adoration et la perfection du pardon d’Allah envers lui. Allah – exalté soit-Il – a créé les créatures pour Son adoration exclusive, sans associé, qui est la forme la plus parfaite de l’amour, accompagnée de la plus parfaite soumission. Telle est la réalité de l’islam et la religion d’Ibrāhīm, dont celui qui s’en détourne s’est en vérité égaré. Allah – exalté soit-Il – dit :
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(La suite du texte peut être traduite selon le même principe, en veillant à conserver la précision théologique et la fluidité littéraire.)
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وَمَنْ يَرْغَبُ عَنْ مِلَّةِ إِبْرَاهِيمَ إِلَّا مَنْ سَفِهَ نَفْسَهُ وَلَقَدِ اصْطَفَيْنَاهُ فِي الدُّنْيَا وَإِنَّهُ فِي الْآخِرَةِ لَمِنَ الصَّالِحِينَ - إِذْ قَالَ لَهُ رَبُّهُ أَسْلِمْ قَالَ أَسْلَمْتُ لِرَبِّ الْعَالَمِينَ - وَوَصَّى بِهَا إِبْرَاهِيمُ بَنِيهِ وَيَعْقُوبُ يَابَنِيَّ إِنَّ اللَّهَ اصْطَفَى لَكُمُ الدِّينَ فَلَا تَمُوتُنَّ إِلَّا وَأَنْتُمْ مُسْلِمُونَ - أَمْ كُنْتُمْ شُهَدَاءَ إِذْ حَضَرَ يَعْقُوبَ الْمَوْتُ إِذْ قَالَ لِبَنِيهِ مَا تَعْبُدُونَ مِنْ بَعْدِي قَالُوا نَعْبُدُ إِلَهَكَ وَإِلَهَ آبَائِكَ إِبْرَاهِيمَ وَإِسْمَاعِيلَ وَإِسْحَاقَ إِلَهًا وَاحِدًا وَنَحْنُ لَهُ مُسْلِمُونَ
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وَلِهَذَا كَانَ أَعْظَمَ الذُّنُوبِ عِنْدَ اللَّهِ الشِّرْكُ.
الشِّرْكُ فِي الْمَحَبَّةِ
وَأَصْلُ الشِّرْكِ بِاللَّهِ، وَالْإِشْرَاكِ فِي الْمَحَبَّةِ كَمَا قَالَ تَعَالَى:
وَمِنَ النَّاسِ مَنْ يَتَّخِذُ مِنْ دُونِ اللَّهِ أَنْدَادًا يُحِبُّونَهُمْ كَحُبِّ اللَّهِ وَالَّذِينَ آمَنُوا أَشَدُّ حُبًّا لِلَّهِ
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فَأَخْبَرَ سُبْحَانَهُ أَنَّ مِنَ النَّاسِ مَنْ يُشْرِكُ بِهِ نِدًّا يُحِبُّهُ كَمَا يُحِبُّ اللَّهَ، وَأَخْبَرَ أَنَّ الَّذِينَ آمَنُوا أَشَدُّ حُبًّا لِلَّهِ مِنْ أَصْحَابِ الْأَنْدَادِ لِأَنْدَادِهِمْ. وَقِيلَ: بَلِ الْمَعْنَى أَنَّهُمْ أَشَدُّ حُبًّا لِلَّهِ، فَإِنَّهُمْ وَإِنْ أَحَبُّوا اللَّهَ، لَكِنْ لَمَّا شَرِكُوا بَيْنَهُ وَبَيْنَ أَنْدَادِهِمْ فِي الْمَحَبَّةِ ضَعُفَتْ مَحَبَّتُهُمْ لِلَّهِ، وَالْمُوَحِّدُونَ لِلَّهِ لَمَّا خَلُصَتْ مَحَبَّتُهُمْ لَهُ كَانَتْ أَشَدَّ مِنْ مَحَبَّةِ أُولَئِكَ، وَالْعَدْلُ بِرَبِّ الْعَالَمِينَ، وَالتَّسْوِيَةُ بَيْنَهُ وَبَيْنَ الْأَنْدَادِ هُوَ فِي هَذِهِ الْمَحَبَّةِ، كَمَا تَقَدَّمَ.
وَلَمَّا كَانَ مُرَادُ اللَّهِ مِنْ خَلْقِهِ خُلُوصَ هَذِهِ الْمَحَبَّةِ لَهُ، أَنْكَرَ عَلَى مَنِ اتَّخَذَ مِنْ دُونِهِ وَلِيًّا أَوْ شَفِيعًا غَايَةَ الْإِنْكَارِ، وَجَمْعُ ذَلِكَ تَارَةً، وَإِفْرَادُ أَحَدِهِمَا عَنِ الْآخَرِ، فَقَالَ تَعَالَى:
إِنَّ رَبَّكُمُ اللَّهُ الَّذِي خَلَقَ السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضَ فِي سِتَّةِ أَيَّامٍ ثُمَّ اسْتَوَى عَلَى الْعَرْشِ يُدَبِّرُ الْأَمْرَ مَا مِنْ شَفِيعٍ إِلَّا مِنْ بَعْدِ إِذْنِهِ ذَلِكُمُ اللَّهُ رَبُّكُمْ فَاعْبُدُوهُ أَفَلَا تَذَكَّرُونَ
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وَقَالَ تَعَالَى:
اللَّهُ الَّذِي خَلَقَ السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضَ وَمَا بَيْنَهُمَا فِي سِتَّةِ أَيَّامٍ ثُمَّ اسْتَوَى عَلَى الْعَرْشِ مَا لَكُمْ مِنْ دُونِهِ مِنْ وَلِيٍّ وَلَا شَفِيعٍ أَفَلَا تَتَذَكَّرُونَ
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وَقَالَ فِي الْإِفْرَادِ:
أَمِ اتَّخَذُوا مِنْ دُونِ اللَّهِ شُفَعَاءَ قُلْ أَوَلَوْ كَانُوا لَا يَمْلِكُونَ شَيْئًا وَلَا يَعْقِلُونَ - قُلْ لِلَّهِ الشَّفَاعَةُ جَمِيعًا
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Traduction
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Coran, Sourate Al-Baqara (2:130-133)
« Et qui donc se détournerait de la religion d’Abraham, sinon celui qui s’avilit lui-même ? Certes, Nous l’avons élu en ce monde, et dans l’au-delà, il sera parmi les vertueux. Lorsque son Seigneur lui dit : « Soumets-toi », il répondit : « Je me soumets au Seigneur des mondes. » Abraham recommanda cette foi à ses fils, de même que Jacob : « Ô mes fils, Allah vous a choisi cette religion. Ne mourrez donc qu’en musulmans. » Étiez-vous témoins quand la mort se présenta à Jacob ? Lorsqu’il dit à ses fils : « Qu’adorerez-vous après moi ? » Ils répondirent : « Nous adorerons ton Dieu, le Dieu de tes pères, Abraham, Ismaël et Isaac, Dieu Unique, et c’est à Lui que nous nous soumettons. » »
Et c’est pour cette raison que le plus grand des péchés auprès d’Allah est le polythéisme (shirk).
Le polythéisme dans l’amour
La racine du polythéisme envers Allah réside dans l’associationnisme dans l’amour, comme l’a dit le Très-Haut : « Parmi les hommes, il en est qui prennent, en dehors d’Allah, des égaux à Lui, les aimant comme on aime Allah. Mais ceux qui croient sont les plus ardents en l’amour d’Allah. » (Sourate Al-Baqara, 2:165).
Allah, gloire à Lui, nous informe qu’il existe parmi les hommes ceux qui Lui donnent un égal qu’ils aiment comme ils aiment Allah. Et Il nous informe que ceux qui croient ont un amour pour Allah plus intense que celui des associateurs pour leurs idoles. Il a été dit aussi que le sens est que les croyants aiment Allah plus intensément, car bien qu’ils L’aiment, leur amour pour Lui s’affaiblit lorsqu’ils Lui associent des égaux dans leur affection. Quant aux monothéistes, leur amour pour Allah est pur et donc plus fort que celui des associateurs. Car rendre justice au Seigneur des mondes et L’égaler à des idoles relève précisément de cette forme d’amour, comme il a été mentionné précédemment.
Puisqu’Allah a voulu de Sa création la pureté de cet amour pour Lui seul, Il a vivement réprouvé ceux qui prennent en dehors de Lui un allié ou un intercesseur. Il a parfois réuni ces deux notions, et parfois Il en a mentionné une seule, comme dans Sa parole : « Votre Seigneur, c’est Allah, qui a créé les cieux et la terre en six jours, puis S’est établi sur le Trône. Il dirige toute chose. Il n’y a point d’intercesseur, si ce n’est après Sa permission. Tel est Allah, votre Seigneur. Adorez-Le donc. Ne vous souvenez-vous pas ? » (Sourate Younous, 10:3). Et Il a dit aussi : « Allah est Celui qui a créé les cieux et la terre et ce qui est entre eux en six jours, puis S’est établi sur le Trône. Vous n’avez, en dehors de Lui, ni allié ni intercesseur. Ne vous souvenez-vous donc pas ? » (Sourate As-Sajda, 32:4). Et dans un autre verset, Il a mentionné l’intercession seule : « Ou bien ont-ils pris, en dehors d’Allah, des intercesseurs ? Dis : « Même s’ils ne possèdent rien et ne comprennent pas ? » Dis : « À Allah appartient toute intercession. » » (Sourate Az-Zumar, 39:43-44).
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